Modèle Lagoon 410S2
Longueur hors tout 12,37 m
Largeur hors tout 7,09 m
Tirant d’eau 1,20 m
Déplacement lège 7,24 t
Surface de voilure 94 m2
Architectes Marc Van Peteghem & Vincent Lauriot Prévost
Motorisation 2 x 40Cv Volvo
Energie solaire 600W plus une éolienne Air Breeze
Générateur Fischer Panda 4 Kw
Désalinisateur 60 l heure
Année de construction 2004
Constructeur www.cata-lagoon.com
 
  Micromégas II, ex GINKGO

Le cockpit

La cuisine

Le salon

La table à carte

L’évier

Le bureau

Une cabine

 

GINKGO, le premier nom de notre catamaran, est le nom d’un arbre japonais qui est le seul végétal ayant survécu lors du bombardement atomique sur Hiroshima. Cela devrait être un signe de grande solidité ! Il a subit le cyclone Dean en juillet 2007, sans aucun dommage.

Le premier propriétaire avait participé au rallye du soleil qui remonte l’amazone. Il avait donc équipé son bateau avec un réservoir de carburant supplémentaire et des moustiquaires.

Le second propriétaire a navigué dans les petites Antilles et a mis son bateau en vente au Marin en Martinique.

C’est maintenant à nous de faire la suite de l’histoire que vous lirez bien entendu dans notre site à la page journal. André était le parrain de Micromégas, il reste un peu le parrain spirituel de toute la lignée, Annick notre amie du Marin brisera la traditionnelle bouteille de champagne et deviendra la marraine de Micromégas II

C’est le 12 février 2008 que la traditionnelle bouteille de champagne fut brisée par Annick, brisée du premier coup ! Le bateau était pavoisé, quelques amis navigateurs étaient la pour la cérémonie et la verrée qui a suivi. Les quelques mots sympa prononcés par la marraine nous rappellent ce que disait André « une enjambée pour atteindre la côte » c’est fait, pour arriver à la Martinique, découverte en 1502 par Christophe Colomb. Il écrivit « c’est la meilleure, la plus fertile, la plus douce, la plus charmante contrée qu’il y ait au monde » c’est notre étape, au port du Marin que les marins que nous sommes ont été séduits par Micromégas II.

Merci Annick pour tes vœux.
 

Les heureux propriétaires

 

« Micromégas »

Mais que signifie ce nom ? C’est une question que l’on nous pose souvent. Micromégas est le titre d’un conte philosophique écrit par Voltaire. Le petit « micro » et le grand « méga » sont relatifs, car grand ou petit est toujours en comparaison à quelque chose. Lisez ce conte, il est long ou court, d’une quinzaine de pages, cela en vaut la peine. L’hiver quand, pendant soixante heures j’ai gratté et poncé les œuvres vives, pour le traitement epoxy, j’ai trouvé le bateau très, mais très grand, puis lors de belles navigations, nous le trouvons subitement petit face aux éléments. Ainsi m’est venue l’idée de ce nom.

  Bilan après quatre ans

Pour la première fois au cours de ce voyage nous écrivons un texte qui n’est pas très positif, un coup de gueule. Nous espérons que ces lignes vont faire réfléchir les candidats aux croisières lointaines. Nous avons eu une série d’avaries et de réparations, souvent couteuses parce que nous utilisons et naviguons avec notre bateau. Le chantier Bénéteau (premier constructeur du monde) qui a fait notre Lagoon, fabrique des bateaux qui ne sont pas conçus pour naviguer au large loin des concessionnaires. Certes les prix sont attractifs, la publicité alléchante mais derrière cette façade se cache du travail bâclé. Varangages collés sur les vernis ou stratification sans joints congés, menuiserie ou aucun champ n’est protégé, vernis qui résistent mal aux UV. En ce qui concerne les produits achetés chez leurs fournisseurs c’est le minimalisme et le sous dimensionné qui est la règle :enrouleur de génois prévu pour un bateau de 9 à 11 mètres monté sur un catamaran de 12 mètres, capots de pont Lewmar (Low profile) tout juste utilisables en croisière côtière tellement ils sont de mauvaise qualité, tous les winchs, une taille en dessous de ce qui il faudrait, la baume et le vis de mulet sous dimensionnés, guindeau sous dimensionné car un mouillage dans 15 à 20 mètres de profondeur devient problématique. Puis les produits qui ne devraient pas être montés sur un bateau : porte d’entrée et serrure pour une véranda problèmes de corrosion, vérins de coffre de voiture qui rouillent, fermeture de coffres en aluminium inutilisable après une année. Motorisation correcte en option, sail drive inadapté pour la grande croisière, car cette technique ne profite qu’au constructeur. En résumé, tous les pièces homologuées « plaisance » réchauds, pompes, interrupteurs etc…ont un dénominateur commun, elles sont chères et de mauvaise qualité et c’est seulement le plaisancier qui doit les payer à ces prix les chantiers évidement font pression sur les fournisseurs. Voilà pour les principaux points, mais pourquoi un tel gâchis ? Parce que les produits issus de tout les grands chantiers, tous sans exception, sont faits pour la location, avec un cahier des charges très précis : le prix doit être le moins cher possible, la durée d’exploitation 5 ans, les bateaux ne naviguent jamais au large, les clients ont souvent interdictions de sortir si il y a plus de force 6 (25 nœuds). Cela explique aussi que chaque nouveau modèle ressemble de plus en plus à une caravane flottante, l’époque des bons voiliers de série, bien construits et marins est révolue. Nous vivons dans un monde où il n’y a que le dieu argent qui compte, d’où cette politique commerciale sans scrupule et sans compromis. Le rêve et le travail d’une vie, pour s’offrir le bateau de grand voyage n’est en aucun cas la préoccupation d’un grand chantier. Des clients comme nous, qui faisons 1'200 milles au près pour aller en Nouvelle Zélande, nous ne représentons même pas une part de marché, nous sommes des marginaux tous juste bon à payer. Alors la seule solution pour nous c’est de travailler, de réparer et d’investir pour remédier aux manquements voulus par les chantiers, car un bateau adapté parfaitement à notre programme serait à coup sur hors budget. Enfin de compte ce qui est important c’est de profiter de la belle vie que la grande croisière nous offre et de regarder les côtés positifs qui sont nombreux. La saison s’annonce belle, les découvertes, les mouillages et les nouveaux pays nous font déjà rêver.

PS : nous avons écrit et exposé nos problèmes à Bénéteau, mais leur réponse est sans appel, ils n’en ont rien à faire !

                                                                                                 Whangarei, avril 2012

Texte publié dans le site www.stw.fr