18.05.08

 

Les îles du nord sont un peu différentes du reste des petites Antilles. Saint Barthélemy, fait partie du département de la Guadeloupe tout comme Saint Martin. A St.-Barth, toute l’activité se passe autour du port de Gustavia, ce nom rappelle le passé Suédois de cette île. Les belles villas sont la règle, pas de constructions hors normes réservées à quelques rares milliardaires, mais des maisons à taille humaine, faites dans de beaux matériaux et intégrées au paysage. Les commerces de Gustavia, que des très beaux magasins avec des produits de grandes marques, semblables à toutes les grandes villes du monde. Les petites maisons en bois de diverses couleurs en font toute la différence. Quel charme ! Le port est souvent inconfortable à cause du ressac et le mouillage, bondé en saison, est très rouleur.

L’île Fourchue, française également, est une réserve naturelle et son mouillage est équipé de bousées. Nous nous amarrons à l’une d’elle, et après que le skipper ait plongé pour tout contrôler, comme d’hab., nous dormons tranquillement, mais vers une heure du matin l’alarme de mouillage du GPS nous sort brusquement du lit. Une amarre bien usée du mouillage a cédé. Frédy n’a pas pu le voir. Le bateau dérive en direction du large, au risque de toucher un autre au passage, heureusement il n’y avait que huit nœuds de vent et une mer calme. Moteurs en marche, un autre mouillage est trouvé à la lumière de notre projecteur. Mettre l’alarme, même avec un mouillage en apparence sûr, nous a certainement évité un gros problème, grâce à ma mousse qui insiste toujours pour qu’elle soit enclenchée.

Sint Maarten, la partie Hollandaise de l’île, avec un statut entrain d’être changé, est très Américanisée. Le dollar US a supplanté le Florin. Il y a beaucoup de voitures, de motos et de camions de fabrication US, les sirènes de la police font le même bruit que dans les films américains, les restaurants sont médiocres et la population obèse. L’activité principale est le tourisme, Américain, qui arrive avec les paquebots pour faire des achats dans la rue de Philipsburg. Les bijoux, les montres et l’électronique de loisir sont vendus hors taxes à des prix vraiment attractifs. La dernière semaine d’avril est aussi la semaine de carnaval, qui marque la fin de la saison touristique. Ici le carnaval est très différent des pays catholiques qui le fêtent en février, il n’y a pas cet esprit de contestation et de critique, ni de dimension satirique. C’est simplement la fête, des costumes et des défilés comme dans une parade techno, les gens suivent des camions chargés d’enceintes sonores qui déversent la musique, avec beaucoup de basses et surtout très fort, dur à supporter pour mon skipper qui avance, dans la foule en se bouchant les oreilles.

Saint Martin avec comme localité principale Marigot, qui a complètement changé en quelques années, avec la construction d’une marina et l’aménagement du front de mer qui est assez réussi. Le premier restaurant ouvert sur l’île en 1969 est toujours là avec sa patronne, Madame Claude Pont, de St Luc en Valais, dont le superbe buffet antillais est très réputé. Grand Case avec sa rue principale où se trouvent les meilleurs restaurants de toutes les Antilles face à la superbe baie. Il faut dire que toutes les belles plages se trouvent du côté français, ce qui explique un autre tourisme que dans la partie hollandaise.

Saba et Statia (Saint Eustache) sont aussi des îles hollandaises, la première est un paradis pour les plongeurs et les pêcheurs mais presque impossible de s’arrêter avec un voilier, la seconde est la zone industrielle avec un gigantesque terminal pétrolier. Donc nous ne nous sommes arrêtés ni dans l’une ni dans l’autre.

Nevis et St Kitts, ex colonie britannique, maintenant indépendante, ont un certain charme et . Basseterre, la capitale, avec ses maisons proprettes et colorées, est une escale pour les paquebots, la rade roule à l’extrême et elle n’est donc pas très accueillante pour les bateaux de plaisance, mais c’est un passage obligatoire pour les formalités. Les mouillages au sud sont simplement exceptionnels. C’est la première fois que nous sommes seuls dans un endroit superbe avec de l’eau claire, calme. Il y a quelques belles plongées à faire sur les récifs proches du mouillage et même une épave par trois mètres de fond.

Montserrat, est l’île sinistrée. De multiples cyclones ont affaibli son tourisme naissant et l’éruption volcanique de 1997 a rendu la moitié de l’île inhabitable et l’a achevé. Les 4'000 habitants qui restent sont très accueillants et plein de projets d’avenir, le plus important est de reconstruire une capitale à Little Bay avec un port. L’aéroport est déjà reconstruit à un nouvel emplacement. Nous avons fait le tour de l’île avec Joe Philips, un excellant guide, qui nous a bien expliqué l’histoire de l’éruption. La vue y est parfois apocalyptique.

Pour ce qui est de la navigation, les alizés sont faibles et de sud-est, ce qui nous oblige souvent de nous aider un peu des moteurs. Avoir deux moteurs, c’est doubler les problèmes, oui, car non seulement nous nous sommes pris des bouées de pêcheurs dans le moteur tribord et en plus notre propre ligne de pêche dans le bâbord ! Que c’est agréable de voir le skipper plonger sous le bateau, pour couper les bouts pris dans l’hélice, au milieu de l’océan, je vous assure que ce n’est pas du tout stressant pour la mousse !

30.04.08

Nous avons eu la joie de rencontrer Daniel et Eliane Rossier avec une partie du CCS groupe Genève à Pointe à Pitre d’où ils sont partis pour une croisière avec des bateaux de location. Nous les avons retrouvé à Antigua et avons partagé un repas à notre bord avec tout l’équipage de Daniel, avec qui nous avons beaucoup ri. Le lendemain ils ont mis le cap sur les Saintes,

et nous, nous avons pris notre temps pour visiter ce pays composé de deux îles, Antigua 65'000 habitants et Barbuda qui n’a que 1'500 habitants. Ex îles Britanniques indépendantes depuis 1981, elles se sont essentiellement tournées vers le tourisme, avec comme événement principal la « classic week » suivie de « l’Antigua week », deux semaines uniques pour le monde de la voile. Car voir régater des « classes J » et autres bateaux du XIX et du début du XXème siècle est un spectacle unique et grandiose, dans un cadre qui ne l’est pas moins. English Harbour, une ancienne base navale de l’Amiral Nelson. Puis la deuxième semaine place au XXIème siècle, règne du carbone, du kevlar et autres fibres composites, ce sont les bateaux de courses actuelles. Mais attention, il y a aussi du rêve, des œuvres d’art moderne, je veux parler des « Wally », un design Italien aux lignes épurées, à vous couper le souffle. Antigua c’est aussi des mouillages superbes comme Nonsuch Bay et Green Island, où il est agréable de se mettre à l’ancre quelques jours dans une eau limpide, chaude, dans un cadre verdoyant et très tranquille.

A 30 milles au nord c’est la carte postale, le sable blanc, une eau turquoise, quelques cocotiers et un hôtel de luxe avec son aérodrome privé, oui, nous sommes à Barbuda. Cette île est corallienne, toute plate, son plus haut sommet culmine à 60 mètres et tous ses habitants vivent à Codrington. Nous ne y sommes pas restés longtemps car le vent du SE faisait rentrer une houle désagréable dans les plus beaux mouillages de l’île, Cocoa Bay et Low Bay. Après avoir fait nos formalités de sortie a Codrington, long et un peu compliqué, mais avec le sourire et la gentillesse des fonctionnaires, nous avons mis le cap sur St Barthélemy. Une traversée avec très peu de vent, mais la pêche fut bonne. Deux thons en quelques minutes. Quel sport, car chacun avait sa ligne et chacun son poisson. Du côté de la mousse c’était plutôt la panique car il se débattait et elle n’ose pas le sortir de l’eau. Un grand coup de manivelle de winch sur le thon de Frédy qui peut sauter au secours de Chantal. Quelques minutes après nous étions à table avec un bon petit coup de blanc entrain de les déguster, l’un cru et l’autre passé au four en papillote. Un vrai régal.

10.04.08

 

Pour changer un peu, nous cédons la plume à nos invités qui sont venus nous rejoindre pour les vacances de Pâques. 

Retrouvailles aux Antilles

Le ferry, reliant Point à Pitre (Guadeloupe) aux Saintes, n’avait pas encore accosté que nous apercevions déjà nos deux aventuriers, Chantal et Frédy, nous saluant depuis leur nouveau bateau avec des gestes vigoureux et chaleureux. À peine avions-nous posé pied-à-terre, que Frédy et Chantal nous rejoignirent avec leur annexe pour nous amener sur Micromégas II. Notre première impression (confirmée par la suite !!!), c’est que nos deux navigateurs avaient tous deux rajeuni. Plus minces, bronzés, détendus et resplendissants de vie, nos deux marins s’étaient visiblement bien remis de leur traversée de l’Atlantique. Quant au bateau, nous fûmes impressionnés par l’espace spacieux, l’aménagement luxueux (avec la touche esthétique inimitable de Chantal) et les équipements techniques.

Le bateau visité, l’apéro partagé, les rires et les récits de part et d’autre échangés, nous fêtâmes nos retrouvailles en enfourchant des scooters pour visiter l’île des Saintes. Cette virée improvisée inaugurait bien notre croisière, car nous voir les quatre casqués sur des scooters oranges vifs en train de dévaler les chemins des Saintes pour être, en fin d’après-midi, bloqués par les processions du Vendredi Saint… (oui, oui, cela ne s’invente pas !) vaut la peine ! On vous assure. En tout cas si Chantal met des photos sur le site, ne manquez pas cet épisode.

Combien d’autres histoires pourrions-nous relater !!! Car, dans cette croisière, tout fut réuni : le soleil (avec de brèves pluies pour rincer le bateau), la chaleur, le vent avec quelques grains pour mettre à l’épreuve l’équipage chevronné (des rafales sous le vent de la Guadeloupe jusqu’à 40 nœuds), des soucis avec un des moteurs (que Frédy résoudra après notre départ), une mer entre 25° et 30° et surtout une ambiance du tonnerre.

Une navigation où l’équipage s’est laissé « porter » par ce merveilleux catamaran des Saintes à la Dominique à la Guadeloupe, à Marie-Galante pour débarquer à la Guadeloupe. Micromégas II est magnifique. Bravo à Chantal et Frédy d’avoir eu l’audace de faire ce choix judicieux et le courage de changer de bateau. Cette solution est heureuse. Chantal, avec son talent dans les aménagements, a fait de Micromégas II un “boat sweet boat” où il fait bon vivre et Frédy, avec ce catamaran qui peut aisément avancer à 10 nœuds, comble son sens marin.

Nos navigations, nos excursions en scooters, à pied, en voiture, en bateau à rames (surtout que ce n’était pas nous qui ramions dans la fameuse rivière indienne de la Dominique !), en minibus avec notre guide “Marc le chanteur” ainsi que les bons petits restos ou les repas succulents à bord de Micromégas II (même qu’on s’est régalé avec un poisson pêché par Frédy !) en contemplant des couchers de soleil où l’on croyait sans arrêt voir le rayon vert, resteront gravés à tout jamais dans nos mémoires. Merci ! En tout cas, le banc de dauphins qui a joué avec les étraves de Micromégas II vers Marie-Galante n’était pas une illusion. Les photos en apporteront la preuve !

Et, à Genève, lorsque la grisaille sévit ou la routine nous amollit, nous nous répétons le message que le bateau canadien, mouillé juste à côté de nous dans Prince Rupert Bay de la Dominique, émettait sur sa VHF : « Mal de mer, Mal de mer calling Spaghettis ». Bon, là, seuls les initiés pourront comprendre…

Un grand et chaleureux merci à Chantal et Frédy pour cette exceptionnelle invitation et bon vent pour la suite…

                                                                  Mammad  et  Michèle               

PS. Sommes prêts à réembarquer dans votre “boat sweet boat”, oui ! oui ! 

01.04.08

Déjà un mois depuis nos dernières nouvelles, que le temps passe vite ! Nous avons découvert une belle île, la Dominique, qui est un état indépendant depuis 1978, avec une population de 72'000 habitants dont la capitale est Roseau. La gentillesse de ses habitants et la nature sauvage en font une escale très prisée des paquebots et bien sur des plaisanciers. L’intérieur de l’île est très escarpée et couverte d’une végétation dense et magnifique, avec de nombreuses rivières et des cascades classées par l’UNESCO comme patrimoine mondiale de l’humanité. A part l’escale de Roseau pour les paquebots, cette île ne souffre pas du tourisme de masse comme ses voisines, donc pas d’hôtels et de constructions qui gâchent le paysage. La cause en est simple, il n’y a pas d’aéroport pour des vols long courrier, car le relief ne permet pas de construire une piste assez longue. De ce fait c’est un des états les plus pauvre de la région qui est régulièrement et durement touché par les cyclones, mais la criminalité est insignifiante, les petits larcins sont bien maitrisés par les 450 gendarmes que compte l’île. Ces gendarmes ont une allure très Britannique, uniforme impeccable, pas d’arme, une tenue et une politesse exemplaire.

A une vingtaine de milles au nord se trouvent les Saintes, un petit groupe d’îlets qui fait partie du département de la Guadeloupe. C’est un but d’excursions d’une journée pour les touristes qui sont dans les hôtels de la Guadeloupe, qui se rendent en ferry au village du Bourg. Toute la vie des Saintes est réglée sur les horaires de bateaux, commerces et restaurants ouvrent à l’arrivée du premier et ferment au moment du départ du dernier. C’est également par le ferry que sont arrivés nos amis Michèle et Mammad pour une semaine de croisière à l’occasion des vacances de Pâques. C’est super de retrouver nos amis et de partager des moments de détente sur notre château flottant, et de lire les dernières Tribunes de Genève qu’ils nous apportent fidèlement. Nous avons eu beaucoup de plaisir de retourner à la Dominique avec eux, de naviguer le long de Basse-Terre en Guadeloupe, de visiter les Saintes en scooters, de faire le tour de Marie Galante en voiture. L’escale de Marie Galante vaut vraiment le détour, ou plutôt la remontée contre le vent, car c’est une petite île ronde d’une quinzaine de kilomètres de diamètre, qui est restée authentique et rurale. L’activité principale est bien sur la canne à sucre, récoltée à la main entre février et juillet, période pendant laquelle les sucreries et les distilleries travaillent à fonds. Le sucre produit est envoyé en vrac vers la métropole pour emballage et commercialisation, et revient de France pour être vendu sur les rayons des super marchés de Pointe à Pitre. C’est la mondialisation et le prix du transport trop bon marché !

C’est à Point à Pitre que nos amis nous quittent pour retourner en Suisse, avec plein de beaux souvenirs et du ciel bleu dans la tête. Comme les mauvaises surprises sont vite effacées de nos mémoires, j’oubliais la panne du moteur tribord. En effet l’eau ne sortant plus de l’échappement notre skipper, équipé de sa fidèle lampe frontale est allé immédiatement changer l’impeller. A son grand étonnement, il a retrouvé des tuyaux bouchés par une dizaine de vieilles pâles cassées, qui n’ont jamais été enlevées lors des changements précédents. Et la cuve fécale qui nous a joué le tour d’être pleine, à cause d’une vanne entartrée et qui a fait déborder les toilettes. Nous avons donc également été dans la m… jusqu’aux chevilles. C’est çà aussi le bonheur de naviguer !
02.03.08

C’est l’anniversaire de la mousse à bord de notre nouveau bateau, nous commençons à lentement, mais sûrement nous installer. Ces deux dernières semaines dans les Grenadines avec Marylaure furent notre croisière de test et d’apprentissage, car les automatismes ne sont pas les mêmes que sur un monocoques et avec un nouveau bateau il y a d’inévitables petites réparations, graissages et mises aux points diverses. Mais rassurez-vous le plaisir et la détente furent du voyage, Marylaure a beaucoup apprécié, surtout au mouillage car la navigation sur un catamaran est parfois brutale et les mouvements ne sont pas des tous prévisibles, un peu comme un carrousel. Alors le mal de mer guette, et il faut faire très attention de ne pas se faire projeter, « une main pour soi l’autre pour le bateau » reste valable même sur les multicoques. Heureusement ma mousse adorée a repris goût à la navigation, elle profite de l’espace vital qui lui manquait tant, et qui est incroyable sur le catamaran, elle a même une douche privée avec eau chaude et lumière. Elle apprécie les mouillages où l’on peut enfin dormir sans se faire rouler. Autres grandes joies et surprises pour un fan de « Pirates des Caraïbes » certains décors des scènes tournées a Wallilabou Bay, sont restés en place et sont devenus une attraction. A Cumberland Bay également certains décors sont encore là, mais ici utilisés dans une taverne le « Black Baron » tenue par un couple de Français. Ils sont charmants et leur cuisine est excellente, une escale à ne pas manquer !

Alors encore une bonne semaine de travail sur le bateau au Marin, achat de nouvelles batteries entre autres, réparation du génois qui a été abîmé par une sérieuse rafale à 35 nœuds, vidange du moteur du hors bord, lectures des multiples modes d’emploi des instruments de navigation et des moteurs et ensuite cap au nord pour de nouvelles découvertes.

14.02.08

Pour nos dix ans, déjà dix ans que nous sommes ensemble, que le temps passe !, nous nous sommes offert Micromégas II et avons vendu le premier ici au Marin. Un peu plus de confort en navigation et beaucoup de confort au mouillage, ce catamaran est très bien adapté à notre programme de navigation. De l’espace de vie, de la lumière, une très bonne aération et plus de roulis au mouillage, çà va nous changer la vie ! Changer de bateau loin de chez soi est une aventure à plein temps, des heures passées sur internet pour toute l’administration, au téléphone pour faire bouger les choses, des heures d’attente à la poste pour envoyer des originaux, tout ne peut pas se faire par mail ! Toutes ces démarches en pleine période de carnaval où la vie locale s’arrête, nous vous assurons que ce n’est pas simple, mais nous sommes certains que cela en vaut largement la peine et que nous allons avoir beaucoup de plaisir avec notre nouveau bateau. Le vieil adage « le travail ce n’est pas du plaisir, mais le plaisir c’est beaucoup de travail » nous l’avons vérifié, il est exact.

Le carnaval ici est très populaires, avec des costumes simples faits avec des objets du quotidien, des groupes de musiciens amateurs et la participation de tous les habitants, les parades sont gratuites pour les spectateurs qui deviennent rapidement participants au rythme endiablé des tambours. Ca commence une semaine avant dans tous les villages par l’élection de la reine et de la mini reine, puis vient le week-end de la grande parade, ou toutes les communes avec leurs musiques et leurs reines défilent dans des costumes multicolores, qui symbolisent la vie, la séduction et le mariage. Le mardi gras, le sommet de la fête, les costumes sont rouges, couleur de la passion, puis le mercredi des cendres, la fin de la vie et du carnaval, tous les costumes sont noirs et blancs, la couleur de la mort et du deuil. Jour pendant lequel « vaval » est brûlé. Même les gens qui travaillent respectent ces couleurs, il est courant de voir une caissière de supermarché, un chauffeur de taxi ou un serveur dans un restaurant avec ces signes de fête.

Maintenant que toutes ces festivités sont passées, au travail ! Oui, pour nous aussi, il y a quelques mètres cubes d’affaires personnelles à sortir de Micromégas et à ranger dans Micromégas II. Ce n’est rien d’autre qu’un vrai déménagement, heureusement dans un bateau plus grand et avec l’aide de Marylaure, la fille de Frédy. C’est une affaire rondement menée par la fidèle mousse, je parle de l’organisation, elle est très efficace, comme pour l’administration et les téléphones, elle est très tenace et ne lâche pas prise avant d’avoir atteint le but. Il faut dire que nous sommes tous deux très motivés, un nouveau bateau et un peu de repos dans les îles Grenadines est un perspective réjouissante.

Pour le baptême, et la description de notre nouveau navire, la page bateau sera bientôt mise à jour, alors restez attentif et ne la ratez pas.

20.01.08

A peine arrivés au Marin après cette transat très éprouvante, nous avons eu le grand plaisir et la chance de retrouver notre amie Anick qui nous a reçus comme des rois chez elle dans sa maison qui domine la baie du Marin. Elle nous avait préparé un excellent repas. Apéritif au Ti-punch, poulet boucané, gratin de cristophine, igname, ananas du jardin, un petit shrubb maison, un plongeon dans la piscine et puis dans un vrai lit, un qui ne bouge pas ! Quel bien- être après nous être fait secoués de pars et d’autres sur l’Atlantique de pouvoir dormir tranquille et les 2 ensemble. En quelques jours, nous avons remis le bateau en ordre, refait le plein de nourriture et fait tourner 10 machines à laver le linge !, fait un peu d’entretien sur le bateau et étions prêts pour accueillir nos visiteurs. Merci encore Anick. Noël c’est pour nous aussi une fête de famille, les fils de Chantal, David, Alexandre et son amie Deborah ont fait le voyage. L’occasion pour nous de faire la croisière classique au départ de la Martinique. Un jour de repos pour tout le monde sur la plage dont notre skipper a gardé un souvenir douloureux et urticant pendant 5 jours puisqu’il s’est fait dévorer les jambes par les « iens iens ». Ces petites bêtes noires de la taille d’une tête d’épingle vous piquent des pieds aux genoux si bien que notre pauvre Frédy a du prendre des médicaments antistaminiques et des calmants pour en supporter les démangeaisons. Après avoir fêté le 24 décembre avec nos amis navigateurs sur la plage de Ste-Anne nous avons donc mis le cap sur les Grenadines. Sainte Lucie où le tourisme s’est beaucoup développé, surtout à Rodney Bay. Saint Vincent toujours la même, verdoyante et peu construite. Mustique et son mythique Basil bar, où Deborah n’avait d’yeux que pour Hugh Grant et les deux frères eux pour Liz Hurley. Cette île est toujours aussi exclusive, propre et interdite au tourisme de masse. Les bateaux de plus de 20 personnes n’ont pas le droit d’aborder. Les Tobago Cays sont une réserve marine avec ses tortues, ses poissons et ses nombreux récifs, une eau claire et bleue turquoise à 27°. Mayerau, sa plage carte postale et un bar rasta très typique. Puis nous avons fêté Nouvel an a Bequia, langouste grillée, et tarte au citron vert et avons dansé une bonne partie de la nuit sur une musique reggae endiablée. Le lendemain, nous avons assisté à une régate extraordinaire. En effet, des modèles réduits de voilier d’environ 2 mètres de long disputaient une manche acharnée. La particularité est que chaque voilier est suivi par un bateau à moteur et que pour chaque changement de cap un homme plonge pour faire la manœuvre.

Puis l’heure de la reprise a sonné pour les actifs, retour au froid pour retrouver le chemin du bureau, les moments de rêves dans des décors de cartes postales ont une fin, mais ce n’est que partie remise. Puis pour nous, reprise de la vie de retraités, non que dis-je, action, décisions, administration, nous vivons à 200 à l’heure et c’est un peu le stress, mais je ne vous en dirai pas plus, c’est une surprise. A suivre !

20.12.07

 

Tempêtes, vagues scélérates, avaries graves, collisions avec des OFNI (Objets Flottants Non Identifiés), si c’est ce genre d’aventure qui vous intéresse, alors ce n’est pas dans ce récit que vous pouvez les lire. Notre traversée, hé bien, il n’y a presque rien à raconter, quelques grains avec un peu de pluie et le vent qui fraichit, de temps à autre une vague plus haute que les autres, des petites réparations diverses, une collision avec un sac plastique qui s’est pris dans le safran et dans l’hélice, c’est cela le quotidien en grande traversée.

Revenons au départ le 23 novembre à la Gomera, nous avons pris avec nous un jeune équipier Belge qui cherchait un embarquement pour les Antilles. Après discussion avec lui, nous décidons de l’embarquer, ce qui facilite l’organisation des veilles. François a une certaine expérience de la voile, et très vite s’intègre à notre bord avec discrétion et efficacité. Puis la vie quotidienne s’est peu à peu mise en place, les gestes de tous les jours sont souvent difficiles ou acrobatiques. Servir un repas sans que l’assiette ou sont contenu ne finisse sur le plancher ou ailleurs, garder un intérieur propre et agréable n’est pas toujours facile et même souvent pénible, un grand bravo à Chantal qui est devenue une véritable experte en la matière. A côte de cela la manœuvre d’un voilier au large n’a rien de compliqué, il y a assez d’eau autour pour faire les manœuvres tranquillement et surtout un voilier, contrairement à son équipage, est conçu pour çà. Après une semaine, quand les produits frais s’épuisent, nous commençons à pêcher, et de suite les prises sont suffisantes pour nous assurer un repas. Les dorades sont débitées en filets, et apprêtées de différentes manières, à la poêle, au four ou à la Tahitienne (cru au citron et aux épices). La douche devient de jour en jour plus agréable, car à 15° nord l’eau a une température de 25°, un régal. Tous les jours Chantal écrit des mails ou des SMS à la famille, aux amis à terre et téléphone avec des bateaux amis qui ont la même destination que nous. Le téléphone Iridium est vraiment très bien, il y a toujours du réseau et une facilité d’utilisation qui est appréciable. Certains matins nous trouvons sur le pont quelques exocets (pas le missile, le poisson volant), même que François lors d’un quart de nuit en a pris un en pleine tête. La bibliothèque du bord est mise à contribution, car le temps pour lire ne manque pas. Ce sont ces petits événements quotidiens avec les changements d’heures tous les 15° de longitude qui rythment nos journées. La seule chose qui est toujours semblable, qui est de jour en jour plus insupportable car on ne s’habitue jamais, on le subit, c’est le roulis. Ce roulis typique du vent arrière, dont l’amplitude se modifie en fonction de la hauteur des vagues et qui ne s’arrête jamais, qui nous use et nous fatigue. C’est une année exceptionnelle, car l’alizé a soufflé très fort, pour les 6 derniers jours force 6 établi, localement 7 avec les vagues qui vont avec, soit 3 mètres et 5 pour les plus grosses, dont une qui s’est précipitée a l’intérieur par un hublot resté ouvert. En navigation les oublis et les erreurs se payent contant ! L’eau s’est bien in filtrée partout à l’arrière, sans oublier les coffres et leur contenu. Partout partout, partout, résultats les habits, les draps, le matelas, enfin tout est trempé et n’arrivera pas à sécher avant d’être lavés à l’eau douce, donc les derniers jours furent humides et partout pendaient des effets salés. Micromégas s’est transformé en bateau lavoir. Nous sommes arrivés au Marin en Martinique le 15 décembre après avoir parcouru 2'939 milles avec une moyenne de 5,5 nœuds. Puis arrive le temps du nettoyage et de la maintenance, car c’est grâce au suivi et à la bonne préparation que nous n’avons eu aucun problème.

Chantal est particulièrement fatiguée, mais avec l’arrivée de ses fils pour Noël, cela ira sûrement mieux. De l’avis de tous les navigateurs, la transat 2007 fut largement hors moyenne, ventée et agitée, donc éprouvante et pénible pour les bateaux et surtout pour les équipages. 

Quelques remarques et ajouts de la mousse 

Pour moi le grand jour du départ a commencé par un passage à la jolie église de la Gomera pour allumer quelques cierges qui nous protègeront tout au long de ces quelques semaines de pures inconscience et folie. Clin d’œil à ma maman. Les églises espagnoles sont très modernes, car les cierges sont électroniques. C’est 20 centimes par cierge et dès que tu mets par ex. EUR 1.- il y a 5 bougies qui s’allument. Ne croyez pas que l’on peut tricher, car elles sont bien réglées. et 30 cent n’allumera pas 2 bougies, ou 1 1/2 mais 1 seule. Bien fait pour les tricheurs. Ensuite j’ai pris le temps d’appeler David et Alexandre, c’est peut-être la dernière fois qu’ils m’entendent ! Et puis je suis retournée au bateau et ai préparé le premier repas du soir, un gratin de choux fleurs. Je réalise que pour Frédy et François, le jeune homme qui nous accompagne c’est un des rêves de leur vie que de traverser et que ce n’est pas tout à fait pareil pour moi. Cela deviendra un bon souvenir peut-être, mais pour le moment c’est une réalité spéciale.

Comment se passent mes journées. Lever tôt le matin pour préparer les petits déjeuners le 1er à 7h30 et le 2ème à 8h00, vaisselle et « ménage », mise en place lunch pour midi, vaisselle à l’eau de mer bien sur, et thé à 16h00, apéro à 17h00 et repas du soir vers 18h00 à 20h, je suis KO et vais me coucher et n’ai pas dormi pendant les 15 premières nuits car je n’avais pas apprivoisé les bruits de toute sorte qui m’effrayaient et me faisaient mal pour Micromégas. J’ai trouvé un truc qui m’aide, ce sont les boules quiès, mais je dois avouer que je les perds très vite. Je suis d'ailleurs à la recherche d'une d’entre elles, je ne crois pas l'avoir prise pour un bout de chocolat et mangée dans mon sommeil. Qui le sait? Comme quand on est en mer longtemps et que la fatigue s'installe il n'est pas exclu d'halluciner! C'est possible que çà m'arrive. J'entends d'ailleurs à tout moment des voix.

La pêche mord bien, pour ce soir 2 daurades au four. Elle nous occupe bien, chaque fois que nous pêchons pour tuer le poisson et lui taper dessus, le sang gicle de partout et ensuite il faut nettoyer à l'éponge et frotter avec l'eau de mer, bien sur, car nous économisons l'eau douce. Imaginez-vous la couleur des linges de vaisselle! Pour celui que Frédy a pêché il y a 5 minutes nous l'avons tué à l'alcool fort de marc et c'est radical sans souffrance et sans sang.

Faire une traversée est le bon moyen pour affiner sa taille et perdre des kilos, car nous bougeons beaucoup en nous agrippant et je n’arrive pas toujours à manger. De plus, vues les pilules contre l'anxiété, je ne bois plus d'alcool, sinon j'ai mal à la tête, donc cette croisière est en plus désintoxiquante!!

L'eau de la mer à la moitié du trajet a 25,5°, ce qui est tout à fait agréable pour la douche du jour ! Nous n’allons pas directement dans l’eau, car les vagues sont trop hautes et dangereuses, mais nous arrosons à l’aide d’une écope (méthode un peu rustique, c’est çà la vie à bord en traversée !) et quel bonheur de sentir cette eau chaude glisser sur le corps chauffé par le soleil et tant secoué par les mouvements brusques du bateau.

Un oiseau brun et blanc assez petit nous suit depuis ce matin et fait plusieurs essais pour se reposer sur le mât du bateau, mais il n’est peut-être pas habitué au roulis du bateau donc manque le mât et doit redonner un gros coup d’ailes pour s’envoler et revenir de plus belle. Nos autres compagnons sont les dauphins et 4 cargos croisés au loin.

Nos amis MILO ONE sont à une journée d’avance sur nous et LISTYA à quelques jours derrière nous. Quel plaisir de s’entendre chaque jour et se tenir au courant de comment se passe la vie à bord.

Une traversée est une épreuve d’endurance et à ce moment-là Micromégas n’est plus un yacht de plaisance.

20.11.07

San Sébastian de la Gomera, c’est de cette petite ville, capitale de l’île, que nous allons partir pour la grande traversée.

Le Port est plein, de nombreux bateaux sont amarrés les uns aux autres, toutes les places disponibles sont occupées, grâce à la gentillesse des employés du port tout se passe bien. A peine sommes nous arrivés, les préparatifs commencent, laver et nettoyer le bateau de la cale au pont. Le tuyau est mis en place, les brosses, les éponges et le savon sorti, et c’est l’accident, Chantal se blesse au pied en s’enfonçant un taquet d’amarrage entre les doigts de pied Le diagnostic pausé et la décision est prise, avec l’aide de nos amis Stéphanie et Yann, de recoudre sur place. Merci à ces deux professionnels pour leur précieuse aide. Les deux points de sutures seront enlevés pendant la traversée. Ensuite il faut compléter l’avitaillement, faire la lessive et écrire nos mails. Le skipper oublie que la mousse se triture l’esprit depuis plus d’un mois pour prendre cette décision fatale de l’accompagner. C’est beau l’amour !! La rencontre et les bons tuyaux de Jean-Claude Fleuret de l’association « mille sabords » nous ont fait grand plaisir. Puis nous avons loué une voiture pour la journée, avons gravi les pentes escarpées de cette île. Le relief est tel qu’il n’y a pas de route côtière, la route principale est construite sur le bord du cratère à la limite du parc national qui est classé patrimoine mondial par l’UNESCO. Ce qui étonne le plus c’est la grande variété des espèces végétales qui sont totalement différentes de Tenerife, pourtant pas très éloignée. Le tourisme est également très différent, c’est essentiellement des randonneurs et des amoureux de la nature en majorité Allemand, c’est leur destination « bio ».

Nous avons visité six îles des huit que compte l’archipel des Canaries, des plus ou moins peuplées, préservées, construites, vertes ou sèches. Leur seul point commun, elles sont volcaniques, avec un climat agréable et assez constant. Ce sont des îles fraîches avec un soleil chaud, cette définition résume bien leur climat.

Pendant 3 semaines vous n’aurez plus rien à lire et cela vous donnera du temps pour vous tenir les pouces pour nous qui seront perdus seuls au milieu de cet immense océan avec 2'720 milles d’eau devant l’étrave.

07.11.07

Après une navigation tranquille le long de Fuerteventura, une île très semblable à Lanzarote, nous sommes arrivés à Morro Jable, le dernier port au sud. Et la, après une soirée tranquille, la surprise de minuit, 45 nœuds de vent dans le port ! Le ponton sur lequel nous sommes amarrés est fixé par des chaînes qui font des couinements de fin de monde et on ose à peine penser au maillon faible. C’est finalement vers la fin de l’après midi, profitant d’une accalmie que nous pouvons appareiller avec l’aide de nos voisins qui tournent le bateau face au vent afin de pouvoir sortir avec le moteur et naviguer par une belle nuit jusqu'à Las Palmas sur Grande Canarie. Bonjour le stress pour entrer de nuit dans un port où les feux de navigation se mêlent aux lumières de la ville et pour trouver l’entrée minuscule du port de plaisance entouré de digues en roches noires.

Las Palmas est un énorme port de commerce en activité jour et nuit, avec un mouillage et une plage entre deux ports de plaisance. L’eau y est étonnement propre et le mouillage relativement confortable, nous y retrouvons beaucoup de voyageurs. Tous les bateaux font escale ici, car dans une grande ville industrielle c’est facile de trouver toutes sortes de pièces pour nos chers bateaux. Grande Canarie est l’île la plus peuplée de l’archipel, avec un million d’habitants, ce qui représente la moitié de la population des Canaries. Un soir nous avons le plaisir de recevoir Akio, notre ami japonais qui a perdu un bras en pêchant au Japon il y a plus de 20 ans. Il arrive à notre bord avec une barquette de petites sardines séchées et une bouteille de vin blanc et nous fait la surprise de nous préparer le repas. Nous lui proposons toutes sortes de casseroles et poêles, et non, il en met un petit tas directement sur le brûleur à gaz et les tourne avec deux fourchettes a fondue, qu’il tient par le bas en se brûlant les doigts, car ce ne sont pas les baguettes japonaises dont il a l’habitude. La fumée, l’odeur et l’état du réchaud font partie de nos moments inoubliables.

Puis les premiers bateaux de la saison, dont AZUKI de Félix et Monique, quittent les Canaries pour les îles du Cap Vert. Nous, de notre côté, nous accueillons avec bonheur Elisabeth, une amie d’enfance de Chantal, pour mettre le cap sur Santa Cruz de Tenerife. La traversée est un peu musclée, vagues de 2 mètres et plus, vent de travers. C’est une première pour Elisabeth, elle est courageuse et le mal de mer fut vite oublié dès que nous sommes arrivés au port. Heureusement que la mousse a une fois encore été parfaite et s’en est bien occupée. Notre amie s’est très bien et vite faite à la vie sur un bateau et pourra la prochaine fois, être sans autre la 2ème mousse. La visite de Tenerife vaut vraiment la peine, traverser les magnifiques forêts de pin de la partie nord ouest de l’île pour monter jusqu’au Teide qui culmine a 3'718 mètres est un vrai enchantement. Quant à la côte sud ouest avec ses plages et ses villes touristiques elle n’est pas intéressante. Certains endroits ont une conception des années 50 quand le tourisme débutait dans l’île.

Ici à Santa Cruz nous profitons de faire quelques achats de conserves et de boissons en vue de la traversée, qui risque d’être joyeuse, car il y avait une action de bière et nous avons acheté plus de 100 cannettes ! Un contrôle et un entretien du bateau est également en cours, rien de grave, seulement la routine, vidange moteur, graissages divers, contrôles du gréement et mille petites choses à réparer et à améliorer, normal sur un bateau. Chantal profite de la ville, coiffeur etc … et fait les boutiques pour acheter les décorations et les cadeaux de Noël. En un mot, les joies d’une grande ville.

18.10.07

Balade dans un barbecue, cela pourrait être le résumé de la visite de Lanzarote, et la viande grillée, essentiellement des Anglais et des Allemands. Trêve de plaisanterie, c’est une île volcanique et très sèche, 150 à 200 millimètres de pluie par année, ce qui explique que les coulées de lave de la dernière éruption de 1730 sont encore noires et que rien ne pousse. Le vent souffle pendant 10 mois par an du nord est, ce qui influence le paysage et la manière de vivre. Par exemple la culture de la vigne, chaque plan de malvoisie est enraciné dans la terre, puis recouvert de cendres volcaniques qui évitent l’évaporation et un muret en demi cercle, haut de 40 à 50 centimètres est construit pour le protéger du vent. Les habitants vivent en majorité à Arrecife ville principale de l’île et les touristes sont dans des cités fabriquées de toutes pièces et servis par des sud américains. Grâce à un architecte célèbre installé sur l’île, César Manrique, toutes les constructions doivent répondre à des critères d’intégration, ce qui a permis d’éviter les horreurs de 20 étages et autres constructions hideuses. Certaines de ces réalisations sont vraiment des visites à ne pas manquer, entre autre sa maison personnelle qui est devenue le siège de la fondation Manrique.

Nous avons eu le grand plaisir de recevoir David et Alexandre. Ils sont venus pour fêter les 30 ans de David et constater de visu l’état de leur maman, qu’ils ont trouvée reposée, détendue, bien bronzée et bien sûre très heureuse de les revoir et de vivre avec eux de grands moments de bonheur pendant 4 jours. Ce fut une bonne préparation à leur venue à Noël dans les Caraïbes. Nous nous sommes arrêtés quelques jours à la marina Rubicon qui se situe au sud de l’île. C’est un endroit touristique, sans aucune personnalité, avec des prix adaptés au pouvoir d’achat des touristes, en un mot sans aucun intérêt si ce n’est faire le plein d’eau et laver le linge. Maintenant, cap sur Fuerteventura qui n’est que 6 milles au sud.

06.10.07

Fin septembre, la saison avance, il est temps de mettre un peu de sud dans notre cap. Dès que la bonne météo est là nous partons. Le 28 septembre nous quittons Madère, les conditions de cette traversée étaient idéales, 8 à 15 nœuds de vent par le travers, de quoi avoir une bonne vitesse et du confort, grâce à une mer plate, un régal. Et la pleine lune et les étoiles et les baleines et les dauphins … et sans lexotanil pour la mousse ! Les repas se passent mieux grâce aux pizzas et aux tortellinis achetés tout prêts, des trucs à manger d’une seule main, l’autre étant réservée pour se tenir. Eh ! Oui, même à table le vieil adage « une main pour l’homme et une main pour le bateau » reste valable. Au matin de la deuxième nuit, la côte volcanique de Lanzarote, typique avec ses cônes noirs est sortie de l’horizon. Dans le courant de la journée nous avons atterri sur l’île de Graciosa. C’est une réserve naturelle séparée de Lanzarote par un bras de mer appelé « El Rio », il y a un petit village, qui ressemble à un de ces villages de western, qui se passent à la frontière Mexicaine. Toutes les maisons sont peintes en blanc avec des volets bleus, les rues ne sont pas goudronnées et luxe suprême, il n’y a pas de voiture et autres engins motorisés. Caleta del Sebo, c’est le nom de ce petit village charmant de 600 habitants qui a aussi un port de pêche, pas un de ces ports de pêche industrielle qui vide les océans, mais des petits artisans pêcheurs. Deux pontons sont réservés à la plaisance, et tout se fait, comme dans le reste de l’île, avec calme, gentillesse et courtoisie. Le paysage de Graciosa est aride et minéral, une grande variété de roches et de sable de toutes les couleurs lui donnent un aspect de début du monde. Ses côtes très découpées avec une eau limpide et cristalline sont très poissonneuses mais d’un accès difficile pour la baignade.

27.09.07

Le jardin de l’Atlantique, c’est sans nul doute l’île de Madère. Avec ses pics volcaniques qui culminent a 1'800 mètres, ses pentes abruptes ou les madériens ont péniblement construit des terrasses pour la culture. Les pluies quotidiennes sur les hauteurs, le climat tempéré toute l’année et la richesse du sol volcanique permettent d’avoir une variété de fruits et de légumes incroyable. Les terrasses des vignes ressemblent aux parchets du coteau de Lavaux, le système d’irrigation, les «levadas » taillées contre les falaises sont identiques aux « bisses » des vallées du Valais et un des cépages cultivé est le Malmsey qui n’est autre que la Malvoisie. L’île compte 300'000 habitants et une communauté très importante de madériens vit en Afrique du Sud et au Venezuela, car dans les années 50 il y avait une forte émigration due à la pauvreté, problème aujourd’hui résolut grâce aux investissements de l’UE. Par exemple, il y a 15 ans il fallait 2 jours en voiture pour faire le tour de l’île, maintenant, avec la construction des voies rapides et plus de 100 tunnels, 6 heures suffisent. Plusieurs ports de plaisance ont été construits comme Quinta de Lorde où nous sommes amarrés. Le port de commerce est en partie transféré de Funchal à Caniçal, çà bouge de partout. Funchal, la capitale, est une ville qui s’est étendue sur les coteaux environnants, le centre historique est propre et bien soigné, il est une escale prisée des paquebots, des voyageurs et également de la mini transat 6,50. Nous avons rencontré Hervé et Jacques, les 2 suisses concurrents de la course et leur avons souhaité bonne chance pour l’étape suivante qui va les mener à Bahia, au Brésil. Le téléphérique flambant neuf qui mène les touristes à Monte et au jardin botanique, offre une vue imprenable sur la rade et un vertige fou à la mousse. De là une descente en traditionnel traîneau d’osier est une attraction touristique sympathique et bien onéreuse, puisqu’ils demandent EUR 25.-- par personne pour une descente.

Nous apprécions la longue étape de Madère, malgré un port un peu impersonnel mais avec des gens gentils et serviables. Les visites par toutes les routes de l’île en voiture, les randonnées à pied dans les multiples sentiers et les quelques visites de villages contribuent largement au charme du lieu et à notre bien être. Nous avons de la peine à ne rien faire et trouvons à peine le temps de nous reposer. Nous sommes surement sur le bon chemin pour trouver le rythme de voyageur, mais ce n’est pas encore çà. Dire qu’il faut apprendre à être à la retraite, c’est un comble !

Dans 2 jours, nouvelle traversée en vue, mais cette fois 2 jours et 2 nuits et avec la pleine lune en prime, cela me paraît réjouissant. A voir ? Rendez-vous aux Canaries.

21.09.07

L’arrivée a Porto Santo, aux deux pontons réservés pour les bateaux de passage, nous change de l’accueil des marinas Espagnoles. Ici tout se fait avec gentillesse et courtoisie, l’employé qui nous a donné la place et aidé à nous amarrer, nous a parlé, à notre grande surprise, en français avec un accent Vaudois. Il nous a expliqué qu’il a travaillé à la verrerie de Saint-Prex. Puis nous devions nous annoncer aux douanes et à l’administration du port. En effet le Portugal contrôle strictement l’arrivée des bateaux sur les îles de l’Atlantique, car elles sont la frontière occidentale de l’union européenne. Mais ce formalités sont vite réglées, notre douanier parlait parfaitement le français, l’anglais et l’espagnol, nous avons même sympathisé avec lui. Le même soir, à la fête de Christophe Colomb, nous le rencontrons et discutons avec lui autour de quelques bières, c’est là, à notre grande surprise, qu’il nous invite pour le lendemain, chez lui, pour une délicieuse soupe de poissons. Car lors de son seul jour de congé hebdomadaire, il va à la pêche, et c’est avec fierté et gentillesse qu’il nous a régalé. Cet homme divorcé vit avec son fils et a du plaisir de rencontrer des gens d’ailleurs, car l’île ne compte que 5'000 habitants qu’il connaît en grande partie étant né ici.

Nous avons loué un scooter pour visiter l’île, et avons parcouru toutes les routes existantes, qui sont très bien entretenues. Porto Santo développe fortement son tourisme, ils ont un aéroport moderne avec une piste assez longue pour les gros porteurs et un golf qui fait une immense tache verte dans le paysage aride des alentours. Quelques hôtels existent déjà et d’autres sont en projet, quant au village de Vila Baleira, en fait la seule localité de l’île, elle est propre et bien entretenue avec beaucoup de maisons rénovées ou neuves.

15.09.07

 

La traversée selon Chantal

Ca y est, nous sommes entrain de traverser pendant 5 jours et 4 nuits.de Cadiz à Madeira. Je vous avoue que je me trouve très courageuse et que quand le soir est bien là, que tout est noir, je me prends mon lexotanil et il m’aide bien. Un verre de vin ou 2 serait peut-être mieux, mais dangereux, car je dois pouvoir aider mon skipper en tout temps et donc avoir la tête claire et les mouvements aussi. Je regardais ce matin mes fesses et mes cuisses, elles sont remplies de bleus à force de me cramponner et de me cogner. Frédy a également de la corne dans les mains en se tenant avec force où il peut. La nuit est noire de chez noire et tu ne vois que les étoiles quand le ciel est clair sans gros nuages noirs et parfois au loin les lumière d'énormes cargos que nous croisons.. Notre « merveille », l’instrument qui repère les radars de loin nous siffle à temps pour les éviter, sauf la première nuit, Frédy a du mettre le moteur en marche pour l’éviter, car ils nous voient mais ne changent pas de cap. Mais la mer est bien souvent très belle et fascinante en même temps. La mer est belle et parfois bien agitée avec de la houle et des vagues de 2 m au minimum. La force du vent oscille entre 3et 5 avec rafales à 6, nous naviguons entre 5,5 et 6,5 nd, ca va assez vite, même parfois trop vite à mon goût, et je vous passe des bruits que j'entends. Après 2 jours j’ai trouvé un excellent remède, la musique et je me régale et n’écoute plus autant tout les bruits parfois effrayants.

Hier, nous n'avons vu ni cargo ni rien de rien que la mer, le soleil et la pluie. De faire une traversée à 2 est une belle expérience, mais difficile car s'il arrive quelque chose à Frédy c'est l'horreur pour moi. Soyons positifs et surtout prudents et tout ira au mieux.

Nous avions envie de manger un poisson tout frais de la mer, et Frédy a donc sorti sa canne à pêche et après quelques minutes il avait une bonne pression sur sa ligne. Branlebas de combat, je diminue la voilure pour que le bateau aille moins vite et Frédy a ramené sa pêche qui nous a fait hurler de rire, car un poisson il y avait bien un, mais il n'en restait que la tête, les branchies et les boyaux, un requin l'a attrapé au passage, le lendemain rebelotte et cette fois c’est un morceau de plastique.

La 2ème nuit fut un peu meilleure que la 1ère, nous avons pu dormir et nous lever toutes les 20 minutes pour contrôler le tout alors que la 1ère nuit nous n'avons pas fermé l’œil. J’étais tellement angoissée que je ne quittais pas mon skipper et je restais même assise à côté de lui pendant qu’il se reposait avec mes habits, mon gilet de sauvetage et ma lumière frontale afin d’être prête à tout !!! Nous allons devenir meilleurs chaque nuit. La 1ère nuit, nous étions prêt à 17h30, avions mangé, déjà lavé nos dents et étions là à attendre avec les gilets de sauvetage bien accrochés à notre corps et nous attendions de voir ce qu'il allait arriver. C'était long et con. Les nuits suivantes on dort un peu plus mais la mer reste agitée et on se fait bousculer de tous les côtés. Cette nuit je vous écris. Notre « merveille » nous siffle quand il reçoit un signal radar aux environs, et notre « poule » réveil de cuisine, nous sonne toutes les 20 minutes. J’oubliais encore « l’électricien » l’hydro générateur, qui lui assure que le courant rentre en se laissant traîner derrière le bateau nous tient compagnie en sifflotant. C'est de la navigation de plaisance n'oublions pas!

Les journées sont bien occupées, navigation observation de la  mer, cuisine, rangement, rêveries, lectures, mes grandes et longues prières à tous les dieux qui nous protègent  et les  @mails, qui sont mon seul  point de rattache à la terre ferme et mon contact avec vous tous qui me manquez..

Quant aux repas, parlons en, ils sont un film à eux-mêmes. Nous nous asseyons l’un à côté de l’autre, comme 2 petits vieux, à la table du carré du côté ou`l’on est sensé de moins gîter. L’argenterie, le cristal et la porcelaine restent dans les cartons. 2 sets super antiglisse, chacun 1 bol en plastique, 1 cuillère ou peut-être une fourchette. Le premier assis a pour mission b de surveiller les objets pendant que je jongle avec les casseroles. Ah j’oubliais de parler du verre de vin servi lui dans un verre en plastique solide, 1 seul verre pour 2 car pendant qu’un boit sa gorgée, l’autre tient le reste d’une main ferme. Bien évidemment que le premier verre a fait un vol plané sur les coussins jaunes, et le lendemain ce fut une cuillère de paëlla bien tachante. Résultat, tu peux soit boire, soit manger, mais pas les 2 en même temps. On se dirait parfois un peu au cirque. C’est en tout cas très romantique ces repas côte à côte chacun accroché à son bol et faisant croire à l’autre qu’il se régale ! Encore un joli côté de la navigation de plaisance. Je sens que nous allons nous améliorer au fil du temps et apprendre à nous organiser e t à vivre à bord de façon agréable.

Demain nous serons normalement sur terre ferme, saurons-nous encore marcher!! Ce qui est sur c'est que je vais rester 1 heure sous une bonne douche peut-être chaude au port et nous irons manger au restaurant dans une assiette en porcelaine et boire un verre sans mouvement. Nous resterons en tout cas 10j. à Madère en vacances. !!!

Encore juste un petit secret, je souhaite bien avoir enfin mérité mon permis mer. Le skipper me signera t-il « enfin » ma feuille de milles ?

La traversée selon Frédy

Cadiz est bâtie sur une presque île, son vieux centre nous donne un avant gout de la Havane, des ruelles étroites et une imposante cathédrale. Ce fut la ville de départ de Christophe Colomb pour sa traversée et également la notre en ce dimanche matin du 9 septembre. La météo est bonne pour les prochains jours, vent du nord donc pour nous vent de travers.

Voyager cela s’apprend comme je l’ai déjà dit, la navigation hauturière également et ce n’est pas toujours facile. Vent de travers, vagues de travers et les gestes simples de la vie quotidienne vont aussi de travers, l’assiette qui se vide sur la table, la fourchette qui nous saute sur les genoux, le verre de vin projeté sur les coussins et la tasse de café, qui sournoisement, essaie de vous casser les dents et profite pour répandre le café sur le t-shirt. La douche devient une véritable prouesse, la brosse à dents a tendance à vous élargir la bouche et l’eau du lavabo se vide au premier coup de roulis. C’est lors de ces moments de vie quotidienne que je repensais à Akio, le japonais infirme, que nous avons rencontré à Gibraltar. Le bateau lui va bien, il avance à une bonne vitesse et il est facile a manœuvrer, oui car lui est conçu pour cela ! Ensuite il y a les nuits, pas une ou l’on peut ne pas dormir, mais quatre et il est indispensable de s’organiser, c’est la première qui est la plus difficile, car Chantal n’avait aucune expérience, donc je ne savais pas comment m’organiser au mieux et en plus nous étions sur des routes commerciales avec un très fort trafic de cargos divers. Pendant la troisième et quatrième nuit, nous n’avons plus vu un seul cargo ni autre navire et nous avons dormi presque normalement. C’est dans la journée du 13 septembre que nous sommes arrivés a Porto Santo après avoir parcouru 555 milles a la vitesse moyenne de 5.2 nœuds.

L’archipel de Madeira est composé des îles de Madère et Porto Santo qui sont habitées et les îles Desertas et Selvagens qui sont des réserves naturelles inhabitées toutes les autres îles sont des gros rochers sans intérêt. Le jour de notre arrivée, il y avait une grande fête pour commémorer le mariage de Christophe Colomb, qui a habité à Porto Santo.

Maintenant Chantal est expérimentée et fiable, elle assure parfaitement la veille. Pour notre prochaine traversée, les assiettes seront remplacées par des bols en plastique et les nuits seront mieux organisées.
07.09.07

Un beau cadeau d’anniversaire, le passage du détroit de Gibraltar, en effet le matin du 31 août nous sommes partis dans de bonnes conditions de vent, 3 bf Est. Nous avons slalomé dans le mouillage entre les cargos, pétroliers et autres mastodontes de la mer pour gagner le détroit. Nous avons navigué le long de la côte nord en faisant attention de ne pas nous approcher des rails de trafic des navires de commerces. Puis nous avons très vite aperçu le phare de Tarifa qui marque la fin du détroit. Tarifa et la Costa de Luz qui s’étend au Nord en direction de Cadiz, est parsemée sur mer de planches à voiles, spot internationalement connu, et sur les reliefs de centaines d’éoliennes, vues du large avec un vent medium c’est assez surprenant, mais s’approcher de la côte l’est encore plus. En effet il y a des accélérations de vent incroyables. Par exemple, pour l’entrée dans le port de Barbate, sur les derniers milles, le vent est subitement monté à 45 nœuds, force 8, un enfer pour la manœuvre dans le port. Ma courageuse mousse a survécu cette épreuve avec stoïcisme, il a fallut un bon repas d’anniversaire pour la remettre d’aplomb et surtout qu’elle retrouve la confiance en elle pour ressortir du port le lendemain, avec encore autant de vent, bravo Chantal ! Barbate n’a aucun intérêt, c’est un port de pêche comme beaucoup d’autres, mais c’est la seule étape entre Gibraltar et Cadiz. La seule chose qui nous a surprise, à part le vent, c’est un terrain vague avec des centaines de vieilles ancres, voilà si vous en voulez une dans votre jardin vous savez ou l’acheter, elle doit peser 500kg au minimum.

Après une journée de navigation nous sommes arrivés dans la baie de Cadiz, même phénomène de vent, 40 nœuds dans la baie, et nous avons trouvé un bon mouillage devant Puerto Sherry. Et l’attente des bonnes conditions de vent commence, dès que l’alizé Portugais sera établi, nous traverserons sur Madère. Chantal profite de cet arrêt pour se remettre de ses émotions et se préparer aux prochaines car elle a une certaine appréhension, pour cette traversée de 550 milles, soit 5 jours et nuits. Elle est très inquiète surtout que c’est une première pour elle.

Nous profitons de visiter la région. Séville est une ville splendide, soignée, le berceau du célèbre Flamenco avec une histoire riche, et les environs sont agricoles grâce aux canaux d’irrigations alimentés par le Guadalquivir. Jerez a de nombreuses bodegas qui produisent le fameux sherry et d’autres vins de dessert, que nous avons dégusté avec intérêt. Cadiz est encore sur notre liste des sites à découvrir un de ces jours prochains.

29.08.07

Ouf !!! Enfin, après avoir parcouru 1'111,1 milles nautiques dont 101 heures au moteur, nous sommes arrivés à Gibraltar. Nous avons mouillé dans les eaux Espagnoles à la Linea, endroit confortable, bien abrité, avec de la place sur un fond de bonne tenue au milieu de beaucoup d’autres voyageurs. En effet il y a des Anglais, un Allemand, un Tchèque, un Polonais et un Japonais, ce dernier fait un tour du monde en solitaire et ceci malgré son handicap, il lui manque un bras, c’est a peine croyable qu’il puisse manœuvrer ainsi.

Nous avons renoncé au confort relatif des marinas de Gibraltar, qui sont toutes au milieu de la ville, dans le bruit et la poussière des chantiers environnants. Alors pour la visite de la ville nous nous sommes joints au flux des frontaliers Espagnols qui chaque matin passent la frontière pour monter dans le bus 3 qui va directement au centre. Le premier feu de circulation, règle le passage de la piste de l’aéroport, car les voitures et les piétons doivent traverser cette dernière et le feu passe seulement au rouge lors du passage d’un avion. La ville est une relique militaire du XIXème siècle, passablement vieillie et mal entretenue. Son déclin a commencé à la fin de la seconde guerre mondiale. Ce ne sont pas les constructions nouvelles, d’immeubles administratifs qui peuvent cacher ou changer le cours de l’histoire. Nous avons évidement pris le téléphérique pour nous conduire au sommet du rocher, un Von Roll (swiss made), installé il y a fort longtemps. Nous avons eu bien peur que se ne soit sa dernière course. La station sommitale est impersonnelle et aussi vétuste que le reste, sa cafétéria sert de la nourriture anglaise hors de prix, mais le point de vue depuis ses terrasses est vraiment impressionnant puisque l’on distingue même les montagnes du Rif Marocain. Le sommet est peuplé de singes qui sont partout, sur les terrasses, les barrières, les toits et les buissons. Ils sont très peu farouches et chapardeurs, la nourriture ne leur échappe pas. Et maintenant nous attendons que le vent veuille enfin souffler dans le bon sens afin que nous puissions passer ce fameux détroit, fort impressionnant par le nombre d’énormes cargos qui y passent. Nous nous sentons vraiment Micro à côté de ses Megas monstres. Ou serons-nous pour fêter l’anniversaire du skipper ,le 31 août ? Ce qui est certain c’est que nous le fêterons en famille avec Félix et Monique.

25.08.07

La Costa de Sol est interminable, un paysage sec avec en arrière plan la Sierra Nevada dont quelques sommets culminent à plus de 3’000 mètres. Le littoral ressemble par moments à la côte Lémanique au mois de janvier, les plastiques des serres donnent l’impression d’un paysage enneigé. Et puis toujours les mêmes urbanisations, les mêmes ports et la même mentalité des gens. Chaque fois que nous demandons une place dans un port privé, c’est la même réponse, « complet » mais il nous reste une place de 30 mètres ! Évidement ils sont toujours prêts à encaisser 400 ou 500 € pour une nuit. Alors il reste les ports de commerce ou les plaisanciers sont soit tolérés comme à Garrucha, soit rejetés comme à Malaga. Puis il y a des petits ports publiques avec des tarifs raisonnables, 20 € la nuit, ces ports sont souvent des ports de pêche qui ont cédé une partie pour la plaisance. Tous ces endroits ont quelques inconvénients, la houle qui rentre, des odeurs de poissons en décomposition, de la poussière et des rats, un trafic nocturne intense ou une discothèque qui ferme à 6 heures du matin, alors il est un peu difficile de bien se reposer. Nous avons navigué plusieurs jours en compagnie de Monique et Félix. C’est sympa de pouvoir partager toutes ces petites misères et de recevoir de Félix des encouragements par VHF quand la mer est un peu trop formée ou qu’il y a trop de vent aux goûts de la « mousse ». Costa de Sol, côte du soleil en espagnol, nous a souvent montré un ciel gris avec des nuages bas et même quelques petites averses ce qui est rare dans la région. Quand deux bateaux Suisses se retrouvent à Marbella sous la pluie, que font-ils ? Oui, vous avez deviné, ils mangent une bonne fondue Gerber !

Toujours cap au sud nous nous dirigeons vers la Mar Menor, vaste lagune accessible par un canal nommé Tomas Mestre. La particularité de ce canal est qu’il y a un pont routier qui le traverse et que ce pont levant ouvre plusieurs fois par jour. Le seul problème est que personne ne sait à quelle heure et pour combien de temps il s’ouvre. La VHF me direz vous, c’est comme dans chaque port, 9 fois sur 10 personne ne répond et la dixième fois la réponse est en Espagnol et tellement rapide que personne ne comprend. Pour l’entrée nous avons eu de la chance, en entrant dans le chenal le pont se lève et nous nous mettons dans la file des nombreux bateaux qui font la même chose. La Mar Menor est profonde de 6 mètres au maximum et de ce fait a une eau à 32° et de nombreuses possibilités de mouillage sur un fond de bonne tenue, le seul hic ! c’est que vue la température de l’eau, c’est infesté, oui je dis bien infesté de méduses, au point que toutes les plages de la lagune sont protégées par des filets. Alors nous voilà, pauvres navigateurs, à être réduits à prendre notre annexe et aller comme tous le monde à la plage. Mais la petite station balnéaire d’Alcazares est familiale et sympathique. C’est là que nous avons passé le 15 août, jour de l’Assomption qui est comme dans toutes les régions catholiques férié. Ici les gens sont fidèles à la tradition et c’est la fête, qui commence évidement par une messe et continue en fin d’après midi par une grande procession. Tout le clergé accompagné de leurs fidèles paroissiens qui portent la vierge y participe. Pas moins de douze hommes sont nécessaires pour porter la gigantesque statue et sa somptueuse décoration florale blanche. Toute cette fête est rythmée par des pétards tout au long de la journée, puis dès la tombée de la nuit par un feu d’artifice. A la fin de celui-ci la vierge regagne l’église par bateau et c’est là en pleine nuit que se forme la procession nautique, toutes les embarcations du port et les bateaux de passage en font partie.

Le jour du départ nous nous mettons au quai d’attente du canal. Après une discussion avec les gens de la marina et du restaurant voisin, nous apprenons que le pont est en panne et  qu’il sera réparé quand ils auront décidé qui de la ville voisine, de la commune ou d’une autre administration est compétant et doit payer. Mais le pont sera certainement réparé « magnana », donc, en langage clair, on n’en sait rien. La journée passe et puis soudain, sans avertissement, le pont se lève, c’est l’effervescence sur le quai d’attente, chacun saute dans son bateau, met le moteur en marche et largue les amarres, c’est la cohue, tous se précipitent dans le canal et beaucoup arrivent à passer. Oui, nous l’apprendrons plus tard, ce n’était qu’un essai et personne ne devait passer. Viva España !

12.08.07

Mon frère est parti pour la traversée sur le continent, et nous nous sommes partis en bus pour visiter Ibiza. Une ville, avec son bruit et sa circulation infernale, sans grand intérêt, mis a part la vieille ville et ses remparts qui surplombent le port. Après une tranquille navigation nous arrivons sur la petite île d'Esplanador qui fait partie du parc protégé de Formentera. Là, le garde du parc nous informe que dès l'année prochaine toutes les bouées seront à réserver par internet et payantes. Cette nouveauté sera appliquée dans toutes les îles des  Baléares et a pour but de limiter le nombre de bateaux et à faire mieux apprécier ces mouillages! Bref, "la pompe à fric" ibérique n'est pas prête de s'arrêter, mais le mouillage était quand même sympathique et confortable, eau à 28° et sable blanc très fin. Puis nous aussi nous partons pour le continent, une traversée tout au portant, 70 milles en 12 heures, une très belle navigation. Nous sommes arrivés à la longitude 000' 00,00 et avons passé la nuit dans la "Greeenwich Marina" qui n'est autre qu'un des endroits sur construit et moche de la Costa Blanca. Sur chaque petit bout de falaise d'énormes tours de toutes les formes, hauteurs et de différents styles s'agrippent les unes aux autres. Nous avons parfois l'impression d'entrer dans New York, et ceci le long de toute la côte. En fin de journée, nous déplorons le spectacle très coloré des linges de plages multicolores pendus aux fenêtres. Nous cherchons désespérément un endroit abrité pour passer quelques jours dans la nature, mais les conditions météorologiques du vent de sud ouest nous obligent à faire escale à Alicante dans un port confortable, sans luxe tapageur et situé au milieu de la ville. Ouf! Nous n'y sommes arrivés qu' à 22h30, après avoir fait 6 heures de navigation et avoir été ballottés pendant les 2 dernières heures par une forte houle, car aucun autre port n'avait de place pour nous et nous nous sommes faits chaque fois mettre dehors comme des malpropres. Il faut réserver quelques jours à l'avance, ce qui nous pose problème car c'est le vent qui nous dirige et pas les réservations faites 4 à 5 jours d'avance.

05.08.07

Ibiza, aussi dégradée que les autres îles des Baléares, mais avec en prime une faune qui court les "rave", qui confond le jour et la nuit, qui se promène en ville dans des tenues de plages, en chemise de nuit ou très extravagantes (mais supersexy). Ces jeunes boivent des bières mélangées avec des alcools forts à toutes heures, louent leurs accessoires à prix d'or, ceux pour débiles blasés, je veux parler des quads et des jet skis. Toutes ces personnes ont un point commun, ils parlent anglais, car des espagnols il n'y en a point, ou peut-être quelques rares serveurs d'un resto branché qui vous sert des "fish and chips". Frédy oublie bien de dire que malgré toutes ses critiques, il s'est fait très plaisir en admirant de haut en bas et de bas en haut ces ravissantes créatures dans les rues pendant que moi je n'avais qu'à rêver à mes 20 ans!!! Dans la rade de Sant Antoni de Portmany, les yachts au mouillage sont nombreux, mais les canots moteurs, les parachutes ascensionnels et autres engins bruyants, encore plus.

Nous avons la joie de retrouver mon frère Félix et son épouse Monique qui sont là à bord de leur catamaran AZUKI. Eux aussi font un voyage de longue durée.

01.08.07

Majorque, l'île de Georges Sand et de Fréderic Chopin, mais cela a bien, ou plutôt mal changé depuis. Car ce couple célèbre le soir de son arrivée sur l'île a du dormir chez le consul de France, car à cette époque il n'avait pas d'hôtel! Inutile de vous dire qu' ils y ont remédié depuis, car elle est actuellement sur construite et çà continue. Nous nous dirigeons vers Soller sur la côte nord de l'île, qui fut une ancienne place forte à l'abri des pirates,  port utilisé pour le chargement des agrumes à destination de la France. Le port de Soller et la ville sont distants de trois kilomètres et reliés par un tramway du XIXème siècle qui est très pittoresque. Arrivés à Soller, nous avons pris le train, construit à la même époque, pour Palma où nous avons passé la journée et visité la ville faite de petites ruelles pavées et toutes différentes les unes des autres et leurs constructions hétéroclites, sans oublier la célèbre et incontournable cathédrale construite en 1300 sur les ruines d'une mosquée démolie par les Espagnols. Le voyage en train nous a permis de découvrir l'intérieur du pays et de passer à travers les vergers, les plantations d'oliviers, d'amandiers et de citronniers. Dire que les citrons pourrissent sur les arbres, car la main d'œuvre est trop onéreuse pour les cueillir et que le manque d'eau empêche les oliviers de donner des fruits!

Quant à la navigation, la Méditerranée est fidèle à elle-même, un jour au moteur par calme plat et le lendemain force 5-6 bf avec des vagues de 2 mètres qui ont beaucoup impressionné la mousse, puis le surlendemain de la houle et on recommence. Frédy oublie d'écrire que malgré ma rapidité, une jolie vague est entrée par le hublot de la cuisine. Super le nettoyage, après ces émotions, et à la fin de la journée, le bateau ressemblait plus à un souk qu'autre chose, car il y a toujours quelque chose qui fait un vol plané lors d'une vague déferlante ou d'un départ au lof. Le skipper, attaché avec son harnais, n'a pas eu le droit et le temps de quitter un seul instant la barre.

Malgré tout nous faisons du chemin, après notre escale d'Andraitx nous sommes partis pour Ibiza. Tous les jours nous réglons les multiples petits problèmes du bateau, un petit faux contact à réparer, un petit grincement à lubrifier et une grosse fuite sur la cuve fécale avec une odeur tenace en prime. La lessive est aussi une corvée du voyageur, trouver un salon lavoir à un prix abordable n'est pas toujours simple. A Mahon, par exemple, pour 10 kg de linge ils demandent 55 €. A ce prix j'ai posé la question si ceci est le prix d'achat de la machine? Le tas de linge est finalement lavé a Soller. J'allais oublié, Chantal a décoré le bateau pour le 1er août, fête nationale oblige!

31.07.07

Ouf! départ de Minorque avec l'hélice d'origine. Le mécanicien Monsieur Antonio Ponseti est honnête et compétant il nous a remorqué à la grue pendant que la police du port dormait! L'hélice est rapidement changée et le bateau remis à l'eau, malgré l'arrogance et la malhonnêteté du jeune grutier. Mais bon, c'est le charme de l'Espagne, il n'y a qu'un nom à retenir a Ciutadella, NAUTICA PONSETI, le reste on oublie.

28.07.07

Minorque une très belle île avec de nombreuses calas qu'il faut bien choisir en fonction du vent, car ces mouillages paradisiaques, pour la Méditerranée, deviennent très vite intenables à cause du roulis. Mais commençons par le début, Fornells où nous avons assisté à la fête de Saint Antoine. Toutes les rues sont pavoisées pour l'occasion et la place centrale est couverte de sable et une estrade y est dressée. Le soir venu, les autorités accompagnées d'une fanfare prennent place sur cette dernière. Le publique envahit la place et c'est à ce moment que des cavaliers en tenues d'apparat sur leur magnifiques étalons noirs minorquais traversent la foule, vont saluer les autorités puis les cavaliers font pointer les chevaux. Ces étalons pointent au milieu des spectateurs qui essayent de les effrayer en faisant des gestes autour d'eux et crient. Ce spectacle accompagné par la fanfare est non seulement esthétique mais aussi surprenant, car il n'y a aucun blessé. Ces chevaux et leur cavaliers sont spécialement entrainés pour cet événement. Le curé du village fait également partie des cavaliers! C'est après cette fête que nos deux invités, Alexandre et Deborah, nous quittent, leurs vacances ont une fin. Ils nous manquent bien, car furent des invités bien agréables et actifs. Alexandre a bien secondé le skipper dans la mise en marche des divers appareils, les manœuvres et la réparation de l'annexe qui avait déjà un trou après la première utilisation! ainsi qu'à la cuisine.

Notre voyage se poursuit par Addaya, Es Grao, Mahon la capitale de l'île, cala en Porter et son étonnant bar dancing dans la falaise, cala Mitjana et cala Turqueta pour leur décor naturel, falaises abruptes, forêts de pins, sable fin blanc, eau  à 28°, transparente et turquoise, et, pour terminer le tour de l'île, arrivée a Ciudadella. C'est une petite ville pittoresque située au fond d'une profonde et étroite cala avec une navigation commerciale infernale. C'est là, au fond du port, que nous avons notre première avarie, le bateau ne bouge plus ni en avant ni en arrière! Nous nous mettons, avec l'aide de la police du port sur la première place venue et le reste de la journée se passe à attendre, attendre et attendre. Après la sieste, sacrée pour un Espagnol, la police revient nous dire que nous allons être remorqué sur une place du Club Nautico, encore deux heures d'attente. Puis nous faisons la connaissance des pirates locaux, oui cela existe encore, et en plus, complices avec la police du port. Ils nous remorquent sur deux cents mètres pour la modique somme de 150 €. Nous arrivons sur un ponton flottant sans eau et sans électricité qui ne coûte que 35 € par jour! Dans le courant de la soirée le mécanicien arrive, lui a première vue, ce n'est pas un pirate, on verra avec la facture! il parle le  français et nous organise le grutage du bateau pour lundi midi, puis le problème devrait être résolu, c'est vraisemblablement l'hélice et j'ai une hélice de rechange à bord. Il ne pourra donc pas m'en vendre une!

18.07.07

En route pour les Baléares avec Alexandre et Deborah. Une traversée! une première pour Chantal et nos deux équipiers, tous sont curieux, avec un peu d'appréhension quand même, de passer leur première nuit en mer. La météo est favorable 3-4 bf Nord tournant Est pour la journée et mollissant pour la nuit. C'est effectivement ce que nous avons eu, une magnifique journée de voile et une nuit au moteur. Heureusement peut-être, car les premières heures de veille, pour le duo inexpérimenté de la mère et de son fils, sont très stressantes à l'affût de chaque bruit et chaque signe de vie dans la nuit noire. Etoiles filantes, bateaux de pêcheurs vus très vite mais qui sont, tout compte fait, encore très loin, des points verts dans l'eau qui ne sont que du plancton fluorescent et non pas des bougies flottantes, des fusées vertes à côté de nous qui ne sont que des merveilleux dauphins venus nous souhaiter une bonne nuit en paradant. Au petit matin à l'approche de Minorque, nous mettons une ligne de traîne à l'eau et quelques minutes plus tard une magnifique bonite de 2,5 kilos est attrapée et découpée en filets. Imaginez-vous l'état du cockpit pendant que Frédy a préparé sa prise! Les chachimis de midi et le steak du soir sont assurés, quel festin . Ce premier poisson pêché est accompagné d'une excellente bouteille de blanc et dégusté au mouillage dans la baie de Fornells.

16.07.07

Chaque marin a son cap Horn quelques part dans sa mémoire, cap qui lui rappel fatigue, froid, peur ou angoisse mais heureusement rarement tout à la foi. Celui de Frédy c'est le cap La Hague en Normandie, il y a trois ou quatre ans sur un bateau du CCS. Celui de Chantal nous venons de le passer, c'est le cap Creus, une avancée des Pyrénées sur la mer qui marque la frontière géographique entre la France et l'Espagne. Ce cap nous l'avons atteint au près par 25 nœuds de vent et une mer formée. Le vielle adage, deux fois la distance, trois fois le temps et quatre fois la peine s'est, comme à chaque fois, révélé juste. De Port Vendre au cap Creus il n'y a que 15 milles mais la journée fut bien remplie et le repos à Rosas bien mérité.

11.07.07

C'est le grand jour du départ.

Pour de l'action nous sommes servis, tous les jours du vent de 4 à 6 beaufort et un froid inhabituel pour la saison, donc navigation en polaire. Mais après une longue côte inintéressante nous voilà dans un endroit superbe, Port Vendre. Un port sympa au fond d'une calanque entre Collioure et Banyuls, connu pour les peintres qui y ont séjourné et le second pour ses excellents vins. C'est aussi cela la magie de la navigation.

Le skipper est particulièrement content et fière de sa "mousse" qui s'amarine très bien dans ces conditions musclées.

07.07.07

C'est la fête, une belle fête, une fête avec beaucoup d'émotions, une fête comme on se les imagine, avec du beau temps, des bons plats et des bons vins et surtout la présence de nos enfants et de nos proches. Mais avant cette apothéose, dix jours de travail, de stress et d'angoisse pour tout ranger dans le bateau qui est subitement "micro". Nous repensons également à la visite surprise de notre ami "biker" Ralph et de sa compagne Nadia. Nous repensons à cette soirée du CCS sur la Neptune, oui oui sur le lac, ou Hervé, le capitaine du groupe Genève nous a réservé une surprise. Hervé, nous profitons de te remercier encore, toi et ton comité pour cet inoubliable cadeau. Nous saluons également Szolte, Tamara et leur fils qui sont entrain de préparer le même projet que nous. Nous leur disons: courage tout finira par trouver une place.

Un tout tout grand merci, adressé spécialement à nos enfants, à Marylaure, pour son discours plein de tendresse, vous pourrez d'ailleurs le lire tout prochainement, à David, Alexandre et Deborah toujours présents pour nous donner un coup de main quand il le faut.

Et maintenant "dès que le vent tournera" comme dit la chanson, nous allons passer des émotions à la navigation et à l'action, cap à l'ouest.

Avril 2007

Micromégas a fait la première étape du voyage sur un camion par la route. Il a quitté le chantier naval Léman Plaisance à Messery pour arriver à Port Camargue et est confié aux bons soins de la Société Sillage. C'est de ce port que débutera notre voyage, après les derniers travaux de préparation.

2003 le rêve

Prends le temps d'aimer...

C'est le secret de l'éternelle jeunesse !

 

Prends le temps de lire...

C'est la source du savoir !

 

Prends le temps d'écouter...

C'est la force de l'intelligence !

 

Prends le temps de penser...

C'est la clef de la réussite ! 

 

Prends le temps de jouer...

C'est la fraîcheur de l'enfance !

 

Prends le temps de rêver...

C'est un souffle de bonheur !

 

Prends le temps de pleurer...

C'est l'émotion d'un grand cœur !

 

Prends le temps de vivre...

Car le temps passe vite

Et ne revient jamais 

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