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18.05.08
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Les îles
du nord sont un peu différentes du reste des petites Antilles.
Saint Barthélemy, fait partie du département de la Guadeloupe
tout comme Saint Martin. A St.-Barth, toute l’activité se passe
autour du port de Gustavia, ce nom rappelle le passé Suédois de
cette île. Les belles villas sont la règle, pas de constructions
hors normes réservées à quelques rares milliardaires, mais des
maisons à taille humaine, faites dans de beaux matériaux et
intégrées au paysage. Les commerces de Gustavia, que des très
beaux magasins avec des produits de grandes marques, semblables
à toutes les grandes villes du monde. Les petites maisons en
bois de diverses couleurs en font toute la différence. Quel
charme ! Le port est souvent inconfortable à cause du ressac et
le mouillage, bondé en saison, est très rouleur.
L’île
Fourchue, française également, est une réserve naturelle et son
mouillage est équipé de bousées. Nous nous amarrons à l’une
d’elle, et après que le skipper ait plongé pour tout contrôler,
comme d’hab., nous dormons tranquillement, mais vers une heure
du matin l’alarme de mouillage du GPS nous sort brusquement du
lit. Une amarre bien usée du mouillage a cédé. Frédy n’a pas pu
le voir. Le bateau dérive en direction du large, au risque de
toucher un autre au passage, heureusement il n’y avait que huit
nœuds de vent et une mer calme. Moteurs en marche, un autre
mouillage est trouvé à la lumière de notre projecteur. Mettre
l’alarme, même avec un mouillage en apparence sûr, nous a
certainement évité un gros problème, grâce à ma mousse qui
insiste toujours pour qu’elle soit enclenchée.
Sint
Maarten, la partie Hollandaise de l’île, avec un statut entrain
d’être changé, est très Américanisée. Le dollar US a supplanté
le Florin. Il y a beaucoup de voitures, de motos et de camions
de fabrication US, les sirènes de la police font le même bruit
que dans les films américains, les restaurants sont médiocres et
la population obèse. L’activité principale est le tourisme,
Américain, qui arrive avec les paquebots pour faire des achats
dans la rue de Philipsburg. Les bijoux, les montres et
l’électronique de loisir sont vendus hors taxes à des prix
vraiment attractifs. La dernière semaine d’avril est aussi la
semaine de carnaval, qui marque la fin de la saison touristique.
Ici le carnaval est très différent des pays catholiques qui le
fêtent en février, il n’y a pas cet esprit de contestation et de
critique, ni de dimension satirique. C’est simplement la fête,
des costumes et des défilés comme dans une parade techno, les
gens suivent des camions chargés d’enceintes sonores qui
déversent la musique, avec beaucoup de basses et surtout très
fort, dur à supporter pour mon skipper qui avance, dans la foule
en se bouchant les oreilles.
Saint
Martin avec comme localité principale Marigot, qui a
complètement changé en quelques années, avec la construction
d’une marina et l’aménagement du front de mer qui est assez
réussi. Le premier restaurant ouvert sur l’île en 1969 est
toujours là avec sa patronne, Madame Claude Pont, de St Luc en
Valais, dont le superbe buffet antillais est très réputé. Grand
Case avec sa rue principale où se trouvent les meilleurs
restaurants de toutes les Antilles face à la superbe baie. Il
faut dire que toutes les belles plages se trouvent du côté
français, ce qui explique un autre tourisme que dans la partie
hollandaise.
Saba et
Statia (Saint Eustache) sont aussi des îles hollandaises, la
première est un paradis pour les plongeurs et les pêcheurs mais
presque impossible de s’arrêter avec un voilier, la seconde est
la zone industrielle avec un gigantesque terminal pétrolier.
Donc nous ne nous sommes arrêtés ni dans l’une ni dans l’autre.
Nevis et
St Kitts, ex colonie britannique, maintenant indépendante, ont
un certain charme et . Basseterre, la capitale, avec ses maisons
proprettes et colorées, est une escale pour les paquebots, la
rade roule à l’extrême et elle n’est donc pas très accueillante
pour les bateaux de plaisance, mais c’est un passage obligatoire
pour les formalités. Les mouillages au sud sont simplement
exceptionnels. C’est la première fois que nous sommes seuls dans
un endroit superbe avec de l’eau claire, calme. Il y a quelques
belles plongées à faire sur les récifs proches du mouillage et
même une épave par trois mètres de fond.
Montserrat, est l’île sinistrée. De multiples cyclones ont
affaibli son tourisme naissant et l’éruption volcanique de 1997
a rendu la moitié de l’île inhabitable et l’a achevé. Les 4'000
habitants qui restent sont très accueillants et plein de projets
d’avenir, le plus important est de reconstruire une capitale à
Little Bay avec un port. L’aéroport est déjà reconstruit à un
nouvel emplacement. Nous avons fait le tour de l’île avec Joe
Philips, un excellant guide, qui nous a bien expliqué l’histoire
de l’éruption. La vue y est parfois apocalyptique.
Pour ce
qui est de la navigation, les alizés sont faibles et de sud-est,
ce qui nous oblige souvent de nous aider un peu des moteurs.
Avoir deux moteurs, c’est doubler les problèmes, oui, car non
seulement nous nous sommes pris des bouées de pêcheurs dans le
moteur tribord et en plus notre propre ligne de pêche dans le
bâbord ! Que c’est agréable de voir le skipper plonger sous le
bateau, pour couper les bouts pris dans l’hélice, au milieu de
l’océan, je vous assure que ce n’est pas du tout stressant pour
la mousse ! |
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30.04.08 |
Nous avons
eu la joie de rencontrer Daniel et Eliane Rossier avec une
partie du CCS groupe Genève à Pointe à Pitre d’où ils sont
partis pour une croisière avec des bateaux de location. Nous les
avons retrouvé à Antigua et avons partagé un repas à notre bord
avec tout l’équipage de Daniel, avec qui nous avons beaucoup ri.
Le lendemain ils ont mis le cap sur les Saintes,
et nous,
nous avons pris notre temps pour visiter ce pays composé de deux
îles, Antigua 65'000 habitants et Barbuda qui n’a que 1'500
habitants. Ex îles Britanniques indépendantes depuis 1981, elles
se sont essentiellement tournées vers le tourisme, avec comme
événement principal la « classic week » suivie de « l’Antigua
week », deux semaines uniques pour le monde de la voile. Car
voir régater des « classes J » et autres bateaux du XIX et du
début du XXème siècle est un spectacle unique et grandiose, dans
un cadre qui ne l’est pas moins. English Harbour, une ancienne
base navale de l’Amiral Nelson. Puis la deuxième semaine place
au XXIème siècle, règne du carbone, du kevlar et autres fibres
composites, ce sont les bateaux de courses actuelles. Mais
attention, il y a aussi du rêve, des œuvres d’art moderne, je
veux parler des « Wally », un design Italien aux lignes épurées,
à vous couper le souffle. Antigua c’est aussi des mouillages
superbes comme Nonsuch Bay et Green Island, où il est agréable
de se mettre à l’ancre quelques jours dans une eau limpide,
chaude, dans un cadre verdoyant et très tranquille.
A 30
milles au nord c’est la carte postale, le sable blanc, une eau
turquoise, quelques cocotiers et un hôtel de luxe avec son
aérodrome privé, oui, nous sommes à Barbuda. Cette île est
corallienne, toute plate, son plus haut sommet culmine à 60
mètres et tous ses habitants vivent à Codrington. Nous ne y
sommes pas restés longtemps car le vent du SE faisait rentrer
une houle désagréable dans les plus beaux mouillages de l’île,
Cocoa Bay et Low Bay. Après avoir fait nos formalités de sortie
a Codrington, long et un peu compliqué, mais avec le sourire et
la gentillesse des fonctionnaires, nous avons mis le cap sur St
Barthélemy. Une traversée avec très peu de vent, mais la pêche
fut bonne. Deux thons en quelques minutes. Quel sport, car
chacun avait sa ligne et chacun son poisson. Du côté de la
mousse c’était plutôt la panique car il se débattait et elle
n’ose pas le sortir de l’eau. Un grand coup de manivelle de
winch sur le thon de Frédy qui peut sauter au secours de
Chantal. Quelques minutes après nous étions à table avec un bon
petit coup de blanc entrain de les déguster, l’un cru et l’autre
passé au four en papillote. Un vrai régal. |
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10.04.08
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Pour
changer un peu, nous cédons la plume à nos invités qui sont
venus nous rejoindre pour les vacances de Pâques.
Retrouvailles aux Antilles
Le ferry,
reliant Point à Pitre (Guadeloupe) aux Saintes,
n’avait pas encore accosté que nous apercevions déjà nos deux
aventuriers, Chantal et Frédy, nous saluant depuis leur nouveau
bateau avec des gestes vigoureux et chaleureux. À peine
avions-nous posé pied-à-terre, que Frédy et Chantal nous
rejoignirent avec leur annexe pour nous amener sur Micromégas
II. Notre première impression (confirmée par la suite !!!),
c’est que nos deux navigateurs avaient tous deux rajeuni. Plus
minces, bronzés, détendus et resplendissants de vie, nos deux
marins s’étaient visiblement bien remis de leur traversée de
l’Atlantique. Quant au bateau, nous fûmes impressionnés par
l’espace spacieux, l’aménagement luxueux (avec la touche
esthétique inimitable de Chantal) et les équipements techniques.
Le bateau
visité, l’apéro partagé, les rires et les récits de part et
d’autre échangés, nous fêtâmes nos retrouvailles en enfourchant
des scooters pour visiter l’île des Saintes. Cette virée
improvisée inaugurait bien notre croisière, car nous voir les
quatre casqués sur des scooters oranges vifs en train de dévaler
les chemins des Saintes pour être, en fin d’après-midi,
bloqués par les processions du Vendredi Saint… (oui, oui, cela
ne s’invente pas !) vaut la peine ! On vous assure. En tout cas
si Chantal met des photos sur le site, ne manquez pas cet
épisode.
Combien d’autres histoires pourrions-nous relater !!! Car, dans
cette croisière, tout fut réuni : le soleil (avec de brèves
pluies pour rincer le bateau), la chaleur, le vent avec quelques
grains pour mettre à l’épreuve l’équipage chevronné (des rafales
sous le vent de la Guadeloupe jusqu’à 40 nœuds), des soucis avec
un des moteurs (que Frédy résoudra après notre départ), une mer
entre 25° et 30° et surtout une ambiance du tonnerre.
Une
navigation où l’équipage s’est laissé « porter » par ce
merveilleux catamaran des Saintes à la Dominique à
la Guadeloupe, à Marie-Galante pour débarquer à
la Guadeloupe. Micromégas II est magnifique. Bravo à
Chantal et Frédy d’avoir eu l’audace de faire ce choix judicieux
et le courage de changer de bateau. Cette solution est heureuse.
Chantal, avec son talent dans les aménagements, a fait de
Micromégas II un “boat sweet boat” où il fait bon
vivre et Frédy, avec ce catamaran qui peut aisément avancer à 10
nœuds, comble son sens marin.
Nos
navigations, nos excursions en scooters, à pied, en voiture, en
bateau à rames (surtout que ce n’était pas nous qui ramions dans
la fameuse rivière indienne de la Dominique !), en
minibus avec notre guide “Marc le chanteur” ainsi que les bons
petits restos ou les repas succulents à bord de Micromégas II
(même qu’on s’est régalé avec un poisson pêché par Frédy !) en
contemplant des couchers de soleil où l’on croyait sans arrêt
voir le rayon vert, resteront gravés à tout jamais dans nos
mémoires. Merci ! En tout cas, le banc de dauphins qui a joué
avec les étraves de Micromégas II vers Marie-Galante
n’était pas une illusion. Les photos en apporteront la preuve !
Et,
à Genève, lorsque la grisaille sévit ou la routine nous amollit,
nous nous répétons le message que le bateau canadien, mouillé
juste à côté de nous dans Prince Rupert Bay de la
Dominique, émettait sur sa VHF : « Mal de mer, Mal
de mer calling Spaghettis ». Bon, là, seuls les initiés
pourront comprendre…
Un
grand et chaleureux merci à Chantal et Frédy pour cette
exceptionnelle invitation et bon vent pour la suite…
Mammad et Michèle
PS.
Sommes prêts à réembarquer dans votre “boat sweet boat”, oui !
oui ! |
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01.04.08 |
Déjà un
mois depuis nos dernières nouvelles, que le temps passe vite !
Nous avons découvert une belle île, la Dominique, qui est un
état indépendant depuis 1978, avec une population de 72'000
habitants dont la capitale est Roseau. La gentillesse de ses
habitants et la nature sauvage en font une escale très prisée
des paquebots et bien sur des plaisanciers. L’intérieur de l’île
est très escarpée et couverte d’une végétation dense et
magnifique, avec de nombreuses rivières et des cascades classées
par l’UNESCO comme patrimoine mondiale de l’humanité. A part
l’escale de Roseau pour les paquebots, cette île ne souffre pas
du tourisme de masse comme ses voisines, donc pas d’hôtels et de
constructions qui gâchent le paysage. La cause en est simple, il
n’y a pas d’aéroport pour des vols long courrier, car le relief
ne permet pas de construire une piste assez longue. De ce fait
c’est un des états les plus pauvre de la région qui est
régulièrement et durement touché par les cyclones, mais la
criminalité est insignifiante, les petits larcins sont bien
maitrisés par les 450 gendarmes que compte l’île. Ces gendarmes
ont une allure très Britannique, uniforme impeccable, pas
d’arme, une tenue et une politesse exemplaire.
A une
vingtaine de milles au nord se trouvent les Saintes, un petit
groupe d’îlets qui fait partie du département de la Guadeloupe.
C’est un but d’excursions d’une journée pour les touristes qui
sont dans les hôtels de la Guadeloupe, qui se rendent en ferry
au village du Bourg. Toute la vie des Saintes est réglée sur les
horaires de bateaux, commerces et restaurants ouvrent à
l’arrivée du premier et ferment au moment du départ du dernier.
C’est également par le ferry que sont arrivés nos amis Michèle
et Mammad pour une semaine de croisière à l’occasion des
vacances de Pâques. C’est super de retrouver nos amis et de
partager des moments de détente sur notre château flottant, et
de lire les dernières Tribunes de Genève qu’ils nous apportent
fidèlement. Nous avons eu beaucoup de plaisir de retourner à la
Dominique avec eux, de naviguer le long de Basse-Terre en
Guadeloupe, de visiter les Saintes en scooters, de faire le tour
de Marie Galante en voiture. L’escale de Marie Galante vaut
vraiment le détour, ou plutôt la remontée contre le vent, car
c’est une petite île ronde d’une quinzaine de kilomètres de
diamètre, qui est restée authentique et rurale. L’activité
principale est bien sur la canne à sucre, récoltée à la main
entre février et juillet, période pendant laquelle les sucreries
et les distilleries travaillent à fonds. Le sucre produit est
envoyé en vrac vers la métropole pour emballage et
commercialisation, et revient de France pour être vendu sur les
rayons des super marchés de Pointe à Pitre. C’est la
mondialisation et le prix du transport trop bon marché !
C’est à Point à Pitre que nos amis nous quittent pour retourner
en Suisse, avec plein de beaux souvenirs et du ciel bleu dans la
tête. Comme les mauvaises surprises sont vite effacées de nos
mémoires, j’oubliais la panne du moteur tribord. En effet l’eau
ne sortant plus de l’échappement notre skipper, équipé de sa
fidèle lampe frontale est allé immédiatement changer l’impeller.
A son grand étonnement, il a retrouvé des tuyaux bouchés par une
dizaine de vieilles pâles cassées, qui n’ont jamais été enlevées
lors des changements précédents. Et la cuve fécale qui nous a
joué le tour d’être pleine, à cause d’une vanne entartrée et qui
a fait déborder les toilettes. Nous avons donc également été
dans la m… jusqu’aux chevilles. C’est çà aussi le bonheur de
naviguer ! |
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02.03.08 |
C’est
l’anniversaire de la mousse à bord de notre nouveau bateau, nous
commençons à lentement, mais sûrement nous installer. Ces deux
dernières semaines dans les Grenadines avec Marylaure furent
notre croisière de test et d’apprentissage, car les automatismes
ne sont pas les mêmes que sur un monocoques et avec un nouveau
bateau il y a d’inévitables petites réparations, graissages et
mises aux points diverses. Mais rassurez-vous le plaisir et la
détente furent du voyage, Marylaure a beaucoup apprécié, surtout
au mouillage car la navigation sur un catamaran est parfois
brutale et les mouvements ne sont pas des tous prévisibles, un
peu comme un carrousel. Alors le mal de mer guette, et il faut
faire très attention de ne pas se faire projeter, « une main
pour soi l’autre pour le bateau » reste valable même sur les
multicoques. Heureusement ma mousse adorée a repris goût à la
navigation, elle profite de l’espace vital qui lui manquait
tant, et qui est incroyable sur le catamaran, elle a même une
douche privée avec eau chaude et lumière. Elle apprécie les
mouillages où l’on peut enfin dormir sans se faire rouler.
Autres grandes joies et surprises pour un fan de « Pirates des
Caraïbes » certains décors des scènes tournées a Wallilabou Bay,
sont restés en place et sont devenus une attraction. A
Cumberland Bay également certains décors sont encore là, mais
ici utilisés dans une taverne le « Black Baron » tenue par un
couple de Français. Ils sont charmants et leur cuisine est
excellente, une escale à ne pas manquer !
Alors
encore une bonne semaine de travail sur le bateau au Marin,
achat de nouvelles batteries entre autres, réparation du génois
qui a été abîmé par une sérieuse rafale à 35 nœuds, vidange du
moteur du hors bord, lectures des multiples modes d’emploi des
instruments de navigation et des moteurs et ensuite cap au nord
pour de nouvelles découvertes. |
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14.02.08 |
Pour nos
dix ans, déjà dix ans que nous sommes ensemble, que le temps
passe !, nous nous sommes offert Micromégas II et
avons vendu le premier ici au Marin. Un peu plus de confort en
navigation et beaucoup de confort au mouillage, ce catamaran est
très bien adapté à notre programme de navigation. De l’espace de
vie, de la lumière, une très bonne aération et plus de roulis au
mouillage, çà va nous changer la vie ! Changer de bateau loin de
chez soi est une aventure à plein temps, des heures passées sur
internet pour toute l’administration, au téléphone pour faire
bouger les choses, des heures d’attente à la poste pour envoyer
des originaux, tout ne peut pas se faire par mail ! Toutes ces
démarches en pleine période de carnaval où la vie locale
s’arrête, nous vous assurons que ce n’est pas simple, mais nous
sommes certains que cela en vaut largement la peine et que nous
allons avoir beaucoup de plaisir avec notre nouveau bateau. Le
vieil adage « le travail ce n’est pas du plaisir, mais le
plaisir c’est beaucoup de travail » nous l’avons vérifié, il est
exact.
Le
carnaval ici est très populaires, avec des costumes simples
faits avec des objets du quotidien, des groupes de musiciens
amateurs et la participation de tous les habitants, les parades
sont gratuites pour les spectateurs qui deviennent rapidement
participants au rythme endiablé des tambours. Ca commence une
semaine avant dans tous les villages par l’élection de la reine
et de la mini reine, puis vient le week-end de la grande parade,
ou toutes les communes avec leurs musiques et leurs reines
défilent dans des costumes multicolores, qui symbolisent la vie,
la séduction et le mariage. Le mardi gras, le sommet de la fête,
les costumes sont rouges, couleur de la passion, puis le
mercredi des cendres, la fin de la vie et du carnaval, tous les
costumes sont noirs et blancs, la couleur de la mort et du
deuil. Jour pendant lequel « vaval » est brûlé. Même les gens
qui travaillent respectent ces couleurs, il est courant de voir
une caissière de supermarché, un chauffeur de taxi ou un serveur
dans un restaurant avec ces signes de fête.
Maintenant
que toutes ces festivités sont passées, au travail ! Oui, pour
nous aussi, il y a quelques mètres cubes d’affaires personnelles
à sortir de Micromégas et à ranger dans
Micromégas II. Ce n’est rien d’autre qu’un vrai
déménagement, heureusement dans un bateau plus grand et avec
l’aide de Marylaure, la fille de Frédy. C’est une affaire
rondement menée par la fidèle mousse, je parle de
l’organisation, elle est très efficace, comme pour
l’administration et les téléphones, elle est très tenace et ne
lâche pas prise avant d’avoir atteint le but. Il faut dire que
nous sommes tous deux très motivés, un nouveau bateau et un peu
de repos dans les îles Grenadines est un perspective
réjouissante.
Pour le
baptême, et la description de notre nouveau navire, la page
bateau sera bientôt mise à jour, alors restez attentif et ne la
ratez pas. |
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20.01.08 |
A peine
arrivés au Marin après cette transat très éprouvante, nous avons
eu le grand plaisir et la chance de retrouver notre amie Anick
qui nous a reçus comme des rois chez elle dans sa maison qui
domine la baie du Marin. Elle nous avait préparé un excellent
repas. Apéritif au Ti-punch, poulet boucané, gratin de
cristophine, igname, ananas du jardin, un petit shrubb maison,
un plongeon dans la piscine et puis dans un vrai lit, un qui ne
bouge pas ! Quel bien- être après nous être fait secoués de pars
et d’autres sur l’Atlantique de pouvoir dormir tranquille et les
2 ensemble. En quelques jours, nous avons remis le bateau en
ordre, refait le plein de nourriture et fait tourner 10 machines
à laver le linge !, fait un peu d’entretien sur le bateau et
étions prêts pour accueillir nos visiteurs. Merci encore Anick.
Noël c’est pour nous aussi une fête de famille, les fils de
Chantal, David, Alexandre et son amie Deborah ont fait le
voyage. L’occasion pour nous de faire la croisière classique au
départ de la Martinique. Un jour de repos pour tout le monde sur
la plage dont notre skipper a gardé un souvenir douloureux et
urticant pendant 5 jours puisqu’il s’est fait dévorer les jambes
par les « iens iens ». Ces petites bêtes noires de la taille
d’une tête d’épingle vous piquent des pieds aux genoux si bien
que notre pauvre Frédy a du prendre des médicaments
antistaminiques et des calmants pour en supporter les
démangeaisons. Après avoir fêté le 24 décembre avec nos amis
navigateurs sur la plage de Ste-Anne nous avons donc mis le cap
sur les Grenadines. Sainte Lucie où le tourisme s’est beaucoup
développé, surtout à Rodney Bay. Saint Vincent toujours la même,
verdoyante et peu construite. Mustique et son mythique Basil
bar, où Deborah n’avait d’yeux que pour Hugh Grant et les deux
frères eux pour Liz Hurley. Cette île est toujours aussi
exclusive, propre et interdite au tourisme de masse. Les bateaux
de plus de 20 personnes n’ont pas le droit d’aborder. Les Tobago
Cays sont une réserve marine avec ses tortues, ses poissons et
ses nombreux récifs, une eau claire et bleue turquoise à 27°.
Mayerau, sa plage carte postale et un bar rasta très typique.
Puis nous avons fêté Nouvel an a Bequia, langouste grillée, et
tarte au citron vert et avons dansé une bonne partie de la nuit
sur une musique reggae endiablée. Le lendemain, nous avons
assisté à une régate extraordinaire. En effet, des modèles
réduits de voilier d’environ 2 mètres de long disputaient une
manche acharnée. La particularité est que chaque voilier est
suivi par un bateau à moteur et que pour chaque changement de
cap un homme plonge pour faire la manœuvre.
Puis
l’heure de la reprise a sonné pour les actifs, retour au froid
pour retrouver le chemin du bureau, les moments de rêves dans
des décors de cartes postales ont une fin, mais ce n’est que
partie remise. Puis pour nous, reprise de la vie de retraités,
non que dis-je, action, décisions, administration, nous vivons à
200 à l’heure et c’est un peu le stress, mais je ne vous en
dirai pas plus, c’est une surprise. A suivre ! |
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20.12.07
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Tempêtes,
vagues scélérates, avaries graves, collisions avec des OFNI
(Objets Flottants Non Identifiés), si c’est ce genre d’aventure
qui vous intéresse, alors ce n’est pas dans ce récit que vous
pouvez les lire. Notre traversée, hé bien, il n’y a presque rien
à raconter, quelques grains avec un peu de pluie et le vent qui
fraichit, de temps à autre une vague plus haute que les autres,
des petites réparations diverses, une collision avec un sac
plastique qui s’est pris dans le safran et dans l’hélice, c’est
cela le quotidien en grande traversée.
Revenons
au départ le 23 novembre à la Gomera, nous avons pris avec nous
un jeune équipier Belge qui cherchait un embarquement pour les
Antilles. Après discussion avec lui, nous décidons de
l’embarquer, ce qui facilite l’organisation des veilles.
François a une certaine expérience de la voile, et très vite
s’intègre à notre bord avec discrétion et efficacité. Puis la
vie quotidienne s’est peu à peu mise en place, les gestes de
tous les jours sont souvent difficiles ou acrobatiques. Servir
un repas sans que l’assiette ou sont contenu ne finisse sur le
plancher ou ailleurs, garder un intérieur propre et agréable
n’est pas toujours facile et même souvent pénible, un grand
bravo à Chantal qui est devenue une véritable experte en la
matière. A côte de cela la manœuvre d’un voilier au large n’a
rien de compliqué, il y a assez d’eau autour pour faire les
manœuvres tranquillement et surtout un voilier, contrairement à
son équipage, est conçu pour çà. Après une semaine, quand les
produits frais s’épuisent, nous commençons à pêcher, et de suite
les prises sont suffisantes pour nous assurer un repas. Les
dorades sont débitées en filets, et apprêtées de différentes
manières, à la poêle, au four ou à la Tahitienne (cru au citron
et aux épices). La douche devient de jour en jour plus agréable,
car à 15° nord l’eau a une température de 25°, un régal. Tous
les jours Chantal écrit des mails ou des SMS à la famille, aux
amis à terre et téléphone avec des bateaux amis qui ont la même
destination que nous. Le téléphone Iridium est vraiment très
bien, il y a toujours du réseau et une facilité d’utilisation
qui est appréciable. Certains matins nous trouvons sur le pont
quelques exocets (pas le missile, le poisson volant), même que
François lors d’un quart de nuit en a pris un en pleine tête. La
bibliothèque du bord est mise à contribution, car le temps pour
lire ne manque pas. Ce sont ces petits événements quotidiens
avec les changements d’heures tous les 15° de longitude qui
rythment nos journées. La seule chose qui est toujours
semblable, qui est de jour en jour plus insupportable car on ne
s’habitue jamais, on le subit, c’est le roulis. Ce roulis
typique du vent arrière, dont l’amplitude se modifie en fonction
de la hauteur des vagues et qui ne s’arrête jamais, qui nous use
et nous fatigue. C’est une année exceptionnelle, car l’alizé a
soufflé très fort, pour les 6 derniers jours force 6 établi,
localement 7 avec les vagues qui vont avec, soit 3 mètres et 5
pour les plus grosses, dont une qui s’est précipitée a
l’intérieur par un hublot resté ouvert. En navigation les oublis
et les erreurs se payent contant ! L’eau s’est bien in filtrée
partout à l’arrière, sans oublier les coffres et leur contenu.
Partout partout, partout, résultats les habits, les draps, le
matelas, enfin tout est trempé et n’arrivera pas à sécher avant
d’être lavés à l’eau douce, donc les derniers jours furent
humides et partout pendaient des effets salés. Micromégas s’est
transformé en bateau lavoir. Nous sommes arrivés au Marin en
Martinique le 15 décembre après avoir parcouru 2'939 milles avec
une moyenne de 5,5 nœuds. Puis arrive le temps du nettoyage et
de la maintenance, car c’est grâce au suivi et à la bonne
préparation que nous n’avons eu aucun problème.
Chantal
est particulièrement fatiguée, mais avec l’arrivée de ses fils
pour Noël, cela ira sûrement mieux. De l’avis de tous les
navigateurs, la transat 2007 fut largement hors moyenne, ventée
et agitée, donc éprouvante et pénible pour les bateaux et
surtout pour les équipages.
Quelques
remarques et ajouts de la mousse
Pour moi
le grand jour du départ a commencé par un passage à la jolie
église de la Gomera pour allumer quelques cierges qui nous
protègeront tout au long de ces quelques semaines de pures
inconscience et folie. Clin d’œil à ma maman. Les églises
espagnoles sont très modernes, car les cierges sont
électroniques. C’est 20 centimes par cierge et dès que tu mets
par ex. EUR 1.- il y a 5 bougies qui s’allument. Ne croyez pas
que l’on peut tricher, car elles sont bien réglées. et 30 cent
n’allumera pas 2 bougies, ou 1 1/2 mais 1 seule. Bien fait pour
les tricheurs. Ensuite j’ai pris le temps d’appeler David et
Alexandre, c’est peut-être la dernière fois qu’ils m’entendent !
Et puis je suis retournée au bateau et ai préparé le premier
repas du soir, un gratin de choux fleurs. Je réalise que pour
Frédy et François, le jeune homme qui nous accompagne c’est un
des rêves de leur vie que de traverser et que ce n’est pas tout
à fait pareil pour moi. Cela deviendra un bon souvenir
peut-être, mais pour le moment c’est une réalité spéciale.
Comment se
passent mes journées. Lever tôt le matin pour préparer les
petits déjeuners le 1er à 7h30 et le 2ème
à 8h00, vaisselle et « ménage », mise en place lunch pour midi,
vaisselle à l’eau de mer bien sur, et thé à 16h00, apéro à 17h00
et repas du soir vers 18h00 à 20h, je suis KO et vais me coucher
et n’ai pas dormi pendant les 15 premières nuits car je n’avais
pas apprivoisé les bruits de toute sorte qui m’effrayaient et me
faisaient mal pour Micromégas. J’ai trouvé un truc qui m’aide,
ce sont les boules quiès, mais je dois avouer que je les perds
très vite. Je suis d'ailleurs à la recherche d'une d’entre
elles, je ne crois pas l'avoir prise pour un bout de chocolat et
mangée dans mon sommeil. Qui le sait? Comme quand on est en mer
longtemps et que la fatigue s'installe il n'est pas exclu
d'halluciner! C'est possible que çà m'arrive. J'entends
d'ailleurs à tout moment des voix.
La pêche
mord bien, pour ce soir 2 daurades au four. Elle nous occupe
bien, chaque fois que nous pêchons pour tuer le poisson et lui
taper dessus, le sang gicle de partout et ensuite il faut
nettoyer à l'éponge et frotter avec l'eau de mer, bien sur, car
nous économisons l'eau douce. Imaginez-vous la couleur des
linges de vaisselle! Pour celui que Frédy a pêché il y a 5
minutes nous l'avons tué à l'alcool fort de marc et c'est
radical sans souffrance et sans sang.
Faire une
traversée est le bon moyen pour affiner sa taille et perdre des
kilos, car nous bougeons beaucoup en nous agrippant et je
n’arrive pas toujours à manger. De plus, vues les pilules contre
l'anxiété, je ne bois plus d'alcool, sinon j'ai mal à la tête,
donc cette croisière est en plus désintoxiquante!!
L'eau de
la mer à la moitié du trajet a 25,5°, ce qui est tout à fait
agréable pour la douche du jour ! Nous n’allons pas directement
dans l’eau, car les vagues sont trop hautes et dangereuses, mais
nous arrosons à l’aide d’une écope (méthode un peu rustique,
c’est çà la vie à bord en traversée !) et quel bonheur de sentir
cette eau chaude glisser sur le corps chauffé par le soleil et
tant secoué par les mouvements brusques du bateau.
Un oiseau
brun et blanc assez petit nous suit depuis ce matin et fait
plusieurs essais pour se reposer sur le mât du bateau, mais il
n’est peut-être pas habitué au roulis du bateau donc manque le
mât et doit redonner un gros coup d’ailes pour s’envoler et
revenir de plus belle. Nos autres compagnons sont les dauphins
et 4 cargos croisés au loin.
Nos amis
MILO ONE sont à une journée d’avance sur nous et LISTYA à
quelques jours derrière nous. Quel plaisir de s’entendre chaque
jour et se tenir au courant de comment se passe la vie à bord.
Une
traversée est une épreuve d’endurance et à ce moment-là
Micromégas n’est plus un yacht de plaisance. |
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20.11.07 |
San
Sébastian de la Gomera, c’est de cette petite ville, capitale de
l’île, que nous allons partir pour la grande traversée.
Le Port
est plein, de nombreux bateaux sont amarrés les uns aux autres,
toutes les places disponibles sont occupées, grâce à la
gentillesse des employés du port tout se passe bien. A peine
sommes nous arrivés, les préparatifs commencent, laver et
nettoyer le bateau de la cale au pont. Le tuyau est mis en
place, les brosses, les éponges et le savon sorti, et c’est
l’accident, Chantal se blesse au pied en s’enfonçant un taquet
d’amarrage entre les doigts de pied Le diagnostic pausé et la
décision est prise, avec l’aide de nos amis Stéphanie et Yann,
de recoudre sur place. Merci à ces deux professionnels pour leur
précieuse aide. Les deux points de sutures seront enlevés
pendant la traversée. Ensuite il faut compléter l’avitaillement,
faire la lessive et écrire nos mails. Le skipper oublie que la
mousse se triture l’esprit depuis plus d’un mois pour prendre
cette décision fatale de l’accompagner. C’est beau l’amour !! La
rencontre et les bons tuyaux de Jean-Claude Fleuret de
l’association « mille sabords » nous ont fait grand plaisir.
Puis nous avons loué une voiture pour la journée, avons gravi
les pentes escarpées de cette île. Le relief est tel qu’il n’y a
pas de route côtière, la route principale est construite sur le
bord du cratère à la limite du parc national qui est classé
patrimoine mondial par l’UNESCO. Ce qui étonne le plus c’est la
grande variété des espèces végétales qui sont totalement
différentes de Tenerife, pourtant pas très éloignée. Le tourisme
est également très différent, c’est essentiellement des
randonneurs et des amoureux de la nature en majorité Allemand,
c’est leur destination « bio ».
Nous avons
visité six îles des huit que compte l’archipel des Canaries, des
plus ou moins peuplées, préservées, construites, vertes ou
sèches. Leur seul point commun, elles sont volcaniques, avec un
climat agréable et assez constant. Ce sont des îles fraîches
avec un soleil chaud, cette définition résume bien leur climat.
Pendant 3
semaines vous n’aurez plus rien à lire et cela vous donnera du
temps pour vous tenir les pouces pour nous qui seront perdus
seuls au milieu de cet immense océan avec 2'720 milles d’eau
devant l’étrave. |
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07.11.07 |
Après une
navigation tranquille le long de Fuerteventura, une île très
semblable à Lanzarote, nous sommes arrivés à Morro Jable, le
dernier port au sud. Et la, après une soirée tranquille, la
surprise de minuit, 45 nœuds de vent dans le port ! Le ponton
sur lequel nous sommes amarrés est fixé par des chaînes qui font
des couinements de fin de monde et on ose à peine penser au
maillon faible. C’est finalement vers la fin de l’après midi,
profitant d’une accalmie que nous pouvons appareiller avec
l’aide de nos voisins qui tournent le bateau face au vent afin
de pouvoir sortir avec le moteur et naviguer par une belle nuit
jusqu'à Las Palmas sur Grande Canarie. Bonjour le stress pour
entrer de nuit dans un port où les feux de navigation se mêlent
aux lumières de la ville et pour trouver l’entrée minuscule du
port de plaisance entouré de digues en roches noires.
Las Palmas
est un énorme port de commerce en activité jour et nuit, avec un
mouillage et une plage entre deux ports de plaisance. L’eau y
est étonnement propre et le mouillage relativement confortable,
nous y retrouvons beaucoup de voyageurs. Tous les bateaux font
escale ici, car dans une grande ville industrielle c’est facile
de trouver toutes sortes de pièces pour nos chers bateaux.
Grande Canarie est l’île la plus peuplée de l’archipel, avec un
million d’habitants, ce qui représente la moitié de la
population des Canaries. Un soir nous avons le plaisir de
recevoir Akio, notre ami japonais qui a perdu un bras en pêchant
au Japon il y a plus de 20 ans. Il arrive à notre bord avec une
barquette de petites sardines séchées et une bouteille de vin
blanc et nous fait la surprise de nous préparer le repas. Nous
lui proposons toutes sortes de casseroles et poêles, et non, il
en met un petit tas directement sur le brûleur à gaz et les
tourne avec deux fourchettes a fondue, qu’il tient par le bas en
se brûlant les doigts, car ce ne sont pas les baguettes
japonaises dont il a l’habitude. La fumée, l’odeur et l’état du
réchaud font partie de nos moments inoubliables.
Puis les
premiers bateaux de la saison, dont AZUKI de Félix et Monique,
quittent les Canaries pour les îles du Cap Vert. Nous, de notre
côté, nous accueillons avec bonheur Elisabeth, une amie
d’enfance de Chantal, pour mettre le cap sur Santa Cruz de
Tenerife. La traversée est un peu musclée, vagues de 2 mètres et
plus, vent de travers. C’est une première pour Elisabeth, elle
est courageuse et le mal de mer fut vite oublié dès que nous
sommes arrivés au port. Heureusement que la mousse a une fois
encore été parfaite et s’en est bien occupée. Notre amie s’est
très bien et vite faite à la vie sur un bateau et pourra la
prochaine fois, être sans autre la 2ème mousse. La
visite de Tenerife vaut vraiment la peine, traverser les
magnifiques forêts de pin de la partie nord ouest de l’île pour
monter jusqu’au Teide qui culmine a 3'718 mètres est un vrai
enchantement. Quant à la côte sud ouest avec ses plages et ses
villes touristiques elle n’est pas intéressante. Certains
endroits ont une conception des années 50 quand le tourisme
débutait dans l’île.
Ici à
Santa Cruz nous profitons de faire quelques achats de conserves
et de boissons en vue de la traversée, qui risque d’être
joyeuse, car il y avait une action de bière et nous avons acheté
plus de 100 cannettes ! Un contrôle et un entretien du bateau
est également en cours, rien de grave, seulement la routine,
vidange moteur, graissages divers, contrôles du gréement et
mille petites choses à réparer et à améliorer, normal sur un
bateau. Chantal profite de la ville, coiffeur etc … et fait les
boutiques pour acheter les décorations et les cadeaux de Noël.
En un mot, les joies d’une grande ville. |
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18.10.07 |
Balade
dans un barbecue, cela pourrait être le résumé de la visite de
Lanzarote, et la viande grillée, essentiellement des Anglais et
des Allemands. Trêve de plaisanterie, c’est une île volcanique
et très sèche, 150 à 200 millimètres de pluie par année, ce qui
explique que les coulées de lave de la dernière éruption de 1730
sont encore noires et que rien ne pousse. Le vent souffle
pendant 10 mois par an du nord est, ce qui influence le paysage
et la manière de vivre. Par exemple la culture de la vigne,
chaque plan de malvoisie est enraciné dans la terre, puis
recouvert de cendres volcaniques qui évitent l’évaporation et un
muret en demi cercle, haut de 40 à 50 centimètres est construit
pour le protéger du vent. Les habitants vivent en majorité à
Arrecife ville principale de l’île et les touristes sont dans
des cités fabriquées de toutes pièces et servis par des sud
américains. Grâce à un architecte célèbre installé sur l’île,
César Manrique, toutes les constructions doivent répondre à des
critères d’intégration, ce qui a permis d’éviter les horreurs de
20 étages et autres constructions hideuses. Certaines de ces
réalisations sont vraiment des visites à ne pas manquer, entre
autre sa maison personnelle qui est devenue le siège de la
fondation Manrique.
Nous avons
eu le grand plaisir de recevoir David et Alexandre. Ils sont
venus pour fêter les 30 ans de David et constater de visu l’état
de leur maman, qu’ils ont trouvée reposée, détendue, bien
bronzée et bien sûre très heureuse de les revoir et de vivre
avec eux de grands moments de bonheur pendant 4 jours. Ce fut
une bonne préparation à leur venue à Noël dans les Caraïbes.
Nous nous sommes arrêtés quelques jours à la marina Rubicon qui
se situe au sud de l’île. C’est un endroit touristique, sans
aucune personnalité, avec des prix adaptés au pouvoir d’achat
des touristes, en un mot sans aucun intérêt si ce n’est faire le
plein d’eau et laver le linge. Maintenant, cap sur Fuerteventura
qui n’est que 6 milles au sud. |
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06.10.07 |
Fin
septembre, la saison avance, il est temps de mettre un peu de
sud dans notre cap. Dès que la bonne météo est là nous partons.
Le 28 septembre nous quittons Madère, les conditions de cette
traversée étaient idéales, 8 à 15 nœuds de vent par le travers,
de quoi avoir une bonne vitesse et du confort, grâce à une mer
plate, un régal. Et la pleine lune et les étoiles et les
baleines et les dauphins … et sans lexotanil pour la mousse !
Les repas se passent mieux grâce aux pizzas et aux tortellinis
achetés tout prêts, des trucs à manger d’une seule main, l’autre
étant réservée pour se tenir. Eh ! Oui, même à table le vieil
adage « une main pour l’homme et une main pour le bateau » reste
valable. Au matin de la deuxième nuit, la côte volcanique de
Lanzarote, typique avec ses cônes noirs est sortie de l’horizon.
Dans le courant de la journée nous avons atterri sur l’île de
Graciosa. C’est une réserve naturelle séparée de Lanzarote par
un bras de mer appelé « El Rio », il y a un petit village, qui
ressemble à un de ces villages de western, qui se passent à la
frontière Mexicaine. Toutes les maisons sont peintes en blanc
avec des volets bleus, les rues ne sont pas goudronnées et luxe
suprême, il n’y a pas de voiture et autres engins motorisés.
Caleta del Sebo, c’est le nom de ce petit village charmant de
600 habitants qui a aussi un port de pêche, pas un de ces ports
de pêche industrielle qui vide les océans, mais des petits
artisans pêcheurs. Deux pontons sont réservés à la plaisance, et
tout se fait, comme dans le reste de l’île, avec calme,
gentillesse et courtoisie. Le paysage de Graciosa est aride et
minéral, une grande variété de roches et de sable de toutes les
couleurs lui donnent un aspect de début du monde. Ses côtes très
découpées avec une eau limpide et cristalline sont très
poissonneuses mais d’un accès difficile pour la baignade. |
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27.09.07 |
Le jardin
de l’Atlantique, c’est sans nul doute l’île de Madère. Avec ses
pics volcaniques qui culminent a 1'800 mètres, ses pentes
abruptes ou les madériens ont péniblement construit des
terrasses pour la culture. Les pluies quotidiennes sur les
hauteurs, le climat tempéré toute l’année et la richesse du sol
volcanique permettent d’avoir une variété de fruits et de
légumes incroyable. Les terrasses des vignes ressemblent aux
parchets du coteau de Lavaux, le système d’irrigation, les «levadas »
taillées contre les falaises sont identiques aux « bisses » des
vallées du Valais et un des cépages cultivé est le Malmsey qui
n’est autre que la Malvoisie. L’île compte 300'000 habitants et
une communauté très importante de madériens vit en Afrique du
Sud et au Venezuela, car dans les années 50 il y avait une forte
émigration due à la pauvreté, problème aujourd’hui résolut grâce
aux investissements de l’UE. Par exemple, il y a 15 ans il
fallait 2 jours en voiture pour faire le tour de l’île,
maintenant, avec la construction des voies rapides et plus de
100 tunnels, 6 heures suffisent. Plusieurs ports de plaisance
ont été construits comme Quinta de Lorde où nous sommes amarrés.
Le port de commerce est en partie transféré de Funchal à Caniçal,
çà bouge de partout. Funchal, la capitale, est une ville qui
s’est étendue sur les coteaux environnants, le centre historique
est propre et bien soigné, il est une escale prisée des
paquebots, des voyageurs et également de la mini transat 6,50.
Nous avons rencontré Hervé et Jacques, les 2 suisses concurrents
de la course et leur avons souhaité bonne chance pour l’étape
suivante qui va les mener à Bahia, au Brésil. Le téléphérique
flambant neuf qui mène les touristes à Monte et au jardin
botanique, offre une vue imprenable sur la rade et un vertige
fou à la mousse. De là une descente en traditionnel traîneau
d’osier est une attraction touristique sympathique et bien
onéreuse, puisqu’ils demandent EUR 25.-- par personne pour une
descente.
Nous
apprécions la longue étape de Madère, malgré un port un peu
impersonnel mais avec des gens gentils et serviables. Les
visites par toutes les routes de l’île en voiture, les
randonnées à pied dans les multiples sentiers et les quelques
visites de villages contribuent largement au charme du lieu et à
notre bien être. Nous avons de la peine à ne rien faire et
trouvons à peine le temps de nous reposer. Nous sommes surement
sur le bon chemin pour trouver le rythme de voyageur, mais ce
n’est pas encore çà. Dire qu’il faut apprendre à être à la
retraite, c’est un comble !
Dans 2
jours, nouvelle traversée en vue, mais cette fois 2 jours et 2
nuits et avec la pleine lune en prime, cela me paraît
réjouissant. A voir ? Rendez-vous aux Canaries. |
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21.09.07 |
L’arrivée
a Porto Santo, aux deux pontons réservés pour les bateaux de
passage, nous change de l’accueil des marinas Espagnoles. Ici
tout se fait avec gentillesse et courtoisie, l’employé qui nous
a donné la place et aidé à nous amarrer, nous a parlé, à notre
grande surprise, en français avec un accent Vaudois. Il nous a
expliqué qu’il a travaillé à la verrerie de Saint-Prex. Puis
nous devions nous annoncer aux douanes et à l’administration du
port. En effet le Portugal contrôle strictement l’arrivée des
bateaux sur les îles de l’Atlantique, car elles sont la
frontière occidentale de l’union européenne. Mais ce formalités
sont vite réglées, notre douanier parlait parfaitement le
français, l’anglais et l’espagnol, nous avons même sympathisé
avec lui. Le même soir, à la fête de Christophe Colomb, nous le
rencontrons et discutons avec lui autour de quelques bières,
c’est là, à notre grande surprise, qu’il nous invite pour le
lendemain, chez lui, pour une délicieuse soupe de poissons. Car
lors de son seul jour de congé hebdomadaire, il va à la pêche,
et c’est avec fierté et gentillesse qu’il nous a régalé. Cet
homme divorcé vit avec son fils et a du plaisir de rencontrer
des gens d’ailleurs, car l’île ne compte que 5'000 habitants
qu’il connaît en grande partie étant né ici.
Nous avons
loué un scooter pour visiter l’île, et avons parcouru toutes les
routes existantes, qui sont très bien entretenues. Porto Santo
développe fortement son tourisme, ils ont un aéroport moderne
avec une piste assez longue pour les gros porteurs et un golf
qui fait une immense tache verte dans le paysage aride des
alentours. Quelques hôtels existent déjà et d’autres sont en
projet, quant au village de Vila Baleira, en fait la seule
localité de l’île, elle est propre et bien entretenue avec
beaucoup de maisons rénovées ou neuves. |
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15.09.07
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La
traversée selon Chantal
Ca y est,
nous sommes entrain de traverser pendant 5 jours et 4 nuits.de
Cadiz à Madeira. Je vous avoue que je me trouve très courageuse
et que quand le soir est bien là, que tout est noir, je me
prends mon lexotanil et il m’aide bien. Un verre de vin ou 2
serait peut-être mieux, mais dangereux, car je dois pouvoir
aider mon skipper en tout temps et donc avoir la tête claire et
les mouvements aussi. Je regardais ce matin mes fesses et mes
cuisses, elles sont remplies de bleus à force de me cramponner
et de me cogner. Frédy a également de la corne dans les mains en
se tenant avec force où il peut. La nuit est noire de chez noire
et tu ne vois que les étoiles quand le ciel est clair sans gros
nuages noirs et parfois au loin les lumière d'énormes cargos que
nous croisons.. Notre « merveille », l’instrument qui repère les
radars de loin nous siffle à temps pour les éviter, sauf la
première nuit, Frédy a du mettre le moteur en marche pour
l’éviter, car ils nous voient mais ne changent pas de cap. Mais
la mer est bien souvent très belle et fascinante en même temps.
La mer est belle et parfois bien agitée avec de la houle et des
vagues de 2 m au minimum. La force du vent oscille entre 3et 5
avec rafales à 6, nous naviguons entre 5,5 et 6,5 nd, ca va
assez vite, même parfois trop vite à mon goût, et je vous passe
des bruits que j'entends. Après 2 jours j’ai trouvé un excellent
remède, la musique et je me régale et n’écoute plus autant tout
les bruits parfois effrayants.
Hier, nous
n'avons vu ni cargo ni rien de rien que la mer, le soleil et la
pluie. De faire une traversée à 2 est une belle expérience, mais
difficile car s'il arrive quelque chose à Frédy c'est l'horreur
pour moi. Soyons positifs et surtout prudents et tout ira au
mieux.
Nous
avions envie de manger un poisson tout frais de la mer, et Frédy
a donc sorti sa canne à pêche et après quelques minutes il avait
une bonne pression sur sa ligne. Branlebas de combat, je diminue
la voilure pour que le bateau aille moins vite et Frédy a ramené
sa pêche qui nous a fait hurler de rire, car un poisson il y
avait bien un, mais il n'en restait que la tête, les branchies
et les boyaux, un requin l'a attrapé au passage, le lendemain
rebelotte et cette fois c’est un morceau de plastique.
La 2ème
nuit fut un peu meilleure que la 1ère, nous avons pu dormir et
nous lever toutes les 20 minutes pour contrôler le tout alors
que la 1ère nuit nous n'avons pas fermé l’œil. J’étais tellement
angoissée que je ne quittais pas mon skipper et je restais même
assise à côté de lui pendant qu’il se reposait avec mes habits,
mon gilet de sauvetage et ma lumière frontale afin d’être prête
à tout !!! Nous allons devenir meilleurs chaque nuit. La 1ère
nuit, nous étions prêt à 17h30, avions mangé, déjà lavé nos
dents et étions là à attendre avec les gilets de sauvetage bien
accrochés à notre corps et nous attendions de voir ce qu'il
allait arriver. C'était long et con. Les nuits suivantes on dort
un peu plus mais la mer reste agitée et on se fait bousculer de
tous les côtés. Cette nuit je vous écris. Notre « merveille »
nous siffle quand il reçoit un signal radar aux environs, et
notre « poule » réveil de cuisine, nous sonne toutes les 20
minutes. J’oubliais encore « l’électricien » l’hydro générateur,
qui lui assure que le courant rentre en se laissant traîner
derrière le bateau nous tient compagnie en sifflotant. C'est de
la navigation de plaisance n'oublions pas!
Les
journées sont bien occupées, navigation observation de la mer,
cuisine, rangement, rêveries, lectures, mes grandes et longues
prières à tous les dieux qui nous protègent et les @mails, qui
sont mon seul point de rattache à la terre ferme et mon contact
avec vous tous qui me manquez..
Quant aux
repas, parlons en, ils sont un film à eux-mêmes. Nous nous
asseyons l’un à côté de l’autre, comme 2 petits vieux, à la
table du carré du côté ou`l’on est sensé de moins gîter.
L’argenterie, le cristal et la porcelaine restent dans les
cartons. 2 sets super antiglisse, chacun 1 bol en plastique, 1
cuillère ou peut-être une fourchette. Le premier assis a pour
mission b de surveiller les objets pendant que je jongle avec
les casseroles. Ah j’oubliais de parler du verre de vin servi
lui dans un verre en plastique solide, 1 seul verre pour 2 car
pendant qu’un boit sa gorgée, l’autre tient le reste d’une main
ferme. Bien évidemment que le premier verre a fait un vol plané
sur les coussins jaunes, et le lendemain ce fut une cuillère de
paëlla bien tachante. Résultat, tu peux soit boire, soit manger,
mais pas les 2 en même temps. On se dirait parfois un peu au
cirque. C’est en tout cas très romantique ces repas côte à côte
chacun accroché à son bol et faisant croire à l’autre qu’il se
régale ! Encore un joli côté de la navigation de plaisance. Je
sens que nous allons nous améliorer au fil du temps et apprendre
à nous organiser e t à vivre à bord de façon agréable.
Demain
nous serons normalement sur terre ferme, saurons-nous encore
marcher!! Ce qui est sur c'est que je vais rester 1 heure sous
une bonne douche peut-être chaude au port et nous irons manger
au restaurant dans une assiette en porcelaine et boire un verre
sans mouvement. Nous resterons en tout cas 10j. à Madère en
vacances. !!!
Encore
juste un petit secret, je souhaite bien avoir enfin mérité mon
permis mer. Le skipper me signera t-il « enfin » ma feuille de
milles ?
La
traversée selon Frédy
Cadiz est
bâtie sur une presque île, son vieux centre nous donne un avant
gout de la Havane, des ruelles étroites et une imposante
cathédrale. Ce fut la ville de départ de Christophe Colomb pour
sa traversée et également la notre en ce dimanche matin du 9
septembre. La météo est bonne pour les prochains jours, vent du
nord donc pour nous vent de travers.
Voyager
cela s’apprend comme je l’ai déjà dit, la navigation hauturière
également et ce n’est pas toujours facile. Vent de travers,
vagues de travers et les gestes simples de la vie quotidienne
vont aussi de travers, l’assiette qui se vide sur la table, la
fourchette qui nous saute sur les genoux, le verre de vin
projeté sur les coussins et la tasse de café, qui sournoisement,
essaie de vous casser les dents et profite pour répandre le café
sur le t-shirt. La douche devient une véritable prouesse, la
brosse à dents a tendance à vous élargir la bouche et l’eau du
lavabo se vide au premier coup de roulis. C’est lors de ces
moments de vie quotidienne que je repensais à Akio, le japonais
infirme, que nous avons rencontré à Gibraltar. Le bateau lui va
bien, il avance à une bonne vitesse et il est facile a
manœuvrer, oui car lui est conçu pour cela ! Ensuite il y a les
nuits, pas une ou l’on peut ne pas dormir, mais quatre et il est
indispensable de s’organiser, c’est la première qui est la plus
difficile, car Chantal n’avait aucune expérience, donc je ne
savais pas comment m’organiser au mieux et en plus nous étions
sur des routes commerciales avec un très fort trafic de cargos
divers. Pendant la troisième et quatrième nuit, nous n’avons
plus vu un seul cargo ni autre navire et nous avons dormi
presque normalement. C’est dans la journée du 13 septembre que
nous sommes arrivés a Porto Santo après avoir parcouru 555
milles a la vitesse moyenne de 5.2 nœuds.
L’archipel
de Madeira est composé des îles de Madère et Porto Santo qui
sont habitées et les îles Desertas et Selvagens qui sont des
réserves naturelles inhabitées toutes les autres îles sont des
gros rochers sans intérêt. Le jour de notre arrivée, il y avait
une grande fête pour commémorer le mariage de Christophe Colomb,
qui a habité à Porto Santo.
Maintenant Chantal est expérimentée et fiable, elle assure
parfaitement la veille. Pour notre prochaine traversée, les
assiettes seront remplacées par des bols en plastique et les
nuits seront mieux organisées. |
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07.09.07 |
Un beau
cadeau d’anniversaire, le passage du détroit de Gibraltar, en
effet le matin du 31 août nous sommes partis dans de bonnes
conditions de vent, 3 bf Est. Nous avons slalomé dans le
mouillage entre les cargos, pétroliers et autres mastodontes de
la mer pour gagner le détroit. Nous avons navigué le long de la
côte nord en faisant attention de ne pas nous approcher des
rails de trafic des navires de commerces. Puis nous avons très
vite aperçu le phare de Tarifa qui marque la fin du détroit.
Tarifa et la Costa de Luz qui s’étend au Nord en direction de
Cadiz, est parsemée sur mer de planches à voiles, spot
internationalement connu, et sur les reliefs de centaines
d’éoliennes, vues du large avec un vent medium c’est assez
surprenant, mais s’approcher de la côte l’est encore plus. En
effet il y a des accélérations de vent incroyables. Par exemple,
pour l’entrée dans le port de Barbate, sur les derniers milles,
le vent est subitement monté à 45 nœuds, force 8, un enfer pour
la manœuvre dans le port. Ma courageuse mousse a survécu cette
épreuve avec stoïcisme, il a fallut un bon repas d’anniversaire
pour la remettre d’aplomb et surtout qu’elle retrouve la
confiance en elle pour ressortir du port le lendemain, avec
encore autant de vent, bravo Chantal ! Barbate n’a aucun
intérêt, c’est un port de pêche comme beaucoup d’autres, mais
c’est la seule étape entre Gibraltar et Cadiz. La seule chose
qui nous a surprise, à part le vent, c’est un terrain vague avec
des centaines de vieilles ancres, voilà si vous en voulez une
dans votre jardin vous savez ou l’acheter, elle doit peser 500kg
au minimum.
Après une
journée de navigation nous sommes arrivés dans la baie de Cadiz,
même phénomène de vent, 40 nœuds dans la baie, et nous avons
trouvé un bon mouillage devant Puerto Sherry. Et l’attente des
bonnes conditions de vent commence, dès que l’alizé Portugais
sera établi, nous traverserons sur Madère. Chantal profite de
cet arrêt pour se remettre de ses émotions et se préparer aux
prochaines car elle a une certaine appréhension, pour cette
traversée de 550 milles, soit 5 jours et nuits. Elle est très
inquiète surtout que c’est une première pour elle.
Nous
profitons de visiter la région. Séville est une ville splendide,
soignée, le berceau du célèbre Flamenco avec une histoire riche,
et les environs sont agricoles grâce aux canaux d’irrigations
alimentés par le Guadalquivir. Jerez a de nombreuses bodegas qui
produisent le fameux sherry et d’autres vins de dessert, que
nous avons dégusté avec intérêt. Cadiz est encore sur notre
liste des sites à découvrir un de ces jours prochains. |
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29.08.07 |
Ouf !!!
Enfin, après avoir parcouru 1'111,1 milles nautiques dont 101
heures au moteur, nous sommes arrivés à Gibraltar. Nous avons
mouillé dans les eaux Espagnoles à la Linea, endroit
confortable, bien abrité, avec de la place sur un fond de bonne
tenue au milieu de beaucoup d’autres voyageurs. En effet il y a
des Anglais, un Allemand, un Tchèque, un Polonais et un
Japonais, ce dernier fait un tour du monde en solitaire et ceci
malgré son handicap, il lui manque un bras, c’est a peine
croyable qu’il puisse manœuvrer ainsi.
Nous avons
renoncé au confort relatif des marinas de Gibraltar, qui sont
toutes au milieu de la ville, dans le bruit et la poussière des
chantiers environnants. Alors pour la visite de la ville nous
nous sommes joints au flux des frontaliers Espagnols qui chaque
matin passent la frontière pour monter dans le bus 3 qui va
directement au centre. Le premier feu de circulation, règle le
passage de la piste de l’aéroport, car les voitures et les
piétons doivent traverser cette dernière et le feu passe
seulement au rouge lors du passage d’un avion. La ville est une
relique militaire du XIXème siècle, passablement vieillie et mal
entretenue. Son déclin a commencé à la fin de la seconde guerre
mondiale. Ce ne sont pas les constructions nouvelles,
d’immeubles administratifs qui peuvent cacher ou changer le
cours de l’histoire. Nous avons évidement pris le téléphérique
pour nous conduire au sommet du rocher, un Von Roll (swiss
made), installé il y a fort longtemps. Nous avons eu bien peur
que se ne soit sa dernière course. La station sommitale est
impersonnelle et aussi vétuste que le reste, sa cafétéria sert
de la nourriture anglaise hors de prix, mais le point de vue
depuis ses terrasses est vraiment impressionnant puisque l’on
distingue même les montagnes du Rif Marocain. Le sommet est
peuplé de singes qui sont partout, sur les terrasses, les
barrières, les toits et les buissons. Ils sont très peu
farouches et chapardeurs, la nourriture ne leur échappe pas. Et
maintenant nous attendons que le vent veuille enfin souffler
dans le bon sens afin que nous puissions passer ce fameux
détroit, fort impressionnant par le nombre d’énormes cargos qui
y passent. Nous nous sentons vraiment Micro à côté de ses Megas
monstres. Ou serons-nous pour fêter l’anniversaire du skipper
,le 31 août ? Ce qui est certain c’est que nous le fêterons en
famille avec Félix et Monique. |
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25.08.07 |
La Costa
de Sol est interminable, un paysage sec avec en arrière plan la
Sierra Nevada dont quelques sommets culminent à plus de 3’000
mètres. Le littoral ressemble par moments à la côte Lémanique au
mois de janvier, les plastiques des serres donnent l’impression
d’un paysage enneigé. Et puis toujours les mêmes urbanisations,
les mêmes ports et la même mentalité des gens. Chaque fois que
nous demandons une place dans un port privé, c’est la même
réponse, « complet » mais il nous reste une place de 30 mètres !
Évidement ils sont toujours prêts à encaisser 400 ou 500 € pour
une nuit. Alors il reste les ports de commerce ou les
plaisanciers sont soit tolérés comme à Garrucha, soit rejetés
comme à Malaga. Puis il y a des petits ports publiques avec des
tarifs raisonnables, 20 € la nuit, ces ports sont souvent des
ports de pêche qui ont cédé une partie pour la plaisance. Tous
ces endroits ont quelques inconvénients, la houle qui rentre,
des odeurs de poissons en décomposition, de la poussière et des
rats, un trafic nocturne intense ou une discothèque qui ferme à
6 heures du matin, alors il est un peu difficile de bien se
reposer. Nous avons navigué plusieurs jours en compagnie de
Monique et Félix. C’est sympa de pouvoir partager toutes ces
petites misères et de recevoir de Félix des encouragements par
VHF quand la mer est un peu trop formée ou qu’il y a trop de
vent aux goûts de la « mousse ». Costa de Sol, côte du soleil en
espagnol, nous a souvent montré un ciel gris avec des nuages bas
et même quelques petites averses ce qui est rare dans la région.
Quand deux bateaux Suisses se retrouvent à Marbella sous la
pluie, que font-ils ? Oui, vous avez deviné, ils mangent une
bonne fondue Gerber !
Toujours cap au sud nous nous dirigeons vers la Mar Menor, vaste
lagune accessible par un canal nommé Tomas Mestre. La
particularité de ce canal est qu’il y a un pont routier qui le
traverse et que ce pont levant ouvre plusieurs fois par jour. Le
seul problème est que personne ne sait à quelle heure et pour
combien de temps il s’ouvre. La VHF me direz vous, c’est comme
dans chaque port, 9 fois sur 10 personne ne répond et la dixième
fois la réponse est en Espagnol et tellement rapide que personne
ne comprend. Pour l’entrée nous avons eu de la chance, en
entrant dans le chenal le pont se lève et nous nous mettons dans
la file des nombreux bateaux qui font la même chose. La Mar
Menor est profonde de 6 mètres au maximum et de ce fait a une
eau à 32° et de nombreuses possibilités de mouillage sur un fond
de bonne tenue, le seul hic ! c’est que vue la température de
l’eau, c’est infesté, oui je dis bien infesté de méduses, au
point que toutes les plages de la lagune sont protégées par des
filets. Alors nous voilà, pauvres navigateurs, à être réduits à
prendre notre annexe et aller comme tous le monde à la plage.
Mais la petite station balnéaire d’Alcazares est familiale et
sympathique. C’est là que nous avons passé le 15 août, jour de
l’Assomption qui est comme dans toutes les régions catholiques
férié. Ici les gens sont fidèles à la tradition et c’est la
fête, qui commence évidement par une messe et continue en fin
d’après midi par une grande procession. Tout le clergé
accompagné de leurs fidèles paroissiens qui portent la vierge y
participe. Pas moins de douze hommes sont nécessaires pour
porter la gigantesque statue et sa somptueuse décoration florale
blanche. Toute cette fête est rythmée par des pétards tout au
long de la journée, puis dès la tombée de la nuit par un feu
d’artifice. A la fin de celui-ci la vierge regagne l’église par
bateau et c’est là en pleine nuit que se forme la procession
nautique, toutes les embarcations du port et les bateaux de
passage en font partie.
Le jour du départ nous nous mettons au quai d’attente du canal.
Après une discussion avec les gens de la marina et du restaurant
voisin, nous apprenons que le pont est en panne et qu’il sera
réparé quand ils auront décidé qui de la ville voisine, de la
commune ou d’une autre administration est compétant et doit
payer. Mais le pont sera certainement réparé « magnana »,
donc, en langage clair, on n’en sait rien. La journée passe et
puis soudain, sans avertissement, le pont se lève, c’est
l’effervescence sur le quai d’attente, chacun saute dans son
bateau, met le moteur en marche et largue les amarres, c’est la
cohue, tous se précipitent dans le canal et beaucoup arrivent à
passer. Oui, nous l’apprendrons plus tard, ce n’était qu’un
essai et personne ne devait passer.
Viva
España ! |
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12.08.07 |
Mon frère est parti pour la
traversée sur le continent, et nous nous sommes partis en bus
pour visiter Ibiza. Une ville, avec son bruit et sa circulation
infernale, sans grand intérêt, mis a part la vieille ville et ses
remparts qui surplombent le port. Après une tranquille navigation
nous arrivons sur la petite île d'Esplanador qui fait partie du
parc protégé de Formentera. Là, le garde du parc nous informe
que dès l'année prochaine toutes les bouées seront à réserver
par internet et payantes. Cette nouveauté sera appliquée dans
toutes les îles des Baléares et a pour but de limiter le nombre de
bateaux et à faire mieux apprécier ces mouillages! Bref, "la
pompe à fric" ibérique n'est pas prête de s'arrêter, mais le
mouillage était quand même sympathique et confortable, eau à 28°
et sable blanc très fin. Puis nous aussi nous partons pour le
continent, une traversée tout au portant, 70 milles en 12
heures, une très belle navigation. Nous sommes arrivés à la
longitude 000' 00,00 et avons passé la nuit dans la "Greeenwich
Marina" qui n'est autre qu'un des endroits sur construit et
moche de la Costa Blanca. Sur chaque petit bout de falaise
d'énormes tours de toutes les formes, hauteurs et de différents
styles s'agrippent les unes aux autres. Nous avons parfois
l'impression d'entrer dans New York, et ceci le long de toute la
côte. En fin de journée, nous déplorons le spectacle très coloré
des linges de plages multicolores pendus aux fenêtres. Nous
cherchons désespérément un endroit abrité pour passer quelques
jours dans la nature, mais les conditions météorologiques du
vent de sud ouest nous obligent à faire escale à Alicante dans
un port confortable, sans luxe tapageur et situé au milieu de la
ville. Ouf! Nous n'y sommes arrivés qu' à 22h30, après avoir
fait 6 heures de navigation et avoir été ballottés pendant les 2
dernières heures par une forte houle, car aucun autre port
n'avait de place pour nous et nous nous sommes faits chaque fois
mettre dehors comme des malpropres. Il faut réserver quelques
jours à l'avance, ce qui nous pose problème car c'est le vent
qui nous dirige et pas les réservations faites 4 à 5 jours
d'avance. |
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05.08.07 |
Ibiza, aussi
dégradée que les autres îles des Baléares, mais avec en prime
une faune qui court les "rave", qui confond le jour et la nuit,
qui se promène en ville dans des tenues de plages, en chemise de
nuit ou très extravagantes (mais supersexy). Ces jeunes boivent des bières mélangées avec des alcools forts
à
toutes heures, louent leurs accessoires à prix d'or, ceux pour
débiles blasés, je veux parler des quads et des jet skis. Toutes
ces personnes ont un point commun, ils parlent anglais, car des
espagnols il n'y en a point, ou peut-être quelques rares
serveurs d'un resto branché qui vous sert des "fish and chips".
Frédy oublie bien de dire que malgré toutes ses critiques, il
s'est fait très plaisir en admirant de haut en bas et de bas en
haut ces ravissantes créatures dans les rues pendant que moi je
n'avais qu'à rêver à mes 20 ans!!!
Dans la rade de Sant Antoni de Portmany, les yachts au mouillage
sont nombreux, mais les canots moteurs, les parachutes
ascensionnels et autres engins bruyants, encore plus.
Nous avons la joie de retrouver
mon frère Félix et son épouse Monique qui sont là à
bord de leur catamaran AZUKI. Eux aussi font un voyage de
longue durée. |
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01.08.07 |
Majorque, l'île de
Georges Sand et de Fréderic Chopin, mais cela a bien, ou plutôt
mal changé depuis. Car ce couple célèbre le soir de son arrivée
sur l'île a du dormir chez le consul de France, car à cette époque
il n'avait pas d'hôtel! Inutile de vous dire qu'
ils y ont remédié depuis, car elle est actuellement sur construite et
çà continue. Nous nous dirigeons vers Soller sur la côte nord de
l'île, qui fut une ancienne place forte à l'abri des pirates, port
utilisé pour le chargement des agrumes à destination de la France. Le
port de Soller et la ville sont distants de trois kilomètres et
reliés par un tramway du XIXème siècle qui est très pittoresque.
Arrivés à Soller, nous avons pris le train,
construit à la même époque, pour Palma où nous avons
passé la journée et visité la ville faite de petites ruelles
pavées et toutes différentes les unes des autres et leurs
constructions hétéroclites, sans oublier la
célèbre et incontournable cathédrale construite en 1300 sur les ruines d'une
mosquée démolie par les Espagnols. Le voyage en train nous a
permis de découvrir l'intérieur du pays et de passer à travers
les vergers, les plantations d'oliviers, d'amandiers et de
citronniers. Dire que les citrons pourrissent sur les arbres,
car la main d'œuvre est trop onéreuse pour les cueillir et que
le manque d'eau empêche les oliviers de donner des fruits!
Quant à la
navigation, la Méditerranée est fidèle à elle-même, un jour au
moteur par calme plat et le lendemain force 5-6 bf avec des
vagues de 2 mètres qui ont beaucoup impressionné la mousse, puis le surlendemain de la houle et on
recommence. Frédy oublie d'écrire que malgré ma rapidité, une
jolie vague est entrée par le hublot de la cuisine. Super le
nettoyage, après ces émotions, et à la fin de la journée, le
bateau ressemblait plus à un souk qu'autre chose, car il y a
toujours quelque chose qui fait un vol plané lors d'une vague
déferlante ou d'un départ au lof. Le skipper, attaché avec son
harnais, n'a pas eu le droit et le temps de quitter un seul
instant la barre.
Malgré tout nous faisons du chemin, après notre
escale d'Andraitx nous sommes partis pour Ibiza. Tous les jours
nous réglons les multiples petits problèmes du bateau, un petit
faux contact à réparer, un petit grincement à lubrifier et une
grosse fuite sur la cuve fécale avec une odeur tenace en prime.
La lessive est aussi une corvée du voyageur, trouver un salon
lavoir à un prix abordable n'est pas toujours simple. A Mahon,
par exemple, pour 10 kg de linge ils demandent 55 €. A ce prix
j'ai posé la question si ceci est le prix d'achat de la machine? Le tas de
linge est finalement lavé a Soller. J'allais oublié, Chantal a décoré le bateau pour le 1er août,
fête nationale oblige! |
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31.07.07 |
Ouf! départ de
Minorque avec l'hélice d'origine. Le mécanicien Monsieur Antonio Ponseti est honnête et compétant il nous a remorqué
à la grue
pendant que la police du port dormait! L'hélice est rapidement
changée et le bateau remis à l'eau, malgré l'arrogance et la
malhonnêteté du jeune grutier. Mais bon, c'est le charme de
l'Espagne, il n'y a qu'un nom à retenir a Ciutadella, NAUTICA
PONSETI, le reste on oublie. |
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28.07.07 |
Minorque une très
belle île avec de nombreuses calas qu'il faut bien choisir en
fonction du vent, car ces mouillages paradisiaques, pour la
Méditerranée, deviennent très vite intenables à cause du roulis.
Mais commençons par le début, Fornells où nous avons assisté à
la fête de Saint Antoine. Toutes les rues sont pavoisées pour
l'occasion et la place centrale est couverte de sable et une
estrade y est dressée. Le soir venu, les autorités accompagnées
d'une fanfare prennent place sur cette dernière. Le publique
envahit la place et c'est à ce moment que des cavaliers en
tenues d'apparat sur leur magnifiques étalons noirs minorquais
traversent la foule, vont saluer les autorités puis les
cavaliers font pointer les chevaux. Ces étalons pointent au
milieu des spectateurs qui essayent de les effrayer en faisant
des gestes autour d'eux et crient. Ce spectacle accompagné par la fanfare est non seulement
esthétique mais aussi surprenant, car il n'y a aucun blessé. Ces
chevaux et leur cavaliers sont spécialement entrainés pour cet
événement. Le curé du village fait également partie des
cavaliers! C'est après cette fête que nos deux invités,
Alexandre et Deborah, nous quittent, leurs vacances ont une fin.
Ils nous manquent bien, car furent des invités bien agréables et
actifs. Alexandre a bien secondé le skipper dans la mise en
marche des divers appareils, les manœuvres et la réparation de
l'annexe qui avait déjà un trou après la première utilisation!
ainsi qu'à la cuisine.
Notre voyage se
poursuit par Addaya, Es Grao, Mahon la capitale de l'île, cala
en Porter et son étonnant bar dancing dans la falaise, cala Mitjana et cala Turqueta pour leur décor naturel,
falaises abruptes, forêts de pins, sable fin blanc, eau à
28°, transparente et turquoise, et, pour
terminer le tour de l'île, arrivée a Ciudadella. C'est une
petite ville pittoresque
située au fond d'une profonde et étroite cala avec une
navigation commerciale infernale. C'est là, au fond du port, que
nous avons notre première avarie, le bateau ne bouge plus ni en
avant ni en arrière! Nous nous mettons, avec l'aide de la police
du port sur la première place venue et le reste de la journée se
passe à attendre, attendre et attendre. Après la sieste, sacrée pour un Espagnol, la
police revient nous dire que nous allons être remorqué sur une
place du Club Nautico, encore deux heures d'attente. Puis nous
faisons la connaissance des pirates locaux, oui cela existe
encore, et en plus, complices avec la police du port. Ils nous
remorquent sur deux cents mètres pour la modique somme de 150 €.
Nous arrivons sur un ponton flottant sans eau et sans
électricité qui ne coûte que 35 € par jour! Dans le courant de
la soirée le mécanicien arrive, lui a première vue, ce n'est pas
un pirate, on verra avec la facture! il parle le français et nous organise le grutage du bateau pour lundi midi, puis le
problème devrait être résolu, c'est vraisemblablement l'hélice
et j'ai une hélice de
rechange à bord. Il ne pourra donc pas m'en vendre une! |
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18.07.07 |
En route pour les
Baléares avec Alexandre et Deborah. Une traversée! une première
pour Chantal et nos deux équipiers, tous sont curieux, avec un
peu d'appréhension quand même, de passer leur première nuit en
mer. La météo est favorable 3-4 bf Nord tournant Est pour la
journée et mollissant pour la nuit. C'est effectivement ce que
nous avons eu, une magnifique journée de voile et une nuit au
moteur. Heureusement peut-être, car les premières heures de
veille, pour le duo inexpérimenté de la mère et de son fils,
sont très stressantes à l'affût de chaque bruit et chaque signe
de vie dans la nuit noire. Etoiles filantes, bateaux de pêcheurs
vus très vite mais qui sont, tout compte fait, encore très loin,
des points verts dans l'eau qui ne sont que du plancton
fluorescent et non pas des bougies flottantes, des fusées vertes
à côté de nous qui ne sont que des merveilleux dauphins venus
nous souhaiter une bonne nuit en paradant. Au petit matin à
l'approche de Minorque, nous mettons une ligne de traîne à l'eau
et quelques minutes plus tard une magnifique bonite de 2,5 kilos
est attrapée et découpée en filets. Imaginez-vous l'état du
cockpit pendant que Frédy a préparé sa prise! Les chachimis de
midi et le steak du soir sont assurés, quel festin . Ce premier
poisson pêché est accompagné d'une excellente bouteille de blanc
et dégusté au mouillage dans la baie de Fornells. |
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16.07.07 |
Chaque marin a son
cap Horn quelques part dans sa mémoire, cap qui lui rappel
fatigue, froid, peur ou angoisse mais heureusement rarement tout
à la foi. Celui de Frédy c'est le cap La Hague en Normandie, il
y a trois ou quatre ans sur un bateau du CCS. Celui de Chantal
nous venons de le passer, c'est le cap Creus, une avancée des
Pyrénées sur la mer qui marque la frontière géographique entre
la France et l'Espagne. Ce cap nous l'avons atteint au près par
25 nœuds de vent et une mer formée. Le vielle adage, deux fois
la distance, trois fois le temps et quatre fois la peine s'est,
comme à chaque fois, révélé juste. De Port Vendre au cap Creus
il n'y a que 15 milles mais la journée fut bien remplie et le
repos à Rosas bien mérité. |
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11.07.07 |
C'est le grand
jour du départ.
Pour de l'action nous sommes servis,
tous les jours du vent de 4 à 6 beaufort et un froid inhabituel
pour la saison, donc navigation en polaire. Mais après une
longue côte inintéressante nous voilà dans un endroit superbe,
Port Vendre. Un port sympa au fond d'une calanque entre
Collioure et Banyuls, connu pour les peintres qui y ont
séjourné et le second pour ses excellents vins. C'est aussi cela
la magie de la navigation.
Le skipper est
particulièrement content et fière de sa "mousse" qui s'amarine
très bien dans ces conditions musclées. |
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07.07.07 |
C'est la fête, une
belle fête, une fête avec beaucoup d'émotions, une fête comme on
se les imagine, avec du beau temps, des bons plats et des bons
vins et surtout la présence de nos enfants et de nos proches.
Mais avant cette apothéose, dix jours de travail, de stress et
d'angoisse pour tout ranger dans le bateau qui est subitement
"micro". Nous repensons également à la visite surprise de notre
ami "biker" Ralph et de sa compagne Nadia. Nous repensons à
cette soirée du CCS sur la Neptune, oui oui sur le lac, ou
Hervé, le capitaine du groupe Genève nous a réservé une
surprise. Hervé, nous profitons de te remercier encore, toi et
ton comité pour cet inoubliable cadeau. Nous saluons également
Szolte, Tamara et leur fils qui sont entrain de préparer le même
projet que nous. Nous leur disons: courage tout finira par
trouver une place.
Un tout tout grand
merci, adressé spécialement à nos enfants, à Marylaure, pour son
discours plein de tendresse, vous pourrez d'ailleurs le lire
tout prochainement, à David, Alexandre et Deborah toujours
présents pour nous donner un coup de main quand il le faut.
Et maintenant "dès
que le vent tournera" comme dit la chanson, nous allons passer
des émotions à la navigation et à l'action, cap à l'ouest. |
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Avril 2007 |
Micromégas a fait la première étape du voyage sur un camion par
la route. Il a quitté le chantier naval Léman Plaisance à Messery pour arriver à Port Camargue et
est confié aux bons soins de la Société
Sillage. C'est de ce port que débutera notre voyage, après les
derniers travaux de préparation. |
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2003 le rêve |
Prends le temps
d'aimer...
C'est le secret
de l'éternelle jeunesse !
Prends le temps
de lire...
C'est la source
du savoir !
Prends le temps
d'écouter...
C'est la force
de l'intelligence !
Prends le temps
de penser...
C'est la clef de
la réussite !
Prends le temps
de jouer...
C'est la
fraîcheur de l'enfance !
Prends le temps
de rêver...
C'est un souffle
de bonheur !
Prends le temps
de pleurer...
C'est l'émotion
d'un grand cœur !
Prends le temps de vivre...
Car
le temps passe vite
Et
ne revient jamais |
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