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16.08.10 |
Voici le texte
écris par Michèle et Mammad, il reflète l'enthousiasme et de
l'émerveillement qu'ils ont ressentit lors des deux
semaines passées avec nous aux Marquises:
Retrouver Chantal et
Frédy à l’autre bout du monde, en Polynésie française, fut un
immense bonheur. Nous aimerions dire, à tous leurs amis, que nos
deux marins sont en pleine forme. Rentiers bronzés, heureux et
détendus, Frédy et Chantal sont dans une étape paradisiaque
(voire aphrodisiaque !) de leur tour du monde. Car, les
Marquises, avec leur végétation luxuriante, leurs odeurs, leurs
montagnes avec des pics à nous faire tourner la tête, sont des
îles qui invitent à la bonne humeur. De plus, Chantal, bon pied,
bon œil, est devenue un marin aguerri que l’on ne doit plus
appeler « le mousse », mais bien « le Second » voire « le
Capitaine » (même si Frédy résiste pour ne pas être détrôné !).
A la barre dans les manœuvres, Chantal maîtrise Micromégas d’une
main de Maître.
Bref, cela fut un
plaisir de vivre à bord de Micromégas, pendant deux bonnes
semaines. Un plaisir mariné dans la navigation, les excursions
dans des vallées qui recèlent des sites archéologiques
passionnants et les plongées dans des fonds marins fabuleux. Il
suffit de prendre un masque et un tuba (à la portée de tous,
enfin presque sauf pour Mammad !!!) pour découvrir des récifs
coralliens avec des poissons de formes et couleurs infinies. On
peut aussi (Frédy l’a expérimenté) nager au milieu des raies
Manta, de tortues et de requins (inoffensifs, sauf erreur !).
Mais, comme tout
plaisir, il peut être fragile. Rien ne laissait présager, le
jour de notre arrivée, que notre croisière serait aussi
enchanteresse. Car les pépins, ce jour-là, furent nombreux et
éprouvants pour les nerfs de Frédy qui jurait comme un
charretier. Il faut dire que le pauvre Micromégas n’avait déjà
plus qu’un moteur lorsque ses deux alternateurs sont tombés en
panne. Topo, on imaginait déjà Micromégas en rade, bloqué, sans
instrument ni “désalinisateur” ! Heureusement que les amis de
Genève avaient dans leurs valises une hélice de rechange, et que
la solidarité entre marins joue encore dans le Pacifique.
Résultat, grâce à l’aide d’un Pascal, tout fut réparé le
lendemain. Car, les Marquises, c’est aussi pour beaucoup de
navigateurs, le lieu des retrouvailles. Frédy et Chantal
retrouvèrent ainsi Pascal et Agnès avec leur catamaran
artistiquement décoré, et qui font leur deuxième tour du monde.
Puis, ils retrouvèrent Muriel, Hervé et leurs charmants
enfants : Robin (12 ans) et Julie (10 ans) qui entament leur
troisième et dernière année en mer avant de retourner à… Genève.
Une famille genevoise bigrement sympathique, qui vit une
aventure superbe, et que vous pouvez suivre, si le cœur vous en
dit, sur leur site :
www.favrenmer.ch Comble d’ironie, figurez-vous que la
marraine de Robin et meilleure amie de Muriel est la voisine de
pallier de Mammad ! Deux voisins qui ne se connaissent guère, et
qui pourront faire connaissance grâce à des navigateurs qui se
trouvent à l’autre bout du monde. Amusant, non ?
Ces retrouvailles
entre marins nous ont offert des moments joyeux et même une
fondue sur Micromégas que Chantal a organisée avec son sens du
détail et de l’hospitalité : petites bougies helvétiques,
drapeaux suisse cure-dents, serviettes de table rouges… Ce
n’était pas le 1er août, mais l’ambiance était
festive.
Durant ces deux
semaines, les journées ont été bien variées : navigations,
spectacles de danse (juillet est le mois des compétitions),
rencontres avec les habitants, plongées et excursions dans des
vallées à la recherche de cascades, pas toujours atteintes ! En
effet, nous ne sommes jamais parvenus à la cascade de Vaipo,
vantée dans un guide comme étant « la troisième plus haute
cascade du monde qui se jette dans un site grandiose et
exceptionnel ». Les soudaines pluies avec les risques
d’éboulement de pierres nous ont forcés à renoncer tout proche
du but. Mais, tant pis, car le pique-nique, assis les quatre
sous un rocher, restera mémorable ainsi que le retour sur un
sentier devenu si boueux, que nos chaussures s’embourbaient et
furent lavées à grandes eaux lors de la traversée à gué de la
rivière.
Les îles Marquises
ont vraiment quelque chose d’unique. Non seulement les
Marquisiens ont de merveilleuses légendes pour expliquer le
monde et la naissance de leurs îles, mais leurs danses sont la
quintessence de ce peuple qui a gardé avec la nature des liens
très forts. Expressives et d’une gestuelle toute symbolique, ces
danses, qui sont de véritables hymnes à la nature, racontent des
histoires. Tout est question de récit ! Les Marquisiens sont de
formidables conteurs. Ils aiment parler, car ce sont des gens
qui prennent le temps, le temps de vivre. Pas de stress, pas
d’embouteillage ! Les voitures dans ces îles sont presque
inexistantes, même s’il y a quelques 4 X 4 sur les rares routes
souvent de terre et impraticables par temps pluvieux. Les
habitants se déplacent encore souvent à cheval, sans selle et
pieds nus. Chacun se salue. Et, comme il n’y a presque pas de
touristes, les gens sont accueillants. Le charme de ces îles est
certainement lié à leur caractère original. Iles sauvages, loin
de tout, elles sont demeurées à l’écart de tout contact pendant
des siècles. Les premières tentatives d’approches furent
infructueuses. Enfin peut-être pas pour les autochtones qui se
régalaient d’aventuriers et des premiers missionnaires qui
débarquaient là, en les dévorant crus ou mijotés. Les parties
nobles (non, ce ne sont pas les bijoux de famille !) étaient les
yeux et la cervelle, mets raffinés et réservés aux chefs
guerriers. Cannibales redoutés jusqu’au XIXe siècle, les
Polynésiens ont abandonné aujourd’hui tout sacrifice humain et
sont devenus les êtres les plus hospitaliers du monde et d’une
gentillesse hors du commun.
Ainsi, aller chercher
des bananes chez l’habitant, peut prendre par exemple plus d’une
heure. Cinq minutes pour couper le régime de bananes, le reste
du temps sera consacré aux échanges et discussions, sur des
terrasses ombragées tressées avec des feuilles de bananiers ou
autres avec des vues uniques. Et, pour communiquer, comme les
Marquisiens ont suivi les programmes scolaires français, ils
parlent tous français. Pour nous, c’est une aubaine, car la
langue marquisienne a des consonances impossibles à retenir.
Les : Taiohae – Nuku Hiva – Hakaoui – Hatuatua – Hatiheu –
Aakapa – Anaho – Uo Pou – Tai’ara’a – Ahima’a sont des sons
mélodieux qui nous donnent envie de chanter « Tout va très bien
mesdames les Marquises, tout va très bien tout va très bien »,
mais distinguer ces mots, c’est une autre affaire !
Bref nous
remercions encore Chantal et Frédy de nous avoir permis de vivre
de si belles aventures. Et Chantal, vous ne le croirez pas, nous
offrait même dans les baies les plus reculées, presque sans
civilisation (enfin faut pas rêver, tout le monde ou presque a
quand même une antenne parabolique pour sa TV et son téléphone
portable), de succulents cafés “Nespresso”.
Oui ! Oui ! Exotisme
et confort ! C’est pas des vacances, ça !
Mammad et Michèle
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25.07.10 |
Une pièce commandée aux USA, envoyée par FedEx met dix jours
pour nous parvenir, c’est le temps des Marquises ! Prendre du
recul, admettre que nous sommes dans un monde dans lequel le
temps n’a pas la même valeur qu'en Europe, apprendre qu'un
bateau de plaisance ne fonctionne jamais entièrement, réparer en
priorité les pannes qui mettent en jeu la sécurité, vivre avec
les autres pannes qui ne doivent pas nous empêcher de jouir de
moments fabuleux avec les Marquisiens ou avec d’autres
voyageurs, ne pas se prendre la tête avec le confort, toute
cette sophistication que nous embarquons pose plus de problème
ici dans ces îles du bout du monde, s’asseoir, écouter un vieux
Marquisien qui raconte une légende ou une anecdote de sa vie
d’îlien, connaitre son avis sur le monde actuel et ses
espérances pour le futur, c'est cela la vie ici. Il y a un
intérêt nouveau dans ces îles pour l’histoire prés-européenne et
les sites archéologiques d’Ua-Pou et de Nuku-Hiva en témoignent.
Les vestiges des villages avec leur place de fête, les lieux
rituels : mariages, tatouages, sacrifices humains et danses,
ainsi que leurs dieux, les « tiki », sont restaurés et protégés.
Sur certaines tables de sacrifice des gigantesques bagnants ont
poussé et les os des sacrifiés remontent dans les racines
volantes. C’est en 1797 que les premiers missionnaires arrivent
aux Marquises et veulent évangéliser la population, mais
beaucoup d’entres eux finirent comme les autres ennemis, dans le
four Marquisien et furent consommés. C’est le fameux «cochon
long» que les guerriers mangeaient, les morceaux de choix, les
yeux à la coque ou gobés crus étaient réservés aux chefs et aux
prêtres. Il fallut attendre 1842, pour que les Marquises
deviennent Française et que cette situation change, puis ce sont
les maladies importées qui on fait chuté la population de 60'000
habitants en 1842 à 2'094 en 1921. les Marquisiens étaient au
bord de l’extinction. Avec nos amis Michèle et Mammad nous avons
fait des belles randonnées, vers les incroyables pics d’Ua-Pou,
de la baie d’Anaho à Hatiheu ou encore vers la cascade de Hakaui
sur Nuku-Hiva. Admirer les fonds marins de la baie d’Anaho,
nager avec des tortues, des requins et des raies Manta sont des
privilèges rares dans le monde actuel. Nous avons également eu
la joie de voir enfin nos amis Muriel et Hervé ainsi que leurs
enfants à bord du catamaran « Kangaroo », cela faisait deux ans
que l’on se suivait, que l’on se croisait, que l’on n’était
jamais aux mêmes endroits en même temps. Quand des Suisses se
rencontrent au milieu de Pacifique sud, que font-ils ? Vous avez
deviné bien sur, ils mangent une fondue ! Le mois de juillet en
Polynésie Française, c’est le mois des fêtes. Dans chaque
village des baraques sont construites autour d’une piste de
danse où se produisent des groupes issus des différentes vallées
de l’île. Les soirs des week-ends, les groupes s’affrontent dans
un concours avec différents thèmes, danse Tahitienne, danse
Marquisienne, danse du cochon ou encore danse des oiseaux. Les
costumes sont superbes le plus souvent réalisés avec des
matériaux naturels, feuilles de palmier ou écorces diverses et
bien entendu les couronnes de fleurs. Avant de quitter cet
archipel, nous avons mangé une chèvre cuite pendant 7 heures
dans le four Marquisien de Mai et Maria (atteignables à la VHF
71). Le four est un trou dans lequel est fait un feu, puis les
braises sont couvertes avec des pierres de lave. Dès que les
pierres sont chauffées à blanc, les aliments sont disposés
dessus et le four est recouvert de feuilles de bananier et de
sable. Ce charmant couple prépare régulièrement une chèvre ou un
cochon pour une quinzaine de navigateurs de passage, cela aussi
c’est une expérience unique et un point final inoubliable de
notre croisière aux Marquises ces îles dont la nature verte et
fleurie est un vrai enchantement, un jardin d'Eden.
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27.06.10 |
Hiva-Oa, notre première île des Marquises, c’est aussi un lieu
de passage obligé pour les formalités. La gendarmerie nationale
s’en occupe, les uniformes sont Français mais les polynésiens
qui les portent sont très "couleur locale", avec leurs tatouages
et leur gentillesse. L’accueil et l’hospitalité sont des notions
très importantes dans la culture polynésienne. Un des
commandements du code de conduite polynésien qui date du
cinquième siècle dit : « Ne regarde pas avec indifférence le
voyageur qui passe devant ta porte. Tu dois l’inviter à entrer
chez toi (…) » Cet état d’esprit, nous l’avons rencontré
partout, les gens prennent le temps de nous parler, nous offrent
des fruits ou nous invitent pour la chasse ou pour un repas.
Quant on demande à un indigène couché s’il est fatigué il nous
répond : "non tranquille, il ne faut pas attendre d’être fatigué
pour se reposer !" Cela illustre bien cette tranquillité qui est
présente sur ces îles du bout du monde, ces îles hors du temps
avaient déjà séduit Paul Gauguin et Jacques Brel. A Hiva-Oa il
vaut la peine de visiter le musée Gauguin, de nombreuses
reproductions de toiles peintes aux Marquises peuvent y être
admirées ainsi que sa maison. L’espace Brel, avec quelques unes
de ses affiches exposées autour de son avion « Jojo » est
également un musée intéressant. Fatu-Hiva, la plus méridionale
des îles Marquises, avec sa superbe Baie des Vierges, vit encore
plus que les autres hors du temps. Elle n’a pas d’aérodrome et
le cargo de Tahiti passe toutes les trois semaines. Le passage
de ce cargo est un événement important pour tous les habitants
de toutes les îles Marquises. Tout arrive par ce bateau,
matériaux de constructions, pièce de rechanges et nourriture.
Quant il y a un quai le navire accoste et tous les habitants
sont là avec leur pickup Toyota pour réceptionner leur commande,
c’est la fête, la vie s’arrête. Le scénario est le même à Ua-Pou
et à Nuku-Hiva. Ces îles sont pas sur peuplées ni envahies par
le tourisme, il n’y a que les bateaux de plaisances et les
passagers payant du cargo qui visitent ces îles. Les plus
grandes ont une population de 2'000 habitants et les villages
rarement plus de 180 à 200 habitants. Les routes sont
inexistantes, il n’y a que des pistes très escarpées pour aller
dans certains villages, d’autres sont accessibles seulement à
pied, à cheval ou en bateau. Le mode de vie Marquisien est pour
nous une découverte extraordinaire, c’est comme cela que
certaines vallées des Alpes Suisse devaient être dans la
première moitié du XXème siècle. A Nuku-Hiva Didier a pris
l’avion pour Papeete ou il va embarquer pour un vol retour sur
l’Europe. Merci à toi Didier, pour ton aide, c’était un plaisir
de naviguer avec un bon équipier, grand ami de notre famille.
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10.06.10 |
Un char de grenadier qui roule à vive allure sur une piste
défoncée avec des obus qui explosent sur le blindage, c'est le
bruit que l'on subit sur un catamaran, au large avec 30 nœuds de
vent. Les hélices qui tournent, les safrans qui vibrent lors des
départs aux surfs, les vagues qui tapent sous la nacelle à vous
faire tomber les verres sur la table ou casser la vaisselle dans
les placards. Au large dans la brise, un catamaran est aussi
inconfortable qu'un monocoque, c'est un bateau qui navigue, qui
bouge et qui vit sa vie. Mais jusqu'à 20 nœuds de vent, un
catamaran cela vous change la vie, il allie confort, espace et
vitesse, le tout à plat ce qui est appréciable. L'alizé est
régulier, nous faisons de moyennes journalières entre 170 et 200
milles, mais ce qui différencie le Pacifique, c'est la
gigantesque houle du sud d'un hauteur de 3 à 5 mètres, mais avec
une période de 20 secondes. Le quotidien s'est adapté au rythme
de cette "transPac", notre équipier Didier se partage les nuits
avec le skipper et les journées tournent autour des repas, de la
vaisselle, de la pêche, des parties endiablées de scrabble et de
jass et d'un peu de cinéma en fin de journée.
Chantal, que je n'ose plus appeler la mousse, participe à toutes
les activités du bord, y compris le conditionnement du poisson
après la pêche, elle est devenue un marin a part entière. Nous
avons pêcher un thon, une dorade coryphène, mais Didier a réussi
à remonter un tazard de 1,60 mètre qui devait peser près de 30
kilos. Alors nous avons décrété un moratoire pour la pêche, car
notre frigo est plein et que le poisson figure au menu tous les
jours. Nous avons aussi commencé à sécher quelques morceaux,
que nous consommerons plus tard. Une traversée idéale, comme
dans les livres, 3'191 milles en 19 jours, soit une moyenne de
6,9 nœuds pour arriver à Hiva-Oa. L'alizé était bien établi
entre 15 et 20 nœuds, sauf deux jours de brise à 25 et 30 nœuds
et deux autres journées de calme à moins de 10 nœuds. Nous avons
parcouru 202 milles en 24 heures pour notre meilleure journée et
115 pour notre plus lente. Aux niveau des problèmes, nous avons
perdu l'hélice bâbord et avons un problème de refroidissement
sur le générateur. Mais maintenant nous sommes en Polynésie! Le
skipper a enfin atteint son but et vit ses rêves, ouf! dès
maintenant nous pourrons encore mieux prendre le temps de vivre,
n'est-ce pas le leitmotiv de notre voyage, "prends le temps
...". |
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19.05.10 |
Après quelques escales dans l’archipel des Las Perlas nous
quittons le Panama et entamons la traversée pour les Galápagos.
C’est une navigation un peu imprévisible, car nous devons
traverser l’équateur et la zone de convergence qui lui est
associée. Zone qui n’a pas de vent établi, où les grains et les
orages sont parfois violents ou une petite aide des moteurs est
le bienvenu. Nous avons eu de la chance, sur nos sept jours de
traversée seulement un gros grain avec de la pluie et une rafale
de vent à 40 nœuds. Sur un total de 927 milles nous en avons
fait 290 au moteur, ce qui est raisonnable sur ce trajet à cette
époque de l’année. Dès notre arrivée à Puerto Baquerizo Moreno
sur l’île de San Cristobal, nous avons fait les inévitables
formalités qui sont ici les plus chères payées au cours de notre
voyage. Les fonctionnaires ont à peine quitté notre bord, que
nous avons la visite des otaries qui sont vraiment sans gène,
elles montent sur le pont de notre bateau et se laissent
approcher de très près. Nous devons les chasser, car leurs
salissures sont pires que celles des mouettes ! En ville elles
dorment tout le long du front de mer, sur la plage, les bancs
publics, et les places de jeux, il y en a des centaines. Notre
agent Pablo nous a organisé une visite de l’île, les tortues
géantes, les iguanes marins qui sont bruns foncés car ils
mangent des algues noires, les oiseaux et plantes uniques de cet
archipel. Nous sommes allés à la plage qui se situe juste à la
sortie de la baie, munis de nos masques, palmes et combinaisons,
car l’eau n’est plus qu’a 20 degrés. Sur le sable de nombreuses
otaries se prélassent au soleil entre deux bains. Dans l’eau
elles sont d’une agilité incroyable, joueuses et curieuses elles
viennent nager tout près de nous, c’est une expérience vraiment
unique. Il y a également des tortues marines en grand nombres
qui nagent avec nous. Dommage, mais compréhensible que les
bateaux ont interdiction de bouger du port d’entrée, sauf s’ils
ont payé cher le droit de faire escale dans les quatre ports de
l’archipel. Les mouillages sont totalement interdits ceci pour
la protection de l’environnement et de la faune, suite à des
abus et des déprédations qui étaient fait par certains
plaisanciers. L'homo touristicus, est ici comme ailleurs une
charge pour la faune, le comportement irresponsable de certains,
par ignorance je l'avoue, met la faune à rude épreuve. Par
exemple, se couvrir de produits toxiques (la crème solaire) pour
aller se baigner avec les animaux est un exemple, car ces crèmes
sont irritantes pour les yeux des otaries. Nous avons eu la
visite à notre bord de Brittany, Danielle, Kai et Susie, des
étudiants de l’université de Washington DC qui sont aux
Galápagos pour faire un travail sur les énergies renouvelables,
solaire et éolienne. Ils étaient très intéressés d'apprendre que
nous vivons presque exclusivement de ces énergies. Demain nous
partons pour la grande traversée sur les Marquises, 3'000 milles
devant nous, toujours avec notre équipier Didier qui a pris goût
au grand large.
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04.05.10 |
Shelter Bay
Marina, dans la zone du canal de Panama est construite dans
l'ancienne base Américaine de "Fort Sherman". C'est de là que
les bateaux de plaisance attendent pour le passage, attendent
pour les formalités, attendent pour mettre le bateau à terre,
attendent l'arrivée d'un avion ou attendent diverses pièces
commandées aux USA ou ailleurs. Nous accueillons à bord notre
équiper Didier qui va nous accompagner ces prochaines semaines.
Puis arrive le grand jour, le passage tant attendu. Pour
commencer nous nous déplaçons au point "F" et attendons le
pilote, puis dans le courant de l'après-midi, avec
notre pilote cap sur les trois écluses de Gatun. Arrivés face à la première porte
nous prenons deux monocoques à couple et nous entrons dans
l'écluse, on nous
lance les toulines pour nous prendre les amarres et nous
positionner derrière un cargo. la porte se ferme et le
remplissage commence dans un impressionnant bouillonnement.
C'est ainsi que nous montons de neufs mètres dans chaque écluse.
A la sortie de la dernière, cap sur un mouillage pour la nuit,
le pilote nous quitte en nous donnant rendez-vous pour le
lendemain matin à six heures. La soirée
est conviviale autour d'un repas partagé avec nos "line handler"
australiens Bryan et Anne. En effet, pour le passage du canal
chaque bateau doit avoir à son bord le skipper et quatre
personnes pour manœuvrer les aussières de 50 mètres. Alors il
est normal que les plaisanciers s'entre aident et que l'on fasse
une fois le trajet comme équipier, moi même je l'ai fait avec
Guillaume sur "Mirail". Au lever du jour avec notre
nouveau pilote nous passons juste vers le chantier des nouvelles
écluses qui seront inaugurées en 2014 pour le centième
anniversaire du canal. Puis nous partons le long du chenal qui
balise la traversée du lac Gatun et nous entrons dans la
célèbre Galiott Cut, passage creusé à travers la montagne. C'est
ici que le premier projet de canal de Ferdinand De Lesseps à
échoué, avec 20'000 morts sur le chantier et le scandale
financier qui s'en suivit. Après avoir parcouru 28 milles nous
sommes devant l'écluse de Pedro Miguel, suivie un peu plus loin
des deux écluses de Miraflores qui vont nous redescendre de 27
mètres. La différence, c'est que sur les écluses descendantes
nous sommes normalement devant les cargos, mais nous étions
seuls toujours avec nos monocoques à couple. Puis
nous apercevons déjà le pont des Amériques, et là, c'est le
Pacifique! Amarrage sur une bouée au Yacht Club de Balboa,
remettre nos amarres louées à notre agent, se débarrasser de
notre blindage de pneus et l'aventure peut continuer sur le plus
grand océan du monde. Le passage du canal reste un moment très
fort, riche en émotions, nous sommes sur l'une des merveille du
monde moderne. L'organisation y est incroyable, les
investissements pour l'agrandissement encore plus, cela va couter
7 milliards de dollars pour pouvoir passer avec des bateaux
d'une capacité de 12'000 containers. Le trafique journalier
actuel est en moyenne de 50 cargos d'une capacité d'environ 5000
containers, ce qui représente 5% du commerce maritime mondial.
Un cargo paye de 60'000 à 200'000 dollars pour un passage, ce qui rapportent 5 millions de dollars par jour
à la compagnie du canal. Tous les travaux, élargissement,
construction, dragage, entretien etc... sont fait 24 heures sur 24, 7 jours
sur 7 et sans interrompre le trafique. Pour conclure il n'y a
qu'un mot "phénoménal". |
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17.04.10 |
Grand Cayman, la principale des trois îles, celle où il y a la
Capitale, George Town , et bien il n’y a rien d’autre à voir,
que ce que l’on a déjà vu et revu. Six paquebots en rade le même
jour ! Les Us Virgin ou St Martin sont battus, le chiffre
d’affaire dans les boutiques de montres Suisse sans doute aussi.
Ces îles sont connues pour leur activité bancaire et pour les
nombreux pavillons de complaisance arborés par des yachts de
luxe et sa plage longue de 7 miles avec tous les hôtels
internationaux. Si la plongée vous intéresse les spots sont
nombreux et les fonds préservés avec une eau limpide, si non ces
îles n’ont strictement aucun intérêt. Alors, après une escale
de quelques jours pendant lesquels nos amis sont repartis, (les
bons moments entre amis passent décidément trop vite) cap au sud
pour une traversée de 600 milles, avec l’alizé bien établi à 15
nœuds cette distance est avalée en quatre jours. Nous voila
arrivé au Panama, dans l’archipel des San Blas, c’est le
territoire des indiens « Kuna » qui ont une autonomie régionale.
L’aéroport de Porvenir où nous faisons les formalités est
construit sur un îlot et sa piste doit être plus petite que
celle des portes avions que nous avons vu à Norfolk ! Deux vols
journalier de la compagnie Aeroperlas, relie les San Blas à
Panama City. L’archipel des San Blas est composé de centaines
d’îlots, les plus petits abritent quelques cocotiers et une
hutte. L’ilot est occupé temporairement par une famille qui en
est en général propriétaire et qui exploite les noix de coco.
Les plus grandes îles comme Soledad par exemple, ont un village
de 1'200 habitants sur une surface de trois hectares, avec de
l’eau courante mais pas d’électricité. Ces villages ont des
huttes , avec des toits en palmes ,dans les quelles vivent une
famille, qui compte souvent 15 à 20 personnes de trois
générations. Chaque village à une école, une église et une salle
communale où les habitants se réunissent 2 à 3 fois par semaine
pour débattre des travaux communautaires et de la politique du
village. Les îles ne sont pas très éloignées de la côte, mais
suffisamment pour les mettre à l’abri des insectes et des
rongeurs. Les hommes vont avec leur pirogue à voile sur la côte,
ils se fournissent en bois pour la construction des huttes,
reviennent avec de la nourriture, fruits, légumes et du poisson
péché en chemin. C’est aussi à la côte que sont construites ou
plus tôt taillées les nouvelles pirogues qui ne sont que de
troncs d’arbre évidé. De plus en plus d’hommes Kuna travaillent
à Colon ou à Panama City ou encore au canal, alors que les
femmes ont gardé leur rôle traditionnel. En effet, la société
Kuna est matriarcale, se sont les femmes qui transmettent le
patrimoine, elles en sont propriétaires, elles élèvent les
enfants qui sont nombreux et s’occupent des tâches domestiques.
Les jeunes femmes fabriquent les fameux « molas » ce sont
jusqu’à 5 tissus multicolores découpés et mis les uns sur les
autres puis cousus ensemble à la main. Les femmes âgées vont
les vendre car leur vue ne leur permet plus de coudre. Cette
région est un vrai paradis pour naviguer, les distances sont
courtes, les mouillages nombreux, l’eau limpide et les Kuna
accueillants. Nos impressions : magique, féerique et intemporel
on se croit dans un autre monde, à une autre époque. |
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