01.04.10 Cienfuegos est une ville industrielle, prospère et bien entretenue, la marina est occupée par des agences de location de bateaux étrangères, c'est un endroit surprenant comparé aux autres villes de Cuba. La vieille ville autour de la place José Marti, possède une jolie rue piétonne, avec de nombreux magasins, très mal achalandés, comme tous les commerces de ce pays. Mais on y trouve des restaurants dans lesquels les étrangers règlent leur addition en pesos, donc aux prix cubain, ce qui met le plat du jour à environ 2$, soit 25 fois moins cher. Puis, c'est le départ pour l'une des zones touristique les plus prisées, Cayo Largo. Ici c'est le royaume du tous compris, dans les quatre hôtels de l'île c'est la même chose, arrivée par un vol charter direct de Montréal, Rome ou Buenos-Aires, plage de sable blanc, quelques cocotiers, une paillote avec bière et "mojito" à gogo, pour un prix forfaitaire défiant toute concurrence. Nous continuons en direction de Cayo Cantiles, une île protégée pour sa faune et ses singes, que nous n'avons jamais vus, mais qui sont gardés par trois fonctionnaires, relevés tous les mois. Ces gardes vivent dans des conditions plus que rustiques, une cabane avec une partie du toit qui s'est envolé, une cuisine tout aussi sommaire et une chambre avec trois lits bricolés. Mais ce qui est à relever, comme partout à Cuba, c'est la propreté malgré que tout soit délabré. En échange de quelques articles de première nécessité plus une bouteille de rhum, "le sang de Cuba" comme ils disent, ils nous ont invité pour le repas de midi. Nous avons goûté ce qu'ils mangent régulièrement, des langoustes, des lambis, du poisson et des agoutis. L'agouti est un petit rongeur qui doit être un proche cousin du rat, en tout cas il en a l'apparence. Ils les attrapent sur l'île avec des trappes ou c'est le chien qui les ramène. Quant aux langoustes dans chaque trou de la baie il y en a plusieurs, il suffit de faire son choix, comme au supermarché, et en moins de cinq minutes vous avez un délicieux repas. Ce qui est étonnant c'est leur taille, cinquante centimètres de long n'est pas rare et une queue suffit pour deux personnes. Pour la fin de notre séjour à Cuba nous avons eu la visite de nos grands amis Françoise et Didier, et nous avons fini de découvrir avec eux cette belle région de Cayo Largo avant de mettre le cap sur les îles Cayman. Le souvenir marquant de Cuba, sans aucune hésitation, est la gentillesse et la joie de vivre des cubains. Ils sont heureux malgré les difficultés de la vie quotidienne, le carnet de rationnement et le manque chronique de quasiment tous les biens de consommation. Mais le coté positif du régime cubain est que chacun peut vivre, manger, travailler et se faire soigner, les enfants sont scolarisés et en cas de catastrophe naturelle les maisons sont immédiatement reconstruites, personne n'est à la rue. C'est vraiment différent d'autres pays de la région qui sont dirigés par des voleurs qui profitent de l'argent du pétrole, de la drogue ou de l'aide internationale en laissant leur peuple dans le besoin. Oui une dictature a aussi certains avantages! Nous ne pouvons que vous encourager à venir découvrir ce pays vraiment charmant et dans lequel nous nous sommes sentis très en sécurité.
25.02.10

La Havane, 270 maisons closes, des bars ou la prostitution est la règle, des casinos et des cabarets, puis un jour de 1959 tout s'arrête, le temps lui-même semble s'être arrêter. Pas besoin de fermer les yeux pour se croire dans un vieux film, le décor et intact, vieilles voitures fatiguées, palais ouverts à tout vents aux murs lézardés, bord de mer rongé et défoncé par les ouragans, pas un néon, pas une publicité et pas une construction neuve pour dénaturé le site. La Havane semble expier ses pêchés, la ville aux milles colonnes était une splendeur d'architecture coloniale, mais ce n'est plus qu'une ruine et je ne parle pas de l'état du réseau de distribution d'eau ou d'électricité. Les seules choses entretenues sont les fresques, les slogans révolutionnaires et les peintures à l'effigie des héros de la révolution, Ernesto "Che" Guevara, Camilo Cienfuegos et bien sur  Fidel Castro. L'UNESCO a classé la vielle ville patrimoine de l'humanité et les plus belles maisons sont en rénovation pour en faire des hôtels ou des musés, ce qui va aussi changé l'ambiance de ce quartier qui grouille de vie. La vie est partout, dans la rue et sur les places, sur les balcons et les toits, dans les caves et les patios. Nous avons participé à cette vie, nous avons en effet pris un professeur privé, pour nous initier à la salsa. Cette danse fait bouger toute l'île, c'est un mode de vie, voir un monument national au même titre que les cigares et le rhum. A l'extérieur de la ville, sur les hauteurs nous avons visité la maison d'Ernest Hemingway, un petit détour qui en vaut peine. Puis en voiture de location avec nos amis Véronique et Michel, nous partons à la découverte du nord-ouest de l'île, la province de Pinar Del Rio, sans conteste la plus belle. C'est un vrai gruyère jurassique, truffé de grottes, de vallées étroites entre les mogotes, ces étranges formations de calcaire couvertes de végétation. C'est dans ces vallées que les missiles Russes ont été installés et dans ces grottes que le Che s'était caché pendant la crise. C'est surtout la région où l'on cultive le tabac, le meilleur du monde selon certains. Le tabac est une plante délicate qui demande beaucoup de soins et la fabrication des cigares demande lui beaucoup de savoir faire, c'est un vrai métier avec une formation de neuf mois indispensable pour apprendre à rouler des cigares de qualité. La plus célèbre plantation est celle d'Alejandro Robaïna, seule personne à Cuba qui a donné son nom à une marque, et également le seul homme avec Fidel Castro à avoir un timbre poste à son effigie. Il vient de fêter ses 90 ans en grande pompe, avec plusieurs centaines d'invités, il est à lui seul une publicité vivante pour les cigares Cubain. En effet, il fume depuis 80 ans une dizaine de cigares par jour. L'intérieur du pays est assez pauvre et laissé à l'abandon, plus encore que dans la capitale les routes sont en mauvais état, les églises ont leurs toits effondrés, les habitants survivent grâce aux combines, et surtout le 95% des Cubains ont de la famille à l'étranger qui les aident à vivre. L'agriculture est bio par manque d'engrais, les machines sont hors d'usage par manque de pièces et ce sont les bœufs qui font les labours comme il y a un siècle. Chaque année, le pays va plus mal, les gens travaillent de moins en moins et sont de plus en plus démotivés. Par exemple, à la Marina de Trinidad, ou nous avons laissé le bateau pendant cette virée dans l'île, il y a 40 employés pour 10 bateaux,  les pontons sont délabrés avec des planches pourries réparées avec des clous. L'eau coule de temps en temps car la pompe de pression est en panne perpétuelle, l'électricité est un tel bricolage que s'en servir est un danger mortel. Quant aux autres services d'une marina, c'est soit inexistant comme une buanderie, soit dans un état tel que l'on n'a pas le courage de s'en servir comme les toilettes et les douches.

12.02.10

Après une superbe et rapide navigation, 200 milles en 24 heures! Nous faisons notre entrée à Santiago, sur la plus grande île des Caraïbes, Cuba. Nous sommes plongés dans un autre monde, celui des formalités désuètes et compliquées mais qui se passent dans la gentillesse. Le médecin pour voir si nous ne sommes pas contagieux, la douane, l'immigration, la police avec le chien anti-drogue, l'agriculture pour le contrôle des frigos et des produits frais et pour finir la lutte contre le paludisme pour être sur que nous n'avons pas de moustique à bord. Toutes ces personnes demandent une boisson et un petit cadeau, et prennent leur temps. Ces formalités sont terminées en une demie-journée et c'est là que l'on peut partir en ville. De notre société occidentale ou tout, même le superflu est satisfait immédiatement, nous nous trouvons plongé dans une économie de guerre ou tout manque. Des magasins vides ou de toute façon il faut présenter le carnet de rationnement, des voitures d'un autre âge, américaines des années 50, bricolées, repeintes à la main, certaines avec leur moteur d'origine, d'autres remotorisées avec des imitations de fabrication russe. Mais ce qui frappe,  c'est la joie de vivre des Cubains, il y a des orchestres partout, dans la rue, les restaurants les salles de dance et de musique, la salsa, le rhum et les cigares est leur mode de vie. Pour les touristes tout est différent, la monnaie est convertible et 25 fois plus chère que celle des Cubains, il y a des magasins correctement achalandés mais on doit payer en peso convertible, idem pour les restaurants, les taxis, les bus, les hôtels, en un mot tout est 25 fois plus cher pour les étrangers. A la marina de Santiago nous avons rencontré un couple de Chêne-Bourg à bord d'"Ivresse" un Lagoon 440, arrivé quelques heures après nous. Nous avons sympathisé avec Véronique et Michel et avons décidé de naviguer ensemble dans les jardins de la reine. C'est une bonne partie de la côte sud, qui est en fait une gigantesque mangrove où nous n'avons rencontré personne en une semaine de navigation. Seule chose décevante l'eau y est un peu limoneuse et trouble ce qui n'invite pas franchement à la baignade et à la plongée, mais les conditions de vent dans une mer plate furent une joie, réglage, recherche de vitesse, toucher de barre, bref l'esprit de régate a refait surface pour le plus grand plaisir des skippers. Micromégas s'est battu pour ne pas être tout le temps derrière son grand frère. Puis, arrivée à la marina de Trinidad, un endroit calme et relativement propre, qui est une base de départ idéale pour visiter l'intérieur du pays.  Trinidad est petite ville classée par l'UNESCO, comme faisant partie du Patrimoine mondial, mais terriblement délabrée. L'architecture de style espagnole date en grande partie de la première moitié du XIXème siècle, l'époque de sa splendeur, construite par les riches propriétaires de plantation de canne à sucre, cette cité forme un ensemble de grande valeur, qui n'attend qu'une rénovation.

25.01.10

Le Bahamas expresse Micromégas bouffe du mille à la grande satisfaction de son équipage qui cherche les régions plus chaudes. Après la visite de nos amis Lulu et Gigi aux Abacos, plus précisément à Manjack Cay où nous avons passé du bon temps il est temps de remettre le cap au sud. En effet, le vent froid de l'Amérique du nord se fait ressentir dans cet archipel, l'eau est à 18 degrés ce qui ne m'a pas empêcher, avec ma combinaison, d'apprendre à pêcher des langoustes avec Lulu comme prof. Puis encore un au revoir au Belge Adam et à sa charmante compagne Canadienne Anne-Marie, avant de sortir en mer par la passe au sud de Great Abacos, cap sur Eleuthera. A peine en mer les lignes de pêche sont installées, puis arrivés à la limite du plateau continental, où les fonds passent à plusieurs centaines de mètres, une touche! La canne plie, le frein chauffe, la lutte est longue et dure, mais la récompense est de taille, un superbe thon jaune "yellofin" de 1,20 mètre d'un bonne vingtaine de kilos (environ ?) car nous n'avons pas de balance. Une demie heure pour le sortir de l'eau, deux heures pour le découper, conditionner en sachets sous vide et ranger au frigo et enfin une demie heure de nettoyage. C'est beaucoup de travail même a deux, l'efficacité de ma mousse n'est plus à prouver, avec elle nous formons une équipe très performante dans un tas de domaines. A notre arrivée , nous avons distribué quelques morceaux de notre magnifique pêche aux bateaux environnants et depuis nous ne mangeons que du thon midi et soir sous toutes ses formes. Nous avons presque une angoisse que les nageoires nous poussent sur le dos!! La route par l'ouest d'Eleuthera et de Cat Island n'est pas très fréquentée et nous permet de découvrir d'autres îles. C'est de Long Island, juste sous le tropique du Cancer, que nous vous écrivons, retour au short et à l'eau chaude, 24 degrés! Notre prochaine étape sera Great Inagua, mais nous ne sommes pas sur de trouvé une connexion internet. Puis Cuba où nous sommes presque certain de ne pas trouver de connexion, alors si vous ne voyez pas de mise à jour régulière du site, les 2 prochains mois, pas de panique nous ne sommes pas perdus et pensons toujours à vous.

12.01.10

Le bateau est prêt, et ENFIN prêt! Nous avons fini par recevoir notre chaîne, nos cales sont pleines de provisions, les réservoirs aussi et nous avons une furieuse envie de naviguer après cette trop longue escale. Nous avons profité de cette période pour rendre visite à des amis à Palmetto près de Tampa, c'est sur la côte Ouest de la Floride. Ces amis habitent, comme beaucoup de retraités aisés, dans un Yacht Club condominium avec bien sûr une place pour leur bateau devant la maison. J'ai donné un coup de main à Alan pour les vidanges des moteurs sur son "motor yacht" de 66 pieds, deux gros Caterpillar et deux générateurs, du travail pour la journée! Pendant ce temps Chantal et Kat ont fait la tournée des magasins et la préparation du repas du réveillon. Nous voilà dans la nouvelle année, encore quelques soirées pour quitter nos nouveaux amis américains, Chris et Kelly, Dave et Gil ou encore Rick, Kitty et Hoku, puis nous mettons le cap sur les Abacos dans le nord des Bahamas. Le bilan de notre saison aux USA c'est 3'200 milles et 650 heures de moteurs, soit pour ainsi dire la totalité au moteur. Cette côte n'a pas beaucoup de vent en dehors des tempêtes et nous avons beaucoup navigué sur L'ICW, voilà pour les chiffres. Du point de vue nautique ce n'est pas très intéressant, surtout pour un catamaran, car les marinas sont hors de prix et les mouillages souvent encombrés. Découvrir un pays et un peuple, c'est manger de leur pain, comprendre leur langue et leur coutumes, apprendre un peu de leur histoire. Cela donne une autre vision que celle diffusée par les médias et les nouvelles internationales empreintes d'intérêts et de propagande. Par exemple pour les problèmes d'environnement, visibles et sérieux, le gouvernement ne fait rien selon certains médias européens, alors que de très gros efforts sont fait au niveau du citoyen et de la commune. Combien de ports en Europe ont des poubelles spéciales pour les fils de pêches usagés? Ou des stations de pompage des eaux usées? Ces petites choses faites au quotidien, par tout un chacun, les exemples sont nombreux et les résultats souvent semblables à ceux de l'Europe. C'est vrai aussi qu'il reste beaucoup à faire, les décharges pour les ordures sont toujours les points les plus élevés de la côte. Le gaspillage électrique est énorme et la majorité des centrales fonctionnent au pétrole. Les maisons sont construites très bon marché et ne sont pas faites pour durer, et sont abandonnées par la suite. Les routes n'ont pas les raffinements des routes Suisse, pas d'écoulement d'eau, pas de glissières de sécurité mais les Américains conduisent "cool", très peu de fou du volant qui sont sévèrement punis s'ils se font prendre. La moitié du parc automobile est constitué de voitures Japonaises modernes et économiques avec un pourcentage de voitures hybrides bien supérieur à l'Europe. Autre grand problème des USA, la nourriture et l'obésité, nous avons été surpris de constater qu'il y a deux sortes de nourritures dans les supermarchés, celle pour les pauvres et celle pour les riches. La première pas cher et mauvaise pour la santé, avec trop de sel, de sucre, d'additifs, de gras, de colorants, d'antibiotiques et surtout le scandaleux "corn sirop". C'est de la fructose extraite du maïs, sans goût et sans odeur mais qui se fixe directement dans la graisse du corps et qui non seulement vous donne faim mais qui vous donne aussi une accoutumance. On trouve cette saleté dans des centaines de produits pas chers. Puis il y a les produits "organic" aussi cher qu'en Europe et de très bonne qualité, consommés par les riches qui restent minces. Voilà nos quelques réflexions, il y en a bien d'autres encore, mais le soleil se couche déjà sur la côte Est de la Floride et demain matin nous serons aux Bahamas. Nous espérons bien retrouver un peu de chaleur, car les nuits à 0° sont vraiment froides et désagréables sans un vrai chauffage. Ce qui nous restera comme point fort des USA c'est l'accueil et la gentillesse des Américains, parfois un peu superficiels mais toujours sincères.

28.12.09

Le temps est hivernal, malgré que nous sommes au sud de la Floride, à Vero Beach plus précisément, il fait soit chaud et il pleut, puis le vent tourne au nord et il fait froid, 5 degrés la nuit et entre 10 et 15 la journée. Quand il n'y a pas de vent c'est les nonos qui nous piquent, ca démange à s'arracher la peau et en plus ils passent à travers les moustiquaires. Mais Vero Beach est un endroit qui se transforme vite en "Velcro Beach" pour de nombreux navigateurs dont nous même. En effet les bouées de la marina municipale sont d'un prix correct, l'endroit est calme et les bus publiques gratuits desservent tous les supermarchés. Donc nous en profitons pour refaire complètement notre avitaillement, de remplacer la chaîne de notre mouillage et d'installer une éolienne. Nous avons, par temps couvert, quelques petits soucis électriques et sommes obligés de charger pendant plusieurs heures avec notre groupe électrogène, donc notre éolienne devrait être une solution pour améliorer notre gestion électrique. Alors voilà ce que nous faisons, pour ceux qui croient que l'ennui est le pain quotidien en voyage! Cette année la famille ne nous a pas rejoint pour Noël, alors nous avons accepté l'une des invitations que nous avons reçue. Aux Etat Unis, pour le Thanksgiving et pour Noël les américains ne laissent personne seul, ils se font un devoir d'accueillir. Alors nous sommes partis pour Port Orange en voiture et c'est à l'entrée d'un "condominium" sorte de PPE à l'échelle d'un village que nous avons été surpris. Par un poste de contrôle avancé ou l'on doit présenter un papier d'identité et dire chez qui l'on va, puis ceci est vérifié et la barrière s'ouvre c'est aussi efficace qu'une frontière. Puis en suivant les écriteaux spécifique pour les voitures, bizarre, d'autres belles routes interdites aux voitures? Nous arrivons pour le repas de Noël à une magnifique maison avec une ambiance chaleureuse. C'est la que l'on nous explique que c'est une communauté volante, que ce condominium est en fait une ancienne base de l'aéro navale ou toutes les maisons sont construite autour de la piste d'atterrissage avec un garage pour remiser l'avion. La majorité des propriétaires sont des retraités de l'armée de l'air ou d'une compagnie d'aviation qui veulent rejoindre leur maison directement en avion sur des pistes réservées à cet effet. Il existe une quinzaine de condominium similaires aux USA et si cela vous intéresse, à Port Orange il y a une grande maison à vendre, celle de John Travolta qui a acheté un avion trop gros pour cette piste. Maintenant nous attendons notre chaîne d'ancre qui a été perdue par UPS! Les américains ne sont pas aussi performants que l'on croit, nous avons déjà vécu le même scenario à Norfolk avec FedEx pour une hélice. Nous profitons de souhaiter une bonne et heureuse nouvelle année 2010 à tous nos fidèles lecteurs.

09.12.09

Nous avons choisi de descendre la Floride par l'ICW pour deux raisons, le courant est fort, contraire et près de la côte et d'autre part nous voulons faire quelques visites. St.-Augustine est la plus vieille cité des USA, fondée par les Espagnols en 1565. C'était la dernière escale sur le chemin du retour. Un fort y fut érigé avec la pierre locale qui n'est rien d'autre qu'une pierre de sable et de limon avec une très forte densité de coquillage, d'où son nom de "coquina". Puis au XIXème siécle, avec l'arrivée du chemin de fer et de Monsieur Flagler, des hôtels de luxes furent construits. Nous reprenons notre voyage vers le sud, le canal serpente à travers les marais, la faune locale est composée de nombreuses espèces d'oiseaux, de moustiques et d'alligators. Il est aussi bordé de maisons de vacances avec leurs pontons à bateaux et leurs immenses terrasses couvertes de moustiquaires. La ville suivante est Daytona, connue pour son circuit et ses courses de NASCAR, les tribunes du circuit peuvent accueillir 250'000 spectateurs. Au milieu de la piste ovale, un camping ou des emplacements peuvent être loués pour votre camping car, 2'750 dollars pour un week-end de courses. Sa plage, longue de 37 kilomètres, accessible aux voitures avec signalisation et rampes d'accès. Un autre grand évènement est le rendez-vous annuel de "bikers", 300'000 fanas de motos se retrouvent à Daytona. Il n'est pas étonnant que la plus grande agence "Harley Davidson" du monde se trouve ici. Dans cette ville tout est dédié aux voitures, aux motos et à tout ce qui est motorisé, tout est "drive-in", Mc Donald, bancomat et pharmacie, il y a même une église "drive-in"! Puis nous arrivons à Cape Canaveral qui se situe environ à la moitié de la côte Est de la Floride. C'est ici que les premières fusées ont été tirées aux USA, par toute l'équipe de Werner Von Braun qui est aussi le père des expéditions lunaires qui sont parties d'ici. Le "Kennedy Space Center" aujourd'hui, c'est la navette spatiale, le laboratoire spatial international, ou la Russie, l'Europe et le Japon sont parties prenantes. Il y a encore une zone ou l'US Air Force tire divers satellites, militaires ou commerciaux. Orlando, au centre de la Floride, est connue pour ses célèbres parcs d'attractions, Disney World et Universal Studio. Nous avons visité le second, mais ce genre de loisirs prêts à consommer, n'est pas dans nos goûts européens, malgré la grande qualité des attractions et des décors. Dans ces parcs c'est "money money", tout est conçu pour payer, à la sortie de chaque attraction il y a l'inévitable boutique, avec ses gadgets "made in China". Où que l'on regarde, il y a une offre de boissons, nourriture, glaces ou pop corn. Et la grande parade de Noël est sponsorisée par le plus grand magasin du monde: Macy! Mais ce qui est à relever, c'est une organisations sans faille, comme par exemple les parking et les routes d'accès. En effet, malgré l'affluence, aucun embouteillage, le trafic reste fluide et tout se passe rapidement, du péage à l'entrée, à la sortie le soir, aucun problème. Oui, il y a une certaine difficulté qui est de trouver tout de suite la bonne route, nous avons fait 2x le tour d'Orlando avant de pouvoir partir à l'Est pour retrouver notre bateau qui nous attendait sagement à Cocoa Beach!! Vous n'aurez pas de peine à vous imaginer l'humeur du skipper entrain de tourner en rond, un GPS dans une voiture n'est pas un luxe vue la complexité et la taille des échangeurs d'autoroute.

23.11.09

Nous laissons passer "Ida", une tempête tropicale virulente, bien à l'abri dans notre mouillage de Beaufort. Puis le calme revenu, nous sortons en mer pour trois jours, malheureusement avec trop peu de vent, donc encore des heures moteurs et un alternateur qui rend l'âme. Oui, oui, un de ceux changé en juillet, mais avec 150 heures d'utilisation la garantie va nous le remplacer. Nous avons fait notre arrivée, de nuit dans le chenal de Fernandina Beach qui marque la frontière entre la Georgie et la Floride. Une charmante petite station balnéaire, le retour des palmiers dans le paysage, une marina située entre deux grandes usines à papier qui fonctionnent jours et nuits et des brumes matinales sur les marais environnants. Le paysage n'est pas des plus attractifs, mais le mouillage est sympa, les bouées à un prix abordable et surtout un bon contact avec les autres plaisanciers qui sont surtout canadien. Nous avons fait la connaissance d'un couple de navigateurs Suisse, Gigi & Lulu à bord du "Roi soleil", ils sont en voyage depuis 26 ans! Depuis qu'ils ont quitté leur boulangerie de la vallée de Joux, ils ont déjà fait le tour du monde et découvert de nombreux mouillages, dans tous les océans. Merci à eux ils ont rattrapé Micromégas qui a profité de notre absence pour chasser sur son ancre. En effet, les courants sont assez fort près des chenaux qui sortent en mer et les fonds de vase ne sont pas toujours de bonne tenue. Nous avons eu plus de peur que de mal, mais je vous assure que cela fait vraiment très bizarre de voir son bateau dériver dans les décors, vite et seul. Par chance il n'a touché aucun bateau sur son passage.

10.11.09

Non, nous ne vous oublions pas, notre absence est due uniquement à notre rapide escale en Suisse. En effet nous avons profité de faire l'aller et retour, pendant que notre Micromégas était au chantier à Norfolk pour le carénage annuel. C'est le 2 novembre que nous avons atterri aux USA, le 3 nous avons remis le bateau à l'eau et le 4 nous partions cap au sud par l'ICW. Tous ceci pour vous dire que nous ne perdons pas de temps et que nous pensons à vous. Nous avons la chance d'avoir un temps magnifique, un ciel d'un bleu limpide, dans foreês parées aux ors automnals qui rendent notre voyage féerique. Le passage du Great Dismal Swamp Canal nous permet d'apprécier pleinement ces somptueux paysages. Quand le vent du nord souffle, c'est comme avec la bise Lémanique, le ciel est clair, les nuits sont étoilées et glaciales, puis le matin le pont bateau est gelé et le canal est comme fumant avec les brumes matinales. Au bout de quatre jours de moteur sur le canal, nous voici à Beaufort, au sud du cap Hatteras, nous avons laissé derrière nous de l'eau à 16 degrés pour en trouvé une à 22 degrés, c'est l'effet du Gulf Stream. Le cap Hatteras marque aussi la limite entre le nord et le sud de cette longue côte est des USA, exit les polaires et retour des T-shirts. Maintenant nous attendons les conditions météo favorables pour remettre le cap au sud, car la saison des cyclônes n'est pas encore terminée, et le premier coup de blizzard n'est pas loin, en résumé c'est: "hâte toi lentement"

06.10.09

Flâner le long des côtes très découpées de la Chesapeake Bay est une expérience unique. C’est ici que l’on prend conscience que le XIXème siècle fut l’âge d’or des USA, la naissance du chemin de fer et son musée à Baltimore, l’implantation de l’industrie militaire le plus près possible des acheteurs de Washington. Partout sur la côte, comme le long de l’Hudson et de long Island, on voit les propriétés bâties à cette époque grâce aux fortunes qui se sont faites. Les nombreux phares très typiques, en construction métallique, pour facilité la navigation et l’approvisionnement sont aujourd'hui encore en service. Mais la Chesapeake Bay c’est aussi la pêche aux fameux crabes bleus et aux non moins fameuses huitres. Cette activité a développé la construction navale avec la création de bateaux uniques, les « skipjack » voilier à fond plat pour la pêche aux huitres. Les autres voiliers typiques de la baie sont les « log canoë » qui sont aujourd’hui entretenus avec passion et utilisés pour des régates. Mais une autre réalité est la pollution de l’eau, due à la démographie et à l’agriculture intensive. La surpêche des crustacés et des différentes espèces de poissons, comme dans le reste du monde est ici aussi un problème. Il devient difficile de trouver des gros crabes, alors qu’il y a une vingtaine d’années, ils étaient servis dans tous les restaurants. Nous avons aussi profité de rendre visite à des amis de fraiche date, qui ont une maison au bord de la Corrotoman River. Nous nous sommes amarrés à leur ponton privé et avons eu le privilège de découvrir une région peu habitée, avec une population de retraités qui ont certains moyens. Il n’est pas rare d’avoir une propriété de 5 à 10 hectares, ce n’est pas la place qui manque dans ce pays. Le fils de ces amis a un domaine où il pratique l’élevage des bisons, leur viande d’une excellente qualité, au goût extraordinaire est très demandée par les restaurants, rien à voir avec le bœuf des élevages intensifs. Pas loin de chez eux, entre le Rappahannock et le Potomac River nous avons visité la maison « Stratford Hall », propriété de la famille du général Robert. E. Lee. Ce domaine qui, au XIXème siècle, comptait 600'000 acres dédiés essentiellement à la culture du tabac, est aujourd’hui un musée toujours propriété de la famille Lee. Puis notre route continue au sud, Norfolk est notre lieu de rendez-vous, car notre Micromégas a un urgent besoin d’un carénage, les huitres poussent sur ses œuvres vives. C'est aussi le moment de faire les visites que nous n'avons pas faite lors de notre premier passage. Le cuirassé "Wisconsin" Le dernier dinosaure de la flotte US n'est pas encore totalement réformé, donc seul le pont peut se visiter. Un petit passage par le Mémorial Douglas MacArthur, qui retrace la vie de ce soldat, le plus décorer de l'histoire des USA et qui résume presqu'à lui seul l'histoire de la première moitié du XXème siècle.

19.09.09

Le 2 septembre nous quittons la baie de New York avec le premier vent du nord, c’est à cette époque de l’année que les vents dominants passent au nord. La navigation est belle, la lune est pleine, le vent est faible et le courant favorable. Nous allons directement et sans escale jusqu’à North Summit marina qui se trouve au milieu du Chesapeake & Delaware canal. Puis nous voici de retour dans la Chesapeake Bay, à Sassafras River où nous passons la fête du travail, qui est également le dernier long week-end d’été des Américains. Après, l’automne est là et il faut penser à l’hivernage des bateaux, car de nombreux plans d’eaux gèlent. Nous, nous continuons toujours au sud, remontons Patapsco River, et trouvons un mouillage au cœur de la ville de Baltimore. C’est une grande ville, rien à voir avec la petite cité Irlandaise qui est à l’origine du nom, où nous avons aussi fait escale lors d’une croisière il y a quelques années. Baltimore était un important port de commerce pour l’importation du sucre et des bananes et l’exportation du tabac. L’actuel port est un peu à l’extérieur et les anciens docks ont été aménagés avec une promenade, des restaurants. Une grande sucrerie s'est transformée en commerces et bureaux. L’ensemble est réussi et agréable, il n’y a qu’une ombre au tableau, les quais et les bancs publiques sont envahis par des clochards et des SDF, car toute évolution de société a inévitablement ses laissés pour compte. Le terrain de chasse de Chantal, Les centres commerciaux sont modernes. Elle a même trouvé une coiffeuse qui lui a teint les cheveux en violet, par erreur je vous rassure. Mais cette ville à derrière son côté touristique et propre un autre visage, celui des banlieues, de la violence et de la pauvreté. Au point que l’armée envoie ses médecins en stage à l’hôpital de Baltimore pour les familiariser avec les blessures par balles. Les urgences reçoivent quotidiennement ce genre de cas, et le personnel arrive, par habitude, à reconnaitre les projectiles, le calibre et avec quelles armes ils ont été tirés. Nous avons assisté à la commémoration de la bataille des 12-13-14 septembre 1814, où la jeune nation, qui avait 15 états, a repoussé victorieusement la flotte Britannique depuis le fort McHenry. Une société patriotique, à l’image de notre compagnie 1602, fait revivre l’événement avec des démonstrations de tir au canon et au mousquet, de défilés au son des fifres et des tambours. Saviez-vous que le bicorne des officiers de cette époque se portait en largeur pour les Français, en longueur pour les Anglais, alors les Américains ont opté pour le port en diagonal. La volonté d’indépendance se marquait jusqu’dans les détails vestimentaires.

 
31.08.09

L’East River longe Manhattan, passe le Hell Gate puis serpente à travers une zone industrielle, avec son lot de vieux entrepôts délabrés, son inévitable usine électrique l’aéroport de la Guardia. La surprise, c’est un bâtiment moderne et propre, une prison, puis sur l’autre rive, sûrement par manque de place, un bateau prison amarré le long d’un vieux quai. Nous passons sous le dernier pont, à Throgs Neck, là c’est un autre monde, le Long Island Sound. C’est une étroite bande d’eau entre l’île de Long Island et la côte du Connecticut qui débouche sur Newport, Block Island et un peu plus loin le Cape Cod. Toutes ces côtes sont bordées de magnifiques maisons et de centaines de plus ou moins petites baies. Ici le yachting avec un grand Y est roi, les bateaux se comptent par milliers, chaque ville a son Yacht Club, avec son somptueux Club House, son bar, son restaurant réservé aux membres et sa salle des trophées. Rassurez-vous, notre carte de membre du CCS (Cruising Club Suisse) nous a servi de sésame. Une des traditions maritimes est suivie à la lettre dans ces endroits. Au lever et au coucher du soleil, la cloche retentit suivie d'un coup de canon annonceur de la cérémonie du pavillon. En effet, lorsque celui-ci est amené ou envoyé, chacun se lève, où qu'il soit et quoiqu'il fasse, et garde le silence. Le problème pour les voyageurs est que toutes les places abritées sont occupées par des bouées et qu’il est presque impossible de se mettre à l’ancre. Certaines de ces bouées sont réservées aux visiteurs des Yacht Club, ce qui inclut le service de taxi boat à la demande, les annexes n'étant pas tolérées sur les pontons. Cette région est idéale pour des vacances nautiques, un plan d’eau abrité, un excellent service partout, un paysage attractif parsemé d’îlots et de plages. La seule ombre au tableau est son coût et pas des moindres, (35 à 50 dollars pour une bouée par nuit) donc un peu difficile pour des voyageurs. C’est également un bon endroit pour laisser passer les tempêtes et les cyclones. Par exemple, nous n’avons rien senti au passage du cyclone Bill, dont la trajectoire s'est située à 200 milles de notre position et idem pour la tempête tropicale Danny une semaine plus tard. Belles demeures, voitures de luxe européennes et voiliers sont les signes d’une région riche qui attire des services peu courant aux USA. Par exemple, ce boulanger Français qui s’est établit à Fairfield et qui a une clientèle dans un rayon de 300 km pour ses excellentes baguettes. Les Américains qui ont les moyens apprécient de plus en plus les bons produits, le vin, le fromage et le pain.Toutes ces petites villes ont des restaurants de qualité qui servent différentes cuisines du monde, même dans les centres commerciaux les habitudes alimentaires changent. Pour nous, l’été touche à sa fin et nous nous préparons à reprendre la route du sud, car notre envie est toujours et encore de rester au chaud. La mousse réclame  quelques jours de plus pour retourner à New York où elle a même le grand bonheur de retrouver sa grande amie Daniela (de Coppet) avec qui elle passe des moments inoubliables. Vive l’amitié.

 
08.08.09

Trump Tower, Trump Marina, Trump Taj Mahal et les divers Trump casinos c'est l'image que donne Atlantic City. Station balnéaire dans laquelle les habitants de la Grande Cité viennent s'encanailler. Entre la plage et les hôtels casino une longue promenade en bois où les nombreux badauds peuvent flâner et surtout consommer. Fast Food, centres commerciaux, restaurants, boutiques de souvenirs et bien sûr les casinos, le tout ouvert 24 heures sur 24. Puis, notre route se poursuit le long de cette côte plate, toujours cap au nord, le trafic augmente, puis nous y sommes, Sandy Hook. C'est l'entrée de la grande baie, point de départ des ferry rapides qui vont en 20 minutes au sud de Manhattan et pour nous la dernière escale avant le passage sous le pont Verrazano qui marque l'entrée du grand port. Donc, le lendemain, après avoir soigneusement calculé le courant, nous nous dirigeons, sur le tempo de la chanson "New York, New York"  de Liza Minnelli, vers la Statue de la Liberté. De là, avec beaucoup d'émotions, enfin, nous voyons les premiers buildings de cette ville majestueuse, NEW YORK. Nous longeons Manhattan et allons mouiller au niveau de la 79ème rue sur l'Hudson. Malheureusement, les catamarans ne sont pas les bienvenus. En effet, la marina leur refuse les bouées car à plusieurs reprises, selon eux, des bouées et leur ancrage se sont rompus. Notre mouillage sur notre ancre s'est très vite avéré intenable, car le courant est vraiment fort, il atteint 3,2 nœuds. De plus, comme dans toutes les villes, le fonds est jonché d'épaves et de détritus divers où on risque de perdre son mouillage. Alors nous repartons direction du Long Island Sound, toujours avec le courant, nous remontons l'East River passons devant l'ONU et sous les plus vieux ponts, c'est vraiment une chouette expérience de vraiment se sentir "Micro" dans ce "Méga(s)" décor. Puis, nous arrivons à la seule marina qui accepte les catamarans à des prix raisonnables, et pour cause, en bout de piste de l'aéroport de la Guardia à côté du stade de tennis de Flushing Meadows où le bruit du trafic jours et nuits avec la saleté en prime, sont insupportables. Mais nous ne sommes qu'à 30 minutes du centre par le métro, ce qui nous permet de visiter la ville l'esprit tranquille. Marylaure, nous fait le grand plaisir de nous rejoindre pour nous accompagner dans nos découvertes. NEW YORK c'est trop grand, trop haut, trop habité, trop cosmopolite, trop de touristes, trop de circulation, trop riche, trop diversifié, trop de spectacles, trop de musées, trop de choses à voir, trop exceptionnel et trop unique, en un mot trop génial, mais peut-être pas pas pour y vivre.

20.07.09

A l’embouchure de Patuxent River, côté nord, Solomon Island est un des nombreux lieux de villégiature de la partie nord de la Chesapeak Bay. Toute cette région nord n’est pas trop éloignée des grandes villes, les marinas et les maisons de week-end parsèment le littoral entre des réserves naturelles et des zones militaires. Beaucoup de choses nous rappelle le Léman, l’eau y est presque douce avec une faune comme sur un lac, les pontons sont couverts de fientes de canard, les jardins des maisons ont de belles pelouses bien vertes. Nous avons revu des amis Français rencontré aux Bahamas, c’est toujours sympa de passer une soirée dans notre langue. Puis notre escale suivante à West River, dans un décor semblable, mais placée sous le signe du travail, en effet nos deux alternateurs ont été changés ainsi que le carburateur du hors bord de notre « Rolls Royce ». Aux USA, beaucoup de personnes et d’entreprises sont très performantes pour vendre et installer du matériel, mais la difficulté est que la majorité est très mauvaise et incompétente pour réparer. Puis, nous arrivons à Annapolis, première capitale des USA de 1783 à 1784, c’est à la « Maryland State House » que le parlement et le sénat du tout nouvel état a siégé en attendant les locaux de Washington. Annapolis abrite depuis 1845 l’académie naval, qui forme les officiers de la « Navy ». Aujourd’hui cette école, qui s’étend sur 135 hectares, compte 4'000 étudiants dans 19 disciplines. Les bâtiments du campus sont magnifiques, les vielles rues bordées de maison très « British », les tavernes historiques qui ont eus comme clients G. Washington, T. Jefferson ou B. Franklin, la colline avec au sommet le « capitole », en bref, Annapolis vaut le déplacement, c’est typique et très beau. Puis après avoir passé sous le Cheaspeak Bridge, nous prenons le canal pour rejoindre la Delaware Bay. Ne croyez pas que Bay veux dire baie au sens que nous l’entendons, ici ce sont des gigantesques estuaires qui dans le cas de la Chesapeak draîne l’eau d’une dizaine de fleuves. Tous les cours d’eau de la côte est américaine coulent d’ouest en est et forment une côte plate, peu profonde avec une eau limoneuse.

 
09.07.09

Monumentale, aérée et représentative, coquille vide créée de toute pièce pour abriter les institutions fédérales, Washington DC est devenue au fils des années la mémoire historique, culturelle et politique des USA. Les nombreux monuments érigés en souvenir des héros, les différents mémoriaux dédiés à des personnages célèbres et à d’anciens présidents, ou aux différentes guerres menées par les USA, Le cimetière national d’Arlington avec ses 300'000 tombes nous rappelle que l’histoire s’écrit souvent avec le sang et que la liberté n’est jamais acquise définitivement. Les musées sont également nombreux et souvent uniques au monde, la « National Galerie » ou le musée de « l’air et de l’espace » pour ne citer qu’eux. Je ne vais pas ici réécrire l’histoire des cette ville qui est connue de tous. Mais ce que je dois dire, c’est que tout ici nous rappelle que les fondateurs de cette ville étaient issus de l’élite Européenne, Anglaise et Française en particulier, cela différencie la capitale des autres villes. Le mouillage se situe juste vers l’East Potomak Park en face du marché « Sea Food » qui vend les crabes de la Chesapeak Bay et du « Capital Yacht Club », fondé en 1872. L’accueil fut chaleureux, le commodore et les membres présents, ainsi que d’autres bateaux de passage, se sont de suite investis pour nous facilité notre escale et nous souhaiter la bien venue. C’est vraiment une attitude très Américaine, qui se répète d’escale en escale, que c’est agréable pour nous quand je repense à l’Espagne ! Nous avons cru que le va et vient incessant des hélicoptères était une particularité des militaires de la base navale de Norfolk, mais ici à Washington c’est pire encore avec les politiciens et les hélicoptères présidentiels. Nous vivons et suivons également tous les préparatifs de la fête nationale (4 juillet), le Mall qui est le grand espace qui part du Capitole jusqu’au Lincoln mémorial, se couvre de tentes de fêtes avec des grills des orchestres de country. Pour la bonne marche de la fête des centaines de cabinets de toilettes sont installés, et des poubelles par millier, car ce qui nous à aussi surpris ici, c’est que la ville est beaucoup plus propre que les villes Suisse. Le soir du 4 juillet des centaines de bateaux montent le Potomac pour venir assister au gigantesque feu d’artifice tiré depuis l’obélisque, cela n’est pas sans nous rappeler les fêtes de Genève et l’armada qui s’ancre dans la rade. Nous aussi nous avons repris le chemin de la Chesapeak Bay, et c’est là en descendant le Potomak que notre mobile a sonné, l’heureuse nouvelle est arrivée, je suis le grand père d’une petite fille née à Bangalore en Inde.

 
01.07.09

James River, dans Chesapeake Bay, c’est là que se trouve Jamestown où fut établie la première colonie anglaise permanente en 1607. Un peu plus tard la capitale de cette colonie est fondée et porte le nom de Williamsburg. Puis une page importante de l’histoire s’est tournée lors de la bataille de Yorktown, où les indépendantistes menés par George Washington avec l’appui de Français, ont battu les Anglais, et ce fut la fin de la colonie. Parcourir la vieille route coloniale qui relie ces trois sites est un vrai plaisir, elle passe par des forêts centenaires. Ce qui surprend les Européens sur les sites historiques Américains, c’est que tout est mis en valeur à la mode d’un parc d’attraction, même le champ de bataille de Yorktown. Toutes les batteries sont encore en place avec leur fortifications, le terrain et la végétation sont et restent comme à l’époque, si un arbre pousse trop il est élagué, s'il meurt il est remplacé par un même au même endroit. Grâce à cette façon de faire, l’histoire devient compréhensible et ludique pour tout le monde, sans nul besoin de prés requis. Notre route continue vers le nord dans la Chesapeake Bay, peu ou pas de vent, de l’eau trouble, des casiers de pêche partout et une navigation commerciale importante. Les distances sont longues, le plan d’eau est vaste, oui les Etats-Unis sont un très grand pays, rien à voir avec la Suisse !

 
20.06.09

New Bern en Caroline du Nord, sur les bords de la Neuse River est l'une des 56 localités portant le même nom au USA et jumelées à notre capitale. Celle d'ici fut fondée par le Baron De Graffenreid en 1710, à la veille des festivités du tri-centenaire la ville et est toute belle, des nouveaux ponts enjambent les rivières et une nouvelle marina a été construite. Dans toute la ville l'effigie de l'ours de Bern est bien présente, des drapeaux, des statues, des logos de magasins et des enseignes de restaurants. Un autre événement a eu lieu en 1898, dans une modeste échoppe, c'est la création de Pepsi Cola, la marque rivale de celle d'Atlanta, l'une comme l'autre ont depuis conquis le monde. Puis nous continuons dans l'ICW, certains bouts sont longs et monotones et d'autres sont magnifiques. Dans des endroits comme Little Alligator River où il n'y a que quelques cabanes de chasse construites sur pilotis et accessible seulement en bateau, la nature est intacte et appartient à la faune locale. A part les moustiques, les taons, les serpents et les méduses et y a aussi des animaux plus sympa comme les nombreux oiseaux et les ours noirs. Les rivières sont peuplées de poissons d'eau douce malgré que l'eau y est plutôt saumâtre. A peine arrivés au mouillage une famille en vacance, propriétaire d'une cabane sur la rivière, nous invitent à partager leur "Happy Hour" et à manger, la soirée fut très sympathique. Nous étions seuls au monde et d'un coup l'apparition de ce bateau fut comme un mirage.  Puis peu à peu nous progressons vers le nord, et arrivons en Virgine, à Portmouth et Norfolk qui sont une gigantesque zone industrielle, un musée à ciel ouvert où des ponts du XIXeme siécle côtoient les usines les plus modernes. C'est aussi à Norfolk que se trouve la plus grande base navale du monde, c'est le port d'attache de plus de la moitié de la flotte de l'US Navy. C'est aussi ici que nous cherchons un chantier pour mettre Micromégas au sec pour une réparation d'hélice, en effet un bout de ficelle nous a causé des dégats. Mais les chantiers américains n'ont pas l'expérience et les outils pour lever des catamarans, c'est pour finir dans un chantier pour les gros yachts équipé d'un lift que nous pouvons faire la réparation. A Norfolk il est plus facile de sortir de l'eau un porte avion ou un cuirassé qu'un catamaran! Pour la petite histoire notre bateau est sorti de l'eau exactement en face du USS Cole, le cuirassé qui a été sérieusement endommagé lors d'une attaque au Yémen. Le bateau est remis à l'eau ce jour et nous repartons de plus belle avec un bateau qui a retrouvé la couleur blanche de sa coque. En effet, la qualité de l'eau dans l'ICW est simplement épouvantable.

04.06.09

Charleston est une ville magnifique, avec une histoire riche et ancienne (pour les Etats Unis), plus de 300 ans et la plus vieille maison remonte à 200 ans. C’est ici, au fort Sumter, que la guerre de sécession a commencé et c’est au même fort qu’elle s’est terminée. C’est également pendant cette guerre que le premier sous marin le « Hunley » à mené un combat et a réussi a couler un navire de l’union le «USS. Housatonic ». Un musée lui est spécialement dédié, car il a été renfloué et exposé dans un grand aquarium. Au bout de la presque île, à la jonction de Ashley River et de Cooper River, vers Battery Point se situe le cœur historique de la ville. C’est ici que sont construites les plus belles demeures, dans un magnifique style du sud, c’est dans ce quartier que Margareth Mitchell s’est inspirée pour son roman « Autant en emporte le vent ». En dehors de la ville se trouvent plusieurs anciennes plantations avec leurs somptueuses maisons entourées de jardins à la Française. La Caroline du sud est à la base une colonie anglaise, mais à la révocation de l’Edit de Nantes, de nombreux huguenots arrivèrent, ce qui explique cette influence, l’un d’entre eux porte un nom bien connu des genevois, « De Saussure ». Ce monsieur était l’organisateur et le responsable des ventes au marché des esclaves, qui est actuellement un musée. « Les amis de nos amis, sont nos amis », en effet le couple de navigateurs allemand rencontré à Puerto Rico nos a donné l’adresse de leurs amis de Charleston, George & Nita, nous n’avons pas manqué de leur rendre visite et avons découvert des gens charment, eux aussi navigateurs. A la marina municipale nous avons rencontré les quatre participants à la première course autour du monde Portugaise, « la Portimao Global Ocean Race ». Cette course se court en double ou en solo sur des bateaux de 12 mètres et le parcours passe par les trois caps dans les mers du sud et elle devrait avoir lieu chaque année, à suivre. Après la bénédiction donnée par un prêtre, les amarres sont larguées, que d’émotions ! Quel honneur d’être au centre de cet événement puisque les bateaux étaient juste en face de nous au ponton. Charleston est une ville qui bouge, artistiquement, culturellement et sportivement, mais c’est aussi une ville avec des bons restaurants de fruits de mer, huitres, coquilles St-Jacques et crevettes sont la spécialité de la région. Oui on y mange bien, les Américains ne mangent pas que du fast food, contrairement à certaines idées reçues par certains Européens. Charleston vaut une visite.

PS : vous trouverez de plus amples informations sur les sites internet suivants :

www.portimaorace.com                    www.hunley.org

 
30.05.09

Palm Beach est une station balnéaire typique du XIXème siècle. En effet, un capitaine d’industrie, multimilliardaire Henry Flagler, a construit la ligne de chemin de fer de Floride, puis un palace, le « Breaker’s » qui développa le tourisme. Puis il construisit le manoir « Whitehall », cadeau de mariage à sa troisième épouse, surnommé le Taj Mahal de Palm Beach. Actuellement des somptueuses maisons ont été construites ou rénovées autour des deux avenues principales, Royal Palm Way et Worth Avenue. Cette dernière, aux façades mi-hispanique mi-art-déco, a les magasins les plus cossus, comme à New York ou à Paris. Tout est prévu pour les millionnaires, leurs épouses, leurs maitresses et même leurs chiens. Mais il est temps de partir de Floride, car les orages sont de plus en plus forts et fréquents, un bateau amis à fort Lauderdale a pris la foudre dans le mât, je ne vous explique pas les dégâts ! Alors nous avons profité d’un petit vent de sud ouest et du courant qui nous ont poussés au nord à une vitesse moyenne de 10 nœuds, idéal pour cette étape de plus de 350 milles qui nous conduit à Charleston en Caroline du Sud.

 
28.05.09

Fort Lauderdale, est une ville résidentielle, aussi appelée la « Venise de Floride ». Les maisons sont construites au bord des canaux, des grands boulevards bordés de restaurants et de commerces traversent la cité. Sur le front de mer, les hôtels sont les uns à coté des autres avec leurs terrasses et leurs boutiques. La route côtière qui passe devant voit défilé quotidiennement des voitures de sport de préférence en version cabriolet, ou des pickups extravagants chargés de planche de surfs. La plage elle est le royaume des joggers, du volley ball. Route ou plage c’est la frime qui compte, et ce n’est pas nouveau, car Johnny Weissmuller se faisait déjà voir sur cette plage. Fort Lauderdale est aussi un centre de maintenance pour les yachts, on peut y trouver tous les services que l’on imagine, plus ceux que l’on n’imagine même pas ! Heureusement que Micromégas II n’avait besoin que de quelques équipements pour « l’américaniser » une VHF, des bouteilles de gaz et des documents nautiques pour notre périple nord américain. Dans une ville on profite aussi de réparer le skipper, on lui pose une couronne, pas sur la tête, mais sur une dent cassée ! Nous profitons de rendre visite à un ami d’enfance du père de Frédy, qui nous fait visiter un peu les environs. Fort Lauderdale est une escale très agréable, une ville qui a une qualité de vie au dessus de la moyenne. Puis nous partons vers le nord par l’ICW (Intra Costal Waterway). C’est une voie navigable le long des côtes, qui va de la Virginie jusqu’au Texas et qui à été achevée pendant la guerre de sécession pour des raisons stratégiques. Aujourd’hui ce réseau exceptionnel de canaux est beaucoup utilisé par la plaisance, et de nombreuses et belles propriétés bordent ces plans d’eaux. Mais la navigation dans l’ICW c’est un peu l’usine, timing, vitesse moyenne, appel VHF pour l’ouverture des ponts, concentration sur le balisage et sur les autres usagers en fait une navigation astreignante. Pour notre deuxième jour d’ICW, qui nous a conduit à Palm Beach, ce fut une journée orageuse, avec une pluie battante et des éclairs de tous les cotés. Cela faisait longtemps que je n’avais plus navigué en ciré, avec veste, pantalon et masque de plongée afin de protéger mes yeux de ce déluge !

 
24.05.09

Nos sommes en mer, le ciel est gris mais la visibilité est bonne. Puis soudain un rayon de soleil apparaît, et en même temps, des buildings sortent de la mer, cela ressemble de loin à Benidorme ou à Torrmolinos, heureusement ce n’est pas çà, nous sommes loin de l’Espagne. Nous captons les premières radios FM, en espagnol et en anglais. Quelques heures plus tard nous embouquons un chenal parfaitement balisé et admirons les magnifiques immeubles modernes et les somptueuses villas. Nous passons sous un pont à bascule, la ville a des canaux partout, des bateaux, il y en a 40'000, puis nous nous sommes amarrés au centre de la ville, sur une bouée de la marina municipale. Le lendemain nous nous occupons des formalités, et hissons un nouveau pavillon de courtoisie. Vous avez surement devinez où nous sommes ? Non ? Alors allez voir nos dernières photos, cela devrait vous aidez !

 
23.05.09 Comment nos amis ont vécu leur croisière Bahamienne? Voici leur lettre:

Chers navigateurs au long cour,

Vous avez très bien résumé les Exhumas où nous vous avons rejoints pour deux semaines. En ce qui nous concerne, nous aimerions parler de nos vacances sportives, studieuses et luxueuses.

Sportives car les 20 à 25 nœuds établis nous ont accompagné quasiment tous les jours, les pointes à 30 n’ont pas fait défaut non plus. Sportives aussi, car il fallait quelque fois un peu de courage pour se mettre à l’eau. L’eau était bonne mais le vent continuel donnait une impression de fraîcheur pas forcément engageante quant il s’agissait de se laver le soir. Sportives également, car dans certains mouillages nous avions l’impression d’avoir ancré dans une rivière en raison des courants assez forts. Il était par conséquent fortement recommandé par Frédy de ne pas lâcher l’échelle. Sportives quelquefois la nuit où nous avons été secoués dans des mouillages rouleurs. Sportives finalement grâce à plusieurs soirées où des jouxtes de Jass ont, selon les dames, montré la suprématie féminine en la matière.

Studieuses car pour apprendre à jouer au Majong, jeu que nous avions spécialement acheté en Suisse à la demande de Chantal, il faut vraisemblablement avoir fait un master en philosophie chinoise. Malgré une étude poussée faite par Jean-Daniel du mode d’emploi – somme toute assez sommaire vu la complexité du jeu – et une explication non moins poussée tentée à trois reprises par ce dernier, nous n’avons jamais vraiment réussi à comprendre ce que nous devions faire avec ces dominos aux calligraphes pas vraiment de chez nous et avec un mur (de Chine ?) que nous bâtissions pour mieux le démolir par la suite. Chère Chantal, nous sommes vraiment navrés de ne pas avoir été à même de te faire revivre tes folles soirées en Hollande d’il y a un nombre certains d’années.

Luxueuses, car de Micromégas I, nos amis navigateurs ont passé à Micromégas II, avec deux coques, ce qui finalement a bien dû doubler la surface habitable. D’une maison flottante, Chantal a passé à un château flottant. Nous avons toutefois vite pu remarquer la modestie du mousse (ou de la marine), car il s’agit plutôt d’un Relais et Château flottant. Le confort fut grandiose, on était comme à la maison, avec un lit aussi grand et les mêmes draps ! L’accueil a été comme d’habitude excellent (il est vrai que les critères de Chantal sont très élevés en la matière, et Frédy les suit très bien). La cuisine fut très variée et délicieuse, malgré la difficulté de s’approvisionner, le vin est miraculeusement sorti des coffres de Micromégas, alors que nous n’avons pas vu une bouteille dans un magasin durant notre séjour.

Chantal et Frédy, notre séjour fut parfait et nous aimerions encore une fois vous dire un grand merci pour les merveilleux moments que nous avons passés ensemble. Ce fut tellement parfait que nous avons déjà pris une option ferme pour la Polynésie. Alors à très bientôt, vraisemblablement d’abord en Suisse puis en Polynésie.

 

Bonne continuation et bon vent.

 

Christine & Jean-Daniel

 

14.05.09

Nos amis, Christine et Jean-Daniel, nous ont fait le plaisir de nous rejoindre pour une croisière de deux semaines dans les Exumas. Ces îles s’étendent de Georges Town à Nassau, elles sont parfaitement alignées sur le bord du « Bank », à l’est le sound avec plus de mille mètres de fond et à l’ouest 3 à 4 mètres. Cela permet de naviguer des deux côtés, sans aucun problème, surtout avec un catamaran et son faible tirant d’eau. Les beaux mouillages se succèdent : Farmer’s Cay, Compass Cay ou encore Highborne Cay. Beau avec une particularité : Normans Cay, ex propriété privée du trafiquant de drogue Colombien Carlos Ledher, l’épave d’un avion est encore visible dans le lagon. Beau et célèbre : Staniel Cay avec la grotte qui a servi de décors au James Bond « Opération tonnerre ». Mais la palme de la beauté revient à Warderick Wells Cay, au cœur du parc national des Exumas. Tous ces endroits sont un peu similaires, îles plates avec une végétation sèche, eaux d’une limpidité qui passe par toutes les nuances de bleu, en un mot, une carte postale. Puis au nord de l’Exumas « bank » New Providence, avec la capitale, Nassau. C’est une ville connue surtout pour sa place financière, de nombreuses banques Suisse sont représentées sur place. Pour les financiers qui se croient rusés comme de vieux renards, il y a de la place prévue à la prison qui se nomme, oh ! ironie du sort : « Fox Hill » ! Mais New Providence n’est pas que de la finance, c’est une île qui change vraiment de toutes les autres, 300'000 habitants avec 150'000 voitures sur un réseau routier des années 50, donc des embouteillages monstrueux aux heures de pointes. Paradise Island, où se trouve le célèbre Hôtel Atlantis, est reliée à Nassau par deux ponts routiers, pour acheminer les clients et les 8'000 employés de l’hôtel. Des deux côtés des ponts, le port de commerce, les marinas et l’inévitable terminal pour les paquebots, qui peuvent être au nombre de cinq simultanément. Si vous passez par là, une visite à l’aquarium de l’hôtel Atlantis vaut le déplacement. C’est sur New Providence que se trouve aussi le seul aéroport intercontinental des Bahamas, d’où Christine et Jean-Daniel rentrent en Suisse. Pour nous cap sur les Berry Islands, celles de l’est ne sont pas très courues, car pour le tourisme américain de la pêche sportive, il faut des marinas. Mais nous y avons trouvé du calme et des beaux mouillages avec un resto très typique "chez Flo" dont la spécialité est la fameuse salade de lambis. Malheureusement plus on monte au nord, vers la civilisation, plus la qualité et la transparence de l’eau diminue. Puis après une nuit de navigation de rêves avec la pleine lune en cadeau, nous avons traversé le « Great Bahama bank » pour les îles Bimini, notre porte de sortie des Bahamas où nous avons parcouru plus de 600 milles nautiques. Ce que nous retiendrons encore des Bahamas, c'est la gentillesse de la population, à l'exemple d'un homme qui a construit la maison de ses rêves avec des bouts de corail trouvés sur la plage, des faïences de récupération pour les mosaïques, c'est le facteur cheval d'Alice Town, capitale des Bimini. Pour finir un petite anecdote rapportée par un pêcheur. Pendant la fermeture estivale de la pêche à la langouste,  ce crustacé est appelé "summer crab" afin de continuer à les pêcher et de pouvoir fournir les restaurants.

 
16.04.09

Les Bahamas, de l'espagnol "Baja Mar" la mer peu profonde, est un archipel immense, long de 600 milles, formé de 700 îles et près de 2'000 cayes d'origine corallienne, avec sur les bancs une profondeur de 2 à 5 mètres. Le plus haut sommet des Bahamas, sur Cat Island, culmine à 63 mètres! Nous avons fait notre entrée sur l'île de Mayaguana qui est un port d'entrée, en fait c'est juste un bâtiment administratif entouré de quelques misérables maisons, quant au port c'est un vaste lagon, Abraham's Bay, bien abrité derrière son récif avec une eau claire. C'est comme si Micromégas était mouillé dans une piscine. Dans cette partie sud de l'archipel il y a très peu de bateaux, car les distances sont longues et les bons mouillages tout temps rares. La navigation doit être précise, car il faut tenir compte des courants et des marées, de plus il faut souvent une bonne lumière pour rentrer dans les abris, car le balisage est inexistant. Plana Cay, Acklins et Crooked offrent peu de mouillage, nous avons continué notre route sur Long Island, et avons trouvé un bon abri, et en plus sympa, à Clarence Town. Capitale de l'île, avec deux magnifique églises en pierre du XIXème siècle, l'une construite par un missionnaire, le père Jérome. A côté de cela il n'y a rien à part le traditionnel bâtiment administratif. C'est là que nous avons vu les premiers signes de tourisme, les bateaux qui font de la pêche au gros qui viennent de Floride. A quelques milles au nord, à Turtel Cove, il y a un trou bleu d'une profondeur de 200 mètres, le plus profond des Bahamas. Nous avons eu la chance d'assister à une compétition de plongée en apnée, ils profitent du calme et de la profondeur du trou bleu, pour battre des records. En effet le record du monde, avec palmes, descente et remontée par ses propres moyens à été porté à 114 mètres! Certains plongeurs restent sous l'eau jusqu'a 7 minutes, c'est vraiment incroyable, de pouvoir assister au "Grand bleu" en direct. Puis Rum Cay, sans grand intérêt, et halte à Conception, là c'est le bonheur, eau cristalline, excellent mouillage et une plage de rêve. Nous avons vu un gros requin, 2 mètres environ, qui a passé sous notre bateau, hé oui il est chez lui, et il n'est pas inutile de mettre un masque et de regarder qui se trouve dans l'eau avant de se jeter dedans. Les raies et les carangues sont elles aussi nombreuses. Nous arrivons à George Town, capitale des Exumas, là le nombre des bateaux au mouillage dépasse la centaine, mais la baie est vaste et bien abritée, le supermarché est très bien achalandé avec des prix corrects pour les Bahamas. George Town marque le milieu de notre croisière Bahamienne, et également le passage du tropique du cancer, nous allons continuer en zone subtropicale.

28.03.09

La République Dominicaine, nous la découvrons depuis Luperon qui est un endroit authentique, avec un vaste mouillage dans une mangrove "super" protégée où nous dormons très tranquilles, cela fait du bien je vous l'assure, plus besoin de rester aux aguets de l'ancre qui pourrait chasser ou autres, ouf!. Nous avons fait la connaissance de deux bateaux Suisses, et avons retrouvé un autre Suisse, Jean-Pierre, que nous avions connu à Las Palmas dans les îles Canaries, et avons revu il y a un an à Pointe-à-Pitre. Cela nous fait plaisir de pouvoir à nouveau parler le français. C'est l'endroit idéal pour attendre la bonne météo pour la suite de notre voyage. Comme dans tous les mouillages gratuits, certains navigateurs restent des années et leurs bateaux deviennent des épaves incapables de reprendre la mer, c'est un peu "la cours des miracles". D'autres qui n'ont plus l'envie ou le courage de repartir posent leur sac à terre, se marient avec une Dominicaine, de préférence de dix ou vingt ans plus jeune, et ouvrent un restaurant, un bar ou un autre commerce. Beaucoup de femmes d'ici rêvent de se marier avec un "gringo", cela leur procure une sécurité matérielle pour elle, pour les enfants et souvent pour une partie de leur famille. Nous avons fait quelques achats à Puerto Plata et en avons profité pour visité la ville, malheureusement il n'y a pas grand chose à voir. C'est une ville industrielle avec son port de commerce, une place centrale qui est propre et accueillante, des quartiers populaires et en périphérie une zone résidentielle avec des beaux supermarchés. Le voyage en direction de Santiago, nous donne une meilleure idée du pays. Il faut franchir la cordillère septentrionale pour arriver dans une vaste vallée où les cultures sont nombreuses et variées: tabac, légumes et fruits. Le flanc des montagnes est utilisé pour l'élevage et la plantation de café, cela donne un aspect très vert et naturel malgré une exploitation intensive des terres. La ville de Santiago, deuxième du pays, n'offre pas un grand attrait touristique, c'est une métropole grouillante d'activités, avec de larges avenues bordées de garages, commerces, banques et bureaux divers. Les marchés aux légumes, sont nombreux, pas chers et proposent une variété incroyable de produits d'excellente qualité. La visite du centre culturel, avec sa fabrique artisanale de cigares, offert par la manufacture de tabac Jimenez à l'occasion de son centenaire en 2003, est une visite très intéressante. Chaque cigare est roulé à la main, avec un mélange de quatre sortes de tabac, puis il est pressé pendant 2 heures. Après avoir été contrôlé un à un est mis en "cave" pour huit mois. C'est après ce long processus qu'il est emballé et mis en vente, comme le vin, le fromage ou d'autre produits naturel, le temps est un élément important de la qualité du produit.

19.03.09

A Boqueron, nous avons fait connaissance avec des navigateurs Allemands et avons sympathisé avec eux. Ils nous ont prêté tous les documents pour la suite de notre voyage qui va nous conduire au nord pour l'été prochain. Nous avons également eu un bon contact avec Shelly qui tient une agence de voyage et qui facilite la vie des navigateurs avec différents services. Dès que nous avons eu les bonnes conditions météo, nous sommes partis le soir pour la traversée du Mona passage, qui est réputé difficile. Nous l'avons passé sans aucun problème, avec du vent soutenu entre 20 et 25 noeuds. C'est ce qu'il nous faut pour que le bateau marche au mieux et même la mousse a apprécié. Pour se protéger des embruns et de ce fort vent, la mousse a trouvé le bon truc en mettant son masque de plongée sans oublier le tuba bien sûr. Quel look! avec le gilet en prime. Après une seconde nuit en mer, nous sommes arrivés à Puerto Plata, plus exactement à "La Marina Ocean World". Dans un décor kitch, mais plus kitch tu meurs, nous avons fait les formalités d'entrées, organisées par la marina, ce qui évite les arnaques de faux douaniers. Hé oui, nous sommes en république Dominicaine, où les salaires sont de 150 à 200 dollars US par mois. Arrivés à la marina, trois officiels, certains en uniforme, mais chaussés de tongs, car les chaussures sont trop coûteuses, montent à bord. Ministère de l'agriculture, de la marine et de la lutte contre les stupéfiants, nous leur offrons un coca, qu'ils ne boivent pas car ils le gardent pour la famille, et ils commencent à recopier notre certificat de pavillon et nos passeports, en n'ayant jamais entendu parlé de la Suisse, car ils ne savent vraisemblablement pas lire et à peine écrie. Puis pour éviter une fouille, un petit "cadeau" de 5 dollars US chacun, facilite la procédure. Ils sont d'ailleurs charmants et très gentils. Puis c'est le tour des douanes et de l'immigration, mais cette fois à leur bureau qui se trouve dans la marina, c'est plus simple que de courir à travers un port de commerce. Maintenant: à la découverte de ce pays!

15.03.09

Notre arrivée sur l'île principale de Puerto Rico s'est faite à Palmas Del Mar, dans une marina flambant neuve qui fait partie d'une zone résidentielle avec golf, plage, piscine et supermarché, un ghetto pour riches retraités Américains. Nous étions certainement le premier bateau non Américain à avoir fait escale ici et nous ne l'avons pas regretté. Pas seulement à cause du tarif promotionnel, mais surtout pour la gentillesse des gens, du personnel de la marina, des autres plaisanciers et surtout des membres du club de pêche au gros. En effet, le week-end de notre escale un concours était organisé. Nous avons été invité aux deux soirées par le propriétaire des lieux qui nous a très vite considéré comme faisant partie de sa famille. Nous avons également eu la chance d'assister au retour d'un bateau qui a sorti, après dix heures de lutte, un espadon de 522 livres, soit environ 250 kg, cela nous a fait inévitablement pensé au livre d'Ernest Hemingway "Le vieil homme et la mer". Attendre le poisson géant jusqu'a trois heure du matin autour d'une paëlla géante, improvisée avec ce que nous avions tous sous la main, fut très sympathique. Nous avons apprécié le côté latin et spontané de la culture Hispanique, et le côté ouverture et efficacité nord Américain. Ce sont les Portoricains, ce mélange très réussi. Nous avons évidement visité la vieille ville de San Juan, une merveille d'architecture Espagnole entouré par ses remparts et le fort San Cristobal. Ce fort a défendu victorieusement la ville contre les pirates, les Hollandais et les Anglais pendant trois siècles, mais en 1898 les Américains l'envahirent en une demie-heure, autres temps, autres moyens. Après toutes ces émotions nous avons poursuivi notre route par la côte sud de l'île, le paysage est somptueux, la haute chaîne de montagne au centre abrite des forêts pluviales, comme par exemple le parc national de "El Yunque" et les collines basses le long du littoral abritent des forêts sèches, comme à St John. Le contraste entre les deux est étonnant, d'un côté une jungle de plantes grasses et de l'autre des gigantesques cactus, le tout finissant sur la côte par des mangroves extraordinaires, qui sont aussi protégées. Puis nous avons contourné le Cabo Rojo, un nouveau cap difficile sur notre route, à la pointe sud ouest de Porto Rico, pour nous ancrer dans la grande Bahia De Boqueron où nous attendons le moment le plus favorable pour franchir le "Mona passage" qui nous conduira en République Dominicaine.

07.03.09

Puerto Rico et les îles Vierges Américaines, c'est rentrer de pleins pieds aux USA. Les fonctionnaires du nouveau département "U.S. Customs and Border Protection" sont serviables et polis, c'est presque une joie de faire les formalités. Nous les avons faites sur l'île de Culebra, qui est avec Vieques les deux petites à côté de Puerto Rico. Ces îles ont été prises aux Espagnols lors de la guerre Hispano-Américaine de 1892, et ont le statut de protectorat. D'autre part, les bureaux, les magasins, les bus et les restaurants sont froids comme des congélateurs, climatisation à l'américaine oblige, lors de la commande d'une boisson dans un lieu publique, le gobelet ou le verre est rempli à ras bord de glace. Sur les pontons des marinas, on circule avec des voitures de golf électriques, tout cela est bel et bien le mode de vie US. Culebra est un lieu de vacances pour les gens fortunés de Puerto Rico, les belles résidences sont nombreuse et chers, mais l'île n'offre que peu d'intérêt. Vieques, elle, a un passé et un présent un peu problématique. En effet il y a une dizaine d'années le centre d'essai des munitions de la marine Américaine a fermé à la suite des protestations des habitants. Le taux élevé de maladies rares, de malformations et de cancers, provoqués par des essais divers, dont certains chimiques, sont à l'origine de cette décision. La partie "est" de l'île qui était la zone des cibles a été transformée en Parc National, donc pas de construction ni de promenade en dehors des routes. Pour les bateaux, les mouillages sont nombreux et déserts, car les plages de sable blanc sont à risques! comme le titrait un journal: "sous le sable, les bombes". Mais la partie centrale où se trouvent les 11'000 habitants essaie de se reconvertir au tourisme. Sur la côte sud, à Esperanza, c'est assez sympa, l'eau y est limpide, et quelques sites de plongée attirent du monde. Tandis que sur la côte nord "la capitale" Isabella II est une petite ville pauvre et sale.

27.02.09

Les Îles Vierges Américaines, St.-John, St.-Croix et St.-Thomas sont à l'origine des possessions Danoises que les USA ont achetées, pendant la première guerre mondiale pour 25 millions de dollars de l'époque. Tout dans ces îles rappelle ce passé, en premier lieu le nom des villes, leur architecture et la conduite à gauche, comme dans les pays scandinaves autrefois. La ressemblance s'arrête là, car elles ont chacune leur particularité, St John est presque entièrement classée parc national, à l'exception de sa localité principale, Cruz Bay. De ce fait elle est très peu peuplée et possède de nombreux mouillages tranquilles avec une eau transparente, où il est interdit d'ancrer, pour préserver les fonds marins, mais des bouées payantes et bien entretenues sont à la disposition des plaisanciers. Puis nous avons mis le cap au sud, pour arriver après 35 milles d'une navigation musclée, très musclée (dixit la mousse) à Christiansted. A la la grande joie du skipper, c'est la première navigation, depuis une année que nous avons Micromégas II, qui se termine sans casse ou autres problèmes, pas une ligne à ajouter à la liste de travaux à faire ou à modifier. Nous espérons être arrivés à  enfin fiabiliser ce bateau. St.-Croix, est la plus grande et la plus peuplée des trois. Son territoire est partagé entre tourisme et pétrole. En effet, la majeure partie des plantations de canne à sucre, où est produit le rhum "cruzan", a été transformée en terrain de golf. Sur les côtes de nombreux hôtel et villas se sont installés près des belles plages. A Teague Bay le "St.-Croix Yacht Club" est très actif et dans son clubhouse nous avons même vu le guidon du CCS offert par l'ancien capitaine de groupe Lémanique, M. Cochard. Sur la côte sud un gigantesque port pétrolier avec sa non moins gigantesque raffinerie ont été implantés. Cette industrie fournit du travail et apporte beaucoup d'argent à l'île, qui est reliée par un aéroport international et un service d'hydravion aux autres îles, business oblige. Fridriksted, sur la côte ouest est en pleine rénovation et essaie de faire venir les paquebots qui sont encore rares. Charlotte Amalie, sur St.-Thomas, est visitée quotidiennement par deux ou trois paquebots. C'est partout le même scénario, clientèle en majorité américaine, obèse et tatouée, fringuée avec mauvais goût qui se fait transporter en taxi et en bus jusqu'aux commerces de luxe. Le nombre de bijouteries qui ont une enseigne "Little Switzerland" et qui vendent toutes sortes de montres est impressionnant. Il est étonnant de voir que toutes les marques sont représentées avec des produits assez coûteux, il n'est pas rare de voir des montres à cinquante milles dollars! Mais la ville est charmante, les vieilles maisons Danoises sont restaurées avec soin, de nombreux passages entre les maisons ont été aménagés avec des terrasses où il fait bon boire un verre à l'ombre. Les rues principales sont envahies de voitures, de préférence des gros 4X4 ou des pickups américains bien sur! Cela nous rappelle que nous sommes aux US Virgin Island.

18.02.09

Nous avons eu le plaisir de recevoir pour quelques jours nos amis André et Ray Checa, le parrain du premier Micromégas, dont vous pouvez toujours relire le discours sur la page bateau. Après avoir visité les îles Jost van Dyke, Norman, Peter, Cooper et bien entendu les Baths sur Virgin Gorda, nous avons terminé notre super croisière à Nanny Cay Marina pour la réparation de notre enrouleur de génois. Mais nous en avons dit assez, laissons le clavier à nos amis.

Bien chers amis,

Nous tenons infiniment à vous remercier pour ces vacances de février aux Iles Vierges où vous nous avez donné la possibilité de découvrir la navigation, tranquille  : style croisière de luxe. On s'habitue vite aux bonnes choses. Chécou s'est vraiment régalé à manœuvrer et moi-même très heureuse de me savoir "le pied marin".  Nous allons être obligés de tester nos nouvelles aptitudes dans d'autres lieux du monde !! cependant serions-nous capables de traverser l'atlantique? c'est une autre histoire. Etions heureux d'être accueillis par nos amis Frédy et Chantal à l'aéroport de Tortola. Sommes partis à pied tous les quatre, et, surprise! nous voilà sur une plage de sable fin, nous sautons dans l'annexe et après quelques minutes, étions arrivés à destination sur Micromégas.  Quel accueil chaleureux et peu banal. Le premier jour a été le plus difficile car nous avons tiré des bords pendant plusieurs heures et le fameux "mal de mer" a handicapé le parrain qui a vite été remis sur pieds grâce à la pharmacie de bord. Les jours suivants furent merveilleux, cette grand île plate d'ANEGADA avec cette houle de 2,50 m pour nous accueillir, les chèvres en liberté, cette plage paradisiaque de sable fin de Cow week Bay. Ensuite JOST VAN DYKE, un petit grain puis un vent à 40 nœuds, et des sportifs suisses qui s'amusaient au kitsurf, une nuit mouvementée, tangage et roulis, bruit dans le mât, tout cela était nouveau et intéressant. Encore une belle plage et son pélican, ses maisons typiques en bois très bridiez et notre soirée dansante au "Foxy Bar" après notre délicieux repas de poisson Mahi Mahi. Ensuite NORMAN ISLAND et sa réserve naturelle pour la plongée. Puis COOPER ISLAND, toujours une eau transparente verte et des poissons. L'arrivée aux BATHS, ces gros rochers très typiques  (Ile Gorda- Devils Bay) très tôt le samedi matin est un de nos meilleurs souvenirs. Magnifique baie, eau calme et transparente, snorkling toute la journée, des poissons superbes (entre autres, la femelle perroquet avec son ventre rouge, et les deux grandes raies que Frédy a approchées). Et pour terminer à ST-PETER ISLAND, une longue baignade et cette belle palmeraie abritant un hôtel bien intégré sur cette belle plage.  Le dernier soir à la marina , fêtons nos adieux à la bière et pina colada. Nous tenons à vous remercier pour ce beau voyage-découverte qui nous laisse des souvenirs impérissables.  Nous avons tout particulièrement apprécié les mouillages toujours choisis judicieusement afin de profiter au maximum de la nature sauvage, de la préparation minutieuse des parcours étudiés avec soin par Freddy, nous avons une réelle confiance en lui et n'avons jamais eu peur.  Et bien entendu, merci à "la mousse" pour les amarrages dans les baies et sa cuisine (pas évidente à faire) sur un bateau, bravo. Plein de gros bisous, et nous espérons, à bientôt.

Ray et Chécou.

05.02.09

Les Îles Vierges Britanniques, ont comme d'autres le statut de territoire britannique indépendant. Bien qu'historiquement ces îles soient un repère de pirates et de flibustiers les habitants sont très gentils, serviables et tournés vers le tourisme. Il n'y a plus que les toponymes, l'île Jost van Dyke ou le Sir Francis Drake Channel qui nous rappellent l'époque ou ces gredins étaient les maîtres des lieux. Le plan d'eau des Îles Vierges ressemble un peu à un lac américain, la navigation de plaisance y est très développée avec de nombreuses bases de location, des marinas, des restaurants, le tout adapté aux goûts, aux habitudes des Américains, et relativement chers. En effet, la navigation est facile, le balisage en état et les distances d'une île à l'autre courtes. L'autre activité ici, comme partout dans les Caraïbes, est celle des paquebots, nombreux avec leur clientèle en majorité Américaine. Nous avons fait notre entrée à Virgin Gorda après notre traversée de 80 milles depuis St-Martin, sous un ciel sans lune mais couvert de millions d'étoiles. C'était tout simplement féerique. Au Gorda Sound nous avons retrouvé, des compatriotes "Dreamtime", Claudia et Jörg, que nous n'avions plus revus depuis les Canaries. Nous avons passé 4 jours ensemble pendant lesquels nous avons bien entendu échangé nos trucs entre navigateurs, et avons même joué aux vrais retraités en faisant des parties endiablées de jass. Puis Anegada et son grand récif, cette île a bien des points communs avec Barbuda, un peu à l'écart des autres, plate et corallienne avec des plages de sable blanc qui ressemble à de la farine tellement il est doux et fin. La capitale, où nous sommes en ce moment, Road Harbour, sur l'île de Tortola est une petite ville propre avec beaucoup de circulation, quelques commerces et les inévitables marchands de souvenirs. Mais, nous nous sommes ici pour attendre des pièces de rechanges pour notre enrouleur de génois, la poisse nous poursuit. Cette fois-ci c'est un roulement à billes de l'enrouleur qui montre quelques faiblesses, mais heureusement cela ne nous empêche pas de naviguer. Alors nous restons dans cette région encore quelques semaines.

24.01.09

Attendre, attendre et encore attendre, c'est notre rythme depuis notre arrivée à St.- Martin. En effet nous avons constaté que notre système de charge des batteries fonctionnait mal, voir pas du tout. Alors une régulation externe des alternateurs, comme je l'avais déjà fait sur le Gib'Sea 372, devenait indispensable. Trouver un électricien capable, commander des pièces aux USA, les faire expédier par Fédex, les réceptionner, les monter, constater que ce ne sont pas les bonnes, retour à la case départ puis une fois toute l'installation faite, les réglages et les consultations téléphoniques avec le fabricant. Arrive le jour ou tout fonctionne, victoire ou miracle? Nous ne savons pas, car il faudra valider tout cela en mer et nous espèrons ne plus jamais en parler. Nous avons également changer une batterie moteur plus celle du générateur, ainsi que modifier les bossoirs de l'annexe pour que nous ne risquions plus de la perdre en navigation. Nous constatons une fois de plus que les techniques issues de l'automobile ne conviennent pas aux bateaux, mais uniquement à la politique des prix que les grandes chantiers pratiquent. Entre le travaux nous avons même un peu temps pour faire du tourisme, de faire les magasins, c'est là, oh! grande surprise, que nous avons trouvé, vous ne devinerez pas, oui oui, un vacherin Mont d'or, un vrai au lait cru. Un délice d'hiver, car ici aussi c'est l'hiver, il fait nettement plus froid que dans les Grenadines, les grains sont fréquents et froids. La nuit on supporte une petite couette et pour tout vous dire le skipper a eu un petit refroidissement avec toux et nez qui coule, classique hivernale! N'oublions pas la mousse qui l'a soigné avec amour. Encore une nouvelle tâche qui s'ajoute à sa liste déjà bien longue. Notre leçon de patience prend fin, et nous pouvons mettre le cap au nord, pas pour rattraper l'hiver mais pour aller à la découverte des îles vierges.

07.01.09

Les fêtes de fin d'année, un grand plaisir pour le skipper et un vrai grand bonheur pour Chantal, avec à notre bord ses fils David, Gabriela son épouse, Alexandre et un ami de la famille Didier. En plus, la croisière fut très réussie, un peu de nature en Dominique, une pincée d'histoire à English Harbour, un zest de sable blanc à Barbuda, un bain de foule pour Nouvel An à St.-Barthélémy, quelques gouttes d'eau à Anguilla et du shopping à St.- Martin le tout sous un alizé assez fort par moment. C'est la bonne recette pour nos invités, pour supporter le froid polaire de l'Europe et reprendre le chemin du bureau avec un ou deux kilos en trop. Pour nous, c'est alors l'heure de faire du nettoyage, de la lessive et de l'entretien. Encore et encore des petits soucis électriques et diverses améliorations sur le bateau. Mais nous avons bon espoir de venir à bout de ces travaux rapidement et de pouvoir enfin continuer notre voyage.

10.12.08

La montée au nord avec nos amis Hans et Lydia, fut très humide. En effet, c'est cette semaine que la dernière forte onde tropicale est passée sur les Grenadines et nous a copieusement arrosé. Des journées entières d'une pluie battante avec des rafales de vent ne donne pas le même charme au splendide lagon des Tobago Cays ou aux luxuriantes forêts de Saint Lucie, tout se passe dans un dégradé de gris. Du gris plomb des grains au gris clair de l'humidité, il n'y avait que l'ambiance qui n'était pas de couleur locale. Nous avons passé une toute bonne semaine avec nos amis et avons enfin pu naviguer à la voile. Un test grandeur nature du bateau, et la liste des travaux s'est encore allongée, plus de tension dans les batteries, problèmes électroniques, travaux à faire dans le gréement, accastillage à modifier, de l'eau dans le réservoir du hors bord et des tauds à faire recouper. En plus des travaux déjà prévus comme la révision de la survie et l'achat de diverses pièces de rechange, l'escale du Marin en Martinique fut indispensable, pénible et très couteuse, mais aussi l'occasion de retrouver des chers amis. Puis est venu s'ajouter une interminable liste d'avitaillement, car nous profitons de la dernière escale pratique pour faire les courses, ici les supermarchés ont un accès direct pour les annexes, donc pas besoin de louer une voiture et de la manutention en moins. Pour notre goût de Suisse les produits français, c'est comme à la maison, surtout les plats cuisinés et les conserves consommées au large. Par exemple, la moutarde sucrée trouvée dans les magasins américains n'est pas notre préférence. Alors maintenant repos et natation dans une eau avec une température idéale de 27 degrés, cela nous fera du bien au dos, hé oui, à force d'avoir porté, déplacé et rangé des conserves et des pièces, nous sentons le résultat. La rencontre surprise, ici au Marin, fut celle d'un homme qui m'interpelle en me disant: "salut Frédy nous nous sommes vus il y a quinze ans en Thaïlande". A mon grand étonnement, il se présente et me rafraîchit la mémoire,  Freddy et Daisy un charmant couple de Belges, ami de Félix  et Monique et, qui fait du charter dans les Antilles. Que le monde est petit!

Demain, départ pour la Guadeloupe et les fêtes de fin d'année avec les fils de Chantal. Nous vous souhaitons déjà, à toutes et à tous, un joyeux Noël et une excellente nouvelle année. Qu'elle soit pour chacun remplie de joie, santé, paix, amour, amitié ...

14.11.08

Carriacou et Petite Martinique sont des îles qui font partie de Grenade, la vie y est beaucoup plus calme qu'a St Georges. Beaucoup d'habitants ont un membre de la famille qui travaille aux USA, car Grenade est un pays occupé par les Américains, qui ont envahi les îles en 1983 pour éviter une dictature communiste. Ils ne sont pas restés mais une économie saine et dynamique a été mise en place et une sécurité que beaucoup leurs envie. Mais revenons à Carriacou, au sud il y a des îlots paradisiaques, Saline et White Island, nous y sommes restés plusieurs nuits. L'eau est cristalline, on distingue le fond, même en pleine nuit, comme dans un aquarium. La journée, les plongées sur les récifs environnants sont un vrai bonheur. Après cela notre arrêt à Tyrrel Bay nous a paru encombré malgré l'avant saison. Puis cap sur Hillsborough pour les formalités de sortie, avec l'inévitable arrêt baignade à Sandy Island qui a un peu perdu de son charme. En effet lors du dernier cyclône les quelques cocotiers plantés sur ce banc de sable ont disparu.

La petite navigation au moteur, l'alizé ne s'est pas encore levé, jusqu'à Union qui fait partie des Grenadines - St Vincent nous a fait découvrir un nouveau problème, le pilote automatique ne répond pas comme il se doit, son compas est bien fatigué et en fin de course. Encore une ligne sur la liste des travaux à faire ! Puis à l'arrivée dans le mouillage de Clifton, nous partons à l'aéroport faire les formalités d'entrée, quelques courses et un repas du soir au resto. De retour au bateau, la mousse constate avec horreur que le plancher de notre cabine est mouillé. Nous découvrons assez vite qu'un cambrioleur s'est introduit dans le bateau par les panneaux de secours qui se trouvent entre les deux coques. Nous nous apercevons que nous avons oublié pour la première fois de verrouiller ces panneaux. Bilan de cette leçon, disparition de quelques montres, bijoux et de notre I-Pod, plus de musique jusqu'à ? Si un de vous reçoit un appel suspect, vous tenez le voleur! merci et bravo. Le lendemain nous portons plainte, un inspecteur de police vient faire le constat à bord, il a eu du plaisir de visiter le bateau dans tous ces coins et recoins . Il rédige son rapport avec les méthodes du XIXème siècle, tout est écrit à la main avec un crayon à encre et cela nous a pris toute la matinée à le regarder écrire. Reste à savoir s'il va retrouver ce qui nous a été volé?! Tout est collant par l'eau salée car le cambrioleur est venu à la nage. Nous avons donc pu suivre son parcours à la trace mouillée dans le bateau. Heureusement qu'il était parti à notre arrivée, le skipper lui aurait fait passé un sale quart d'heure, croyez-moi! Puis nous partons pour trois milles, cap au sud, passons à coté de Palm Island, de Punaise et Morpion, pour mouiller à Petit Saint Vincent (PSV) dans le jargon local. Cette îlot a un hôtel de luxe qui comporte 22 bungalows, réservés à une clientèle fortunée en quête de dépaysement. En effet les bungalows, qui sont vraiment assez éloignés les uns des autres, n'ont pas de téléphone mais un système de pavillon. Quand le jaune est hissé, le room service est demandé et quand c'est le rouge, c'est le signal qu'il ne faut pas déranger. En-dessous des drapeaux il y a une boîte aux lettres dans laquelle les clients notent leurs désirs du moment. Le relevé de ces boîtes se fait toutes les 20 minutes.

Puis le moment de retourner à Clifton arrive, car nous attendons nos amis Hans et Lydia, qui vont nous accompagner jusqu'au Marin en Martinique.

06.11.08

Gouyave, est un village de pêcheurs sur la côte ouest, modeste et pauvre, les toits en tôle  sont bordées de dentelles de rouilles, les murs sont délavés et de couleurs sales, les maisons délabrées avec des carreaux cassés. Les routes du village sont défoncées et bordées de caniveaux profonds et l'église n'a plus que quelques poutres de charpente intacte, le reste s'est effondré définitivement lors du passage du cyclone Yvan, il y a 4 ans. Le clocher est étayé avec des poutrelles métalliques, pour qu'il ne tombe pas sur les habitations des alentours, l'horloge ne montre plus l'heure depuis longtemps. Mais le vendredi soir, c'est le soir du poisson "fish friday", la fête, les grills et les friteuses, les petits bars à rhum et à bières envahissent la rue principale au son de quelques groupes de vieux musiciens rasta. Le village se métamorphose et l'on oublie tout dans la bonne humeur avec des spécialités culinaires locales qui sont délicieuses. La gentillesse des habitants de cette île se confirme une fois de plus, tout n'est que sourire et gratitude.

Et notre moteur ? nous avons eu la bonne surprise de recevoir les pièces plus tôt que prévu. Le colis contenait les bonnes pièces et était complet, le professionnalisme existe aussi dans le domaine du nautisme. Le lundi matin notre mécanicien a procédé à  l'installation de notre échangeur. Je ne vous décris pas notre joie d'entendre le ronronnement de notre Volvo et de voir l'eau sortir de l'échappement. Le lendemain, le mardi 4 nous avons enfin quitté le Phare Bleu pour mettre le cap sur St. Georges. La capitale est une petit ville, l'île ne compte que 100'000 habitants, mais une intense activité y règne, le port de commerce et le port des paquebots en sont les acteurs. Il y a aussi le chantier de Port Louis, une marina de luxe avec hôtel, appartements et boutique qui est entrain d'être construite. Cette réalisation va passablement changer l'aspect du lagon, des pontons et il y aura naturellement un quai pour les "super yachts". Il remplacera le mouillage gratuit et les quelques pontons pour les barques locales.

Et maintenant cap au nord pour la suite de notre voyage, après un mois d'attente c'est enfin le moment.

24.10.08

L'été s'achève, les jours deviennent plus courts et les matins sont frais, nous avons fait nos adieux au papa de Frédy qui nous a quitté le 21 août, puis David, le fils de Chantal, s'est marié avec Gabriela le 19 septembre. C'est ainsi que va la vie, des moments tristes et heureux se succèdent. Notre long séjour en Suisse nous a permis de revoir tous nos amis et de vivre avec eux des moments merveilleux. Puis est arrivé le temps de poursuivre notre aventure, le 7 octobre l'avion en provenance de Londres se pose à Grenade, il fait chaud et beau, le rêve. La réalité nous rattrape, les pluies de la saison humide ne sont pas finies, les ondes tropicales sont encore abondantes et fréquentes, la grosse chaleur éprouvante et surtout les moustiques ne sont pas encore en vacance d'hiver. Le cyclone Omar sévit sur St.-Martin, heureusement loin de Grenade. Et nous découvrons notre cher "Micromégas II", avec des mauvaises surprises par la même occasion, le système de refroidissement d'un des moteurs est hors d'usage à cause de la corrosion, notre annexe est cuite et complètement décollée. Puis lors de la remise à l'eau, le groupe électrogène a également des problèmes de refroidissement et des silentblocs cassés. Commence alors une infernale course aux pièces de rechange, pour la pièce Volvo, elle est seulement disponible en Suède chez le fabricant, avec un délai de livraison ! Elle peut être commandée uniquement par un agent officiel ! Nous regrettons de ne pas être équipé de moteur japonais, fiable avec des pièces de rechange partout dans le monde, mais cela aussi c'est la vie et çà fait partie de l'aventure. Entre l'achat d'une annexe, l'envoi d'un e-mail ou d'un coup de téléphone, nous prenons le temps de faire un peu de tourisme. L'île est très belle et la population vraiment accueillante, la sécurité ne pose aucun problème, beaucoup de ressortissants de Trinidad et Tobago se sont établis ici pour ces raisons. Nous découvrons que le chocolat est une spécialité de Grenade, pas celui au lait comme en Suisse, mais le pur cacao. Nous avons visité Belmont Estate, qui est le principal producteur de l'île, avec une tradition de plusieurs siècles. Sur la côte sud, le tourisme est en plein développement, entre les zones résidentielles et une université Américaine, dans de nombreuses baies des "marinas"se sont construites avec souvent qu' un ou deux pontons et quelques bungalows. C'est dans l'une d'elle, le Phare Bleu, créé et tenu par un couple de Suisse, que nous avons trouvé le seul mécanicien qui semble être capable de trouver les pièces et de réparer nos moteurs. Il s'appelle Mike, il travaille avec sa compagne Lucy, c'est un charment couple d'anglais, dans lequel nous avons mis tout nos espoirs.

15.06.08

Nous laissons la plume à nos amis Françoise et Didier : 

Après 7h de vol, quelle joie de retrouver Chantal et Frédy. Tout bronzés, nos amis nous firent un accueil très chaleureux.

Nous allons directement à Ste Anne où nous avons découvert leur « boat sweat boat » Nous avons été très impressionnés par Micromégas II. Le bateau est magnifique, digne de paraitre dans Voiles et Voiliers. Equipements techniques, aménagements, le top du top!

Après un bon ti-punch et un repas de bienvenue préparé avec amour par nos amis, une bonne nuit à bord dans notre suite, nous larguons les amarres en direction de Ste Lucie. Superbe navigation. Le lendemain, nous prenons un taxi et visitons une partie de l’île, Soufrière, le jardin botanique. Nous avons été émerveillés par les différentes variétés de la flore: roses de porcelaine, balisiers, oiseaux de paradis, arbre des voyageurs, enfin il est impossible d'en dresser la liste exhaustive. Une vraie leçon de botanique. Naturellement une halte au marché afin d'acheter quelques fruits et légumes et un magnifique thon avec lequel nous nous sommes régalés!

Malheureusement cette journée s'est assombrie en apprenant que le papa de Frédy était très malade. Frédy et Chantal ont pris la décision de descendre sur Béquia comme prévu. Nous avons navigué sous vent de sud-est, avons pris un grain à la pointe nord de St Vincent ce qui a mis un peu de piment à notre navigation! La santé du papa s'aggravant de jour en jour, notre skipper décida de se rendre le plus rapidement possible à Grenade afin de prendre le premier avion pour Genève.

Nous étions très ennuyés pour nos amis, mais étions impuissants face au destin. Nous sommes arrivés à Prickly Bay au sud de Grenade après avoir parcouru plus de 70 miles dans la journée. Les paysages ont défilés plus beaux les uns que les autres avec un vent de 15/16 nœuds. Naviguer sur Micromégas II est un vrai bonheur, surtout quand on a le vent avec nous.A Grenade, Chantal a trouvé 2 billets pour Genève et c'est ainsi que s'est terminé notre aventure après avoir aidé à désarmer le bateau en catastrophe! Il ne faut pas croire que la vie a bord est toujours babacool, le stress fait aussi partie du voyage, surtout en de telles circonstances. Un grand merci à Chantal et Frédy de nous avoir reçus si royalement à bord

de leur château flottant et de toutes leurs délicates attentions (anniversaires, repas, etc) on s'en souviendra! nous avons vécu de grands moments de partage. Vive l`amitié. 

Françoise et Didier. 

Nous avons juste pris les 2 dernières places restantes sur le seul vol hebdomadaire de British Airways pour Londres.et ensuite Genève. Le lendemain nous avons retrouvé un temps pluvieux et frais bien de chez nous. Les pantalons longs, ont remplacé les shorts, les chaussures ont remplacé les tongs, (sauf pour la mousse dont les pieds vite en sang, refusent de se faire coincer dans les chaussures) les pulls et les chaussettes sont de rigueur. Dire qu’il faisait si beau et délicieusement chaud à Grenade, heureusement que nous sommes en été !

Mais rassurer-vous, nous avons eu une navigation exceptionnelle pour les deux derniers jours, 15 à 20 nœuds de vent dans la bonne direction, ce qui nous a permis de faire des moyennes de 8 nœuds, de quoi nous laisser un bon souvenir en attendant l’automne et la suite de notre périple.

Depuis notre arrivée dans les Caraïbes, le 15 décembre 2007, nous avons parcourus 1636 milles dont 1300 avec notre nouveau catamaran. 

Nous vous souhaitons un bel été. 

Dès la remise à l’eau de Micromégas II, courant octobre, le temps pour nous de retrouver nos réflexes de marins, nous reprendrons ensemble l’habitude, pour nous, de vous tenir au courant de la suite de notre belle aventure et, pour vous, de continuer à nous lire.

 

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