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16.11.11 |
Début novembre, les prévisions météo sont bonnes et nous partons
pour la traversée. Les conditions de mer sont dures, 30 nœuds de
secteur Sud Ouest, une mer agitée, faire du près dans des vagues
de 3 à 4 mètres n'est pas une sinécure. Tout va cependant bien
mis à part un petit mal de mer pour le skipper qui est le plus
souvent couché. Après 24 heures de navigation nous reprenons un
fichier grib, avec stupeur nous constatons qu'une dépression
s'est formée sur notre chemin et les prévisions nous donnent des
vents de l'ordre de 25 nœuds de secteur Sud, donc droit dans le
nez. Dans ses conditions nous préférons retourner aux Fidji et
attendre des jours meilleurs. Nous devons également dire que les
autorités Fidjienne ont été exemplaires, pas de tracas inutile,
nouvelles formalités faite en un rien de temps et gratuitement.
Dans ce galop d'essai 350 milles, nous avons formé une bonne
équipe, efficace et fiable en nous complétant très bien, mais
nous avons cassé le roulement du tambours d'enrouleur de génois.
La chance nous aidant, notre ami Jean-Marc nous prête un foc de
50% que nous pouvons porter sans problèmes jusqu' 35 nœuds de
vent, mais nous devons utiliser notre profil d'enrouleur comme
étai creux. Pour la compréhension de notre histoire je vais vous
donner un petit cours de climatologie. Les oscillations
océaniques, plus connue dans le Pacifique sous le nom de "el
niño" et "el nina" déterminent le régime des vents. En effet,
lors d'une année "el niño" c'est des marais barométriques qui se
forment et laissent monter les dépressions jusque dans la zone
tropicale. A l'inverse dans les années "el ninia" c'est des
anticyclones très puissants de plus de 1035 Hp qui tiennent les
tempêtes loin au Sud, mais qui génèrent des vents de l'ordre de
30 nœuds sur leurs flancs. Puis enfin dans les années où il n'y
a pas d'oscillations significative comme cette année, ce sont
des anticyclones faibles de 1020 Hp, qui ne sont pas très
dynamiques et qui peuvent laisser passer des fronts voir une
dépression se former spontanément dans leur zone. Vous avez
certainement compris notre situation, ce qui nous est arrivé est
ce qui pourrait nous arriver bientôt, car je pense que le départ
est tout proche. Si cela vous intéresse allez voir sur le site
www.metvuw.com c'est le site
le plus consulté par les navigateurs en attente aux Fidji. |
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03.11.11 |
L'archipel des Fidji est
formé de deux grandes îles et trois cents
petites, un bassin de croisières parfait, des beaux paysages,
une population accueillante et un bon service pour les bateaux.
Ces îles furent aperçues pour la première fois par Abel Tasman
au XVIIème siècle, puis le capitaine Cook y fit escale en 1770
et le capitaine Bligh (après la mutinerie du Bounty) traversa
l'archipel dans sa chaloupe. Pour mettre fin aux guerres
tribales et au pillage des richesses, les Fidji ont demandé la
protection de la Grande Bretagne au XIXème siècle et sont
devenus indépendants en 1970. La population compte 850'000
habitants dont 49% de mélanésiens, 45% d'indiens et 6% d'autre
origines. Les mélanésiens sont très différents des polynésiens,
leur peau est plus foncée, leur cheveux sont crépus et leur
stature est nettement plus petite. Les femmes n'ont pas les
cheveux long et la grâce des polynésiennes et la tenue
vestimentaire est clairement d'inspiration indienne. Les
commerces, le marché et les restaurants nous rappellent l'Inde au
point de s'y méprendre, les affaires c'est sacré pour un
indien. Nous avons fait notre entrée à Savu Savu sur l'île NE de
Vanua Levu, puis notre route nous mène à travers le Bligh water
aux îles Yasawa où nous avons eu le grand plaisir de retrouver
Claudia et Jörg du bateau Dreamtime. Nous les avons connu il y a
4 ans aux Iles Canaries et nous sommes courus après jusqu'à
maintenant. Nous allons gentiment à Lautoka, situé sur l'île SW de Viti
Levu pour
attendre la bonne météo en vue la grande traversée sur la
Nouvelle Zélande. La traversée de 1'100 milles sur un océan qui
pourrait nous réserver de grosses surprises car nous quittons la
région tropicale et sa météo stable. En effet, au sud du 30ème
nous arrivons dans les suites d'anticyclones, de dépressions et
de fronts qui les accompagnent, donc nous devons bien choisir
notre fenêtre météo. Nous nous réjouissons de revenir ici la saison
prochaine pour découvrir mieux ces îles qui le méritent. Pour
l'instant nous n'avons eu qu'un rapide aperçu de la population,
des traditions, des beautés et des difficultés de navigation de
cet archipel. A première vue il n'existe pas de guide nautique,
les cartes ont des énormes zones non ou approximativement
cartographiées et les mouillages sont le plus souvent profond
avec des marées et des courants difficile à comprendre. |
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19.10.11 |
170 milles plus à
l'ouest se trouve l'autre petite île Française, Futuna que nous
avons atteint après une traversée très calme. Cette île de 4'000
habitants est non seulement isolée mais aussi dépendante de
Wallis. Une liaison aérienne par jour avec sa voisine, un cargo
par mois, une banque ouverte deux jours par mois, pas de pharmacie ni de téléphone mobile, oui le
bonheur est possible sans parcmètres! Au super marché chaque
client a un carnet de crédit ou sont notés scrupuleusement les
achats, comme chez nous il y a 50 ans. Le paiement et fait
lorsque la banque est ouverte, mais comme partout il y a les
bons et les mauvais payeurs, du travail en perspective pour le
chef du village. Ils y a trois royaumes,
donc trois rois, qui ont une autorité coutumière avec les chefs
de villages, le fonctionnement est le même qu'à Wallis. Ils est
très compliqué de se lancer dans un commerce, car
l'approvisionnement est compliqué et aléatoire à l'exemple de ce
qui est arrivé à un couple de "papalani" (Européen en langage
local) qui ont ouvert une pizzeria, le seul restaurant de
Futuna. Ils commandent de la marchandises fraîches et surgelées,
qui doivent arriver par le cargo, à la réception ils constatent
que les dockers ont mal remplis les containers, les surgelés ont
dégelés et les légumes sont arrivés congelés, le tout impropre à
la consommation, donc impossible de travailler avant le prochain
bateau! C'est aussi çà la vie tranquille sur une île du bout du
monde. Maintenant cap sur la Mélanésie, avec une petite
provision de confitures Françaises "Bonne Maman" aux fruits
inconnus sous ces latitudes, cerises noires et rouges, fraises,
abricots, prunes et autres. Au revoir Polynésie, baguettes et
petits pains au chocolat. |
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10.10.11 |
Nous sommes le
23eme bateau de l'année qui fait son entrée à Wallis (pas Valais
en allemand) mais la petite île Française nommée Uvea en
polynésien qui est généralement associée à Futuna. Ces
possessions Françaises forment un TOM (Territoire d'Outre Mer)
depuis 1959, elles sont situées entre les Samoa et les Fidji.
Découvertes en 1616 elle deviennent protectorat Français à la
fin du XIXème siècle, les forces Américaines construisirent une
piste d'aviation pendant la seconde guerre mondiale qui sert
aujourd'hui d'aéroport civil. La population polynésienne est
très préservée, elle n'a que peu subi l'influence des
missionnaires, les chants et les traditions sont restés très
vivants. Le roi entouré des chefs de villages, les Laveluas, ont
plus d'influences que l'administration Française. Les 9'000
habitants sont catholiques, mais un catholicisme qui a du
s'adapter aux coutumes locales. Les cathédrales sont
d'architecture Normande et complètement surdimensionnées, cela
donne un mélange assez spécial. Nous avons eu la chance
d'assister à la célébration de Sainte Thérèse, la patronne d'une
petite chapelle du village de Liku. La journée se déroule de
manière suivante: très tôt le matin les hommes de chaque famille
riche tuent un cochon qui est offert à la paroisse et les femmes
préparent de la nourriture pour le repas de la fête. Avant la
messe, les cochons sont alignés devant l'église, les pattes en
l'air couchés sur un panier tressé rempli d'ignames. Au
préalable ils ont été passés brièvement sur le feu et bourrés de
feuilles de bananier ceci pour la bonne présentation. Suit
l'office avec des chants polynésiens, puis à la fin de la messe,
les chefs s'installent sous un couvert à l'ombre, le reste des
hommes au soleil devant les cochons. C'est à ce moment que
commence la cérémonie du kava, les chefs décident ensuite
à qui sont offerts les cochons. Sur chaque bête figure le nom du
donateur, qui est annoncé et les chefs donnent le nom du
bénéficiaire. Après cela, les chefs, les hommes et les invités,
nous étions parmi ces derniers, prennent place autour d'une
table couverte de victuailles quelques femmes nous servent et
les autres attendent dehors. Ce gigantesque banquet ressemble à
la dernière page d'un album d'Astérix le Gaulois. Dès la fin du
repas, les femmes passent à table et dehors les jeunes hommes et
femmes du village commencent les danses traditionnelles. Les
membres des familles habitant un autre village paient les
danseurs et les danseuses de leur parenté à coup de billets de
5'000 francs pacifique (environ CHF. 55. --), ils le
font d'une manière bien voyante pour afficher leur statut
social. Cet argent revient en partie au chef de village qui en
fera bénéficier la communauté, les cochons, l'argent et la
nourriture sont un flux ininterrompu entre les individus et
entre les villages, ceci au profit de toute la communauté. En
fin d'après-midi chaque bénéficiaire approche son véhicule et
charge son cochon sous l'œil attentif du chef responsable de
l'opération. |
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23.09.11 |
Nous voilà à Apia dans les Western Samoa, de retour au chaud
dans la zone des alizés, loin de l'effet des puissants
anticyclones du Sud. Nous sommes amarrés dans la marina de la
capitale et avons profité de laver Micromégas à l'eau
douce et au savon, il a subitement changé d'allure, il paraît
plus neuf. Les deux principales îles des Western Samoa sont
Upolu et Savai'i qui ont attiré au XIXème siècle des collons
Allemand en majorité, Anglais et Américain. Un condominium des
ces trois puissances, avec trois consuls qui soutenaient chacun
un roi, qui entretenaient des guerres locales en armant les
indigènes ont administré les Samoa jusqu'en 1918, puis après la
première guerre mondiale les Anglais, via la Nouvelle Zélande ont
dirigé ces îles jusqu'à l'indépendance en 1962. Aujourd'hui
c'est un pays moderne, mais dépendant des puissances étrangères
USA, Japon et Nouvelle Zélande qui pratiquent un néo
colonialisme financier, car les Samoa importent tout et
exportent seulement quelques fruits. Robert Louis Stevenson,
tusitala "le conteur" en samoan, a
vécu les cinq dernières années de sa vie dans sa propriété en
dessus d'Apia et sa tombe se trouve au sommet du mont Vaea. Il est le plus célèbre habitant des Samoa.
L'île d'Upolu, où se trouve la capitale, est la plus peuplée. A
l'intérieur, la forêt tropicale très dense règne en maître, elle
s'accroche sur des coteaux escarpés, elle est impénétrable, des
rivières, des chutes d'eau et des vallées profondes ponctuent ce
paysage. En dehors, les petits villages sont nombreux, les
habitants pratiquent une agriculture vivrière et de l'élevage
dans une terre volcanique très riche. L'habitation est restée
traditionnelle. Ils vivent dans des "falés" qui sont en fait un
toit, en pandanus, supporté par des piliers en bois, en dessous
duquel est aménagé un plancher à 50 centimètres du sol. Sur
cette surface, la vie familiale s'organise sur des nattes à même
le sol, les matelas et les quelques meubles occupent également
l'espace. La particularité, qui reste aussi dans des
constructions plus modernes en béton et tôle ondulée, est
l'absence de parois verticales. Il y a au plus quelques nattes
ou tissus colorés pendus pour couper le vent et donner de
l'ombre, la surface n'est pas divisée elle reste adaptable à des
besoins changeants. Le "falé" est en général peint avec
des couleurs vives, décoré avec originalité et ses alentours
agrémentés et égayés de fleurs et de bosquets. Il n'y a que les
banquiers et les prêtres qui vivent dans des belles maisons, à
l'occidentale avec climatisation et eau courante, avec le jardin
clôturé et si possible un garage. Les églises sont énormes, avec
des architectures diverses et souvent incongrues sous ces
latitudes. Le reste de la population vit sur les côtes et
développe le tourisme, activité encouragée par le gouvernement
car c'est la seule ressource du pays avec le paradis fiscal
qu'ils ont créé. La population reste pauvre et compte sur
l'argent envoyé par les jeunes qui s'expatrient, malheureusement
ces revenus sont dépensés dans les deux choses les plus
superflues, et surreprésentées aux Samoa: les églises et les
voitures. |
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17.09.11 |
Niuatoputapu, l'île la plus au nord des Tonga et également la
plus isolée, elle est peuplée de 800 habitants. Le mode de vie
sur cette île a un retard d'un siècle, les gens ne parlent pas
ou très peu l'anglais, n'ont pas d'électricité, pas de produit
de consommation superflu genre cannettes de bières ou de coca et
pas d'emballages plastiques qui polluent leur environnement.
Leur comportement est en certains points le même qu'a l'arrivée
des premiers Européens, ils échangent des fruits contre des
petits objets qui leur font plaisir: des piles, des vêtements,
des tongs, du fil de pêche ou des perles en verroteries pour la
fabrication de colliers. Ils
vivent dans des maisons préfabriquées que la Nouvelle Zélande
leur a donné suite à un tsunami qui à détruit toutes les cabanes
en tôles ondulées. Ils font toujours la cuisine sur un feu
ouvert, car le propane est cher et le ravitaillement aléatoire,
un cargo par mois dessert l'île mais ce n'est pas garanti, et
son chargement moins encore. La seule activité en dehors de la
culture vivrière c'est le tissage des nattes en pandanus qui
sont commercialisée à la capitale Nuku'alofa. Le peu d'argent
gagné avec cette activité est remis pour la plus grande part à
l'église et le reste pour l'achat de savon, riz, farine, sucre
et de produits pétroliers, pour les hors-bord et les
générateurs. Les seuls emplois
sur l'île sont les fonctionnaires et les instituteurs et seul
l'école a une connexion internet avec un générateur pour le
courant électrique. Dans le village où nous sommes il y a une
seule télévision avec une antenne satellite ce qui a permis à
tous le village de voir le match d'ouverture de la coupe du
monde de rugby qui se dispute en Nouvelle Zélande, événement
important, car c'était les "all blacks" Néo Zélandais contre les
Tonga. En Océanie le rugby est le sport le plus populaire,
beaucoup plus que le football, sur toutes les îles il y a un
terrain et des matchs amateurs avec des supporters qui dansent
pour soutenir leur équipe, avec "fair-play" et bonne humeur, ce
qui change des terrains de football Européens. Nous avons
également fait une visite sur l'île en face, Tafahi, qui est un
volcan éteint de forme parfaitement conique, d'une altitude de
600 mètres et sur ses flancs un village de 40 habitants. Comme
partout deux églises (concurrence oblige), une école et une
salle de réunion pour les hommes où ils boivent le "kava" et
regardent la télévision. Le "kava" est un jus fermenté extrait
d'une racine, ses effets sont légèrement enivrants, l'avantage
est qu'il abrutit sans rendre agressif mais provoque des caries
et le déchaussement des dents, de plus il provoque de l'exéma
sur tout le corps. Les hommes en boivent en fin de semaine, le
soir après le travail aux champs et le dimanche après midi, car
l'église le permet. L'école compte huit élèves de différents
niveaux et une institutrice s'en occupe. Le contact avec la
population est très enrichissant, nous donnons le surplus de
notre pêche et de notre chasse sous marine à la population
contre des fruits. Nous sommes contraints, comme les îliens, de
trouver notre nourriture fraîche sous peine de ne manger que des
boites de conserves ou de spaghettis. Avec mon ami Jean-Marc, du
catamaran Lifou avec lequel nous naviguons depuis deux mois, je
progresse à grands pas en matière de chasse sous marine.
N'imaginez pas que c'est simple de repérer le poisson, de
plonger en apnée à une dizaine de mètres, d'attendre sans bouger
que le poisson comestible que l'on veut s'approche, de décocher
une flèche dans la tête et de le ramener en vitesse dans
l'annexe. Jean-Marc est un super prof et moi un élève assidu,
tandis que nos femmes sont d'une patience exemplaire à nous
attendre. |
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01.09.11 |
Après une fosse océanique profonde de 10'000 mètres, nous arrivons sur une montagne sous
marine dont certaines pointes émergent, c'est les Tonga, un
royaume situé juste sur la ceinture de feu du Pacifique et
derrière la ligne de changement de date, nous avons d'un coup
perdu 24 heures. Baptisé
par Cook "friendly islands" en opposition avec Niue qu'il a
nommé l'île sauvage, l'attitude des indigènes avait fait la
différence. L'histoire est partout, a quelques virgules
près, la même: premières colonisation humaines il y a 2'000 ans,
puis arrivée des premiers Européens, Schouten, Tasman, Wallis et
bien sur Cook, suivi en 1820 des missionnaires et accès au
pouvoir du roi Tupou Ier en 1845. La particularité des Tonga,
est qu'ils n'ont jamais été colonisés, malgré les visées de
l'Allemagne et grâce à la protection de l'Angleterre, le roi est
toujours resté sur son trône et aujourd'hui encore le roi Tupou
V règne sur ces îles. Les 105'000 habitants sont les plus
pauvres que nous ayons vu en Polynésie, les lois d'immigrations
en Nouvelle Zélande sont maintenant très strictes et rendent
l'exode difficile, c'est le prix d'une indépendance totale qui
n'est pas facile pour la population. Après une
traversée sans histoire et la pêche d'un beau thon, nous
arrivons à Neiafu dans le groupe des îles Vava'U, endroit très
touristique avec une base de location de bateau. Ce groupe
d'îles est composé d'un dédale de bras de mer, de motus, de
mouillages, de baies et de rochers, le tout est couvert d'une
épaisse végétation. Trouver un mouillage avec une protection
tout temps ne pose pas de problème particulier, il sont
tellement nombreux et tous plus beaux les uns que les autres. En
dehors des mouillages, coté océan, l'eau est claire et chaude,
28° environ, les baleines à bosses, tout comme à Niue,
fréquentent ce littoral. Les nuits sont fraîches et nous avons
ressorti une petite couverture pour dormir bien au chaud,
l'hiver n'est pas encore fini. Le dimanche, le jour du Seigneur
il est illégal de travailler, de pêcher, de se baigner, de
danser, il n'y a pas de radio ou de télévision qui émet, les
commerces, les restaurants et même l'aéroport sont fermés. Mais
j'ai plus vite fait d'énumérer les activités autorisées: très
tôt le matin préparer le "ounou" le four traditionnel, aller à
l'église, manger, faire une sieste et en fin d'après midi aller
chanter à la maison communale. La tenue vestimentaire des hommes
est une chemise et un pagne, le dimanche une cravate et une
grande ceinture en tissage traditionnelle complète
l'habillement, pour les femmes une même ceinture est portée sur
la robe de tous les jours et pour les étrangers il est
simplement interdit de se promener en tenue de plage ou sans
chemise sous peine de poursuites, ceci tous les jours. L'église
majoritaire est wesleyenne, mais le catholicisme, le
protestantisme, l'anglicisme et les mormons sont aussi présents.
Nous avons été invité par Ma'ake pour le repas du dimanche, donc
après l'église nous nous rendons chez lui, la maison est très
simple et dépourvue de mobilier, une natte est étalée à même le
sol puis une nappe blanche avec deux feuilles de bananier en
guise de plat. Le festin se compose de produits simples que l'on
trouve en abondance sur l'île, fruit de l'arbre à pain, patates
douces, tapioca, igname et taro. Le luxe de ce dimanche avec des
invités était un poulet et une boite de corned-beef préparée
avec des feuilles de taro. Ici le dicton "la religion c'est
l'opium du peuple" prend tout son sens, avec en plus une dose
d'alcool et un peu de "pakalolo" dans le tabac, cela aide à
trimer dur et à accepter la pauvreté. |
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15.08.11 |
Un énorme bloc de
corail sorti de la mer qui se trouve par 19° Sud, c'est Niue,
qui est le plus petit état démocratique du monde. Les côtes sont
partout abruptes avec de nombreuses grottes, un tout petit récif
frangeant ceinture l'île et le plateau côtier est pratiquement
inexistant. Dans la baie d'Alofi, la capitale, nous sommes
amarrés à des bouées du Yacht Club où il y a 30 mètres de fonds
avec des baleines à bosses qui nagent à moins de 10 mètres des
bateaux. Ici ce n'est plus l'alizé qui domine mais les fronts
occlus dans un marais barométrique. En effet, nous sommes entre
deux systèmes, au sud les vents d'ouest souvent forts dus aux
tempêtes de neige, et les alizés au nord, l'influence
du continent Australien se fait sentir. Niue avec sa population
de 1'400 habitants a le même statut que les îles Cook et dépend
partiellement de la Nouvelle Zélande. Avec son vol hebdomadaire
en provenance d'Auckland, Niue a commencé à s'ouvrir au
tourisme, elle offre essentiellement des sites de plongée
exceptionnels avec une visibilité de l'ordre de 30 mètres et
bien sur l'observation des baleines, elles viennent mettre bas
dans ces eaux tropicales pendant l'hiver austral. Le spectacle
est fascinant, elles sautent, battent de la queue et frappent
l'eau avec les nageoires pectorales, le spectacle est permanent
et nous sommes toujours prêts, camera au poing, d'essayer de
faire "LA PHOTO". L'accueil du commodore du
Yacht Club, Keith Vial, restera dans nos mémoires, en premier
lieu il nous explique comment sortir l'annexe de l'eau, car ici
impossible de la laisser amarrer au quai, la houle nous la
détruirait, alors il faut l'accrocher à la grue et sauter sur
l'échelle puis la mettre sur des cases de stationnement à l'aide
d'un charriot prévu à cet effet. Puis, il nous conduit, avec sa
Mercedes, au local du club où il nous explique non seulement son
fonctionnement mais aussi son importance, car il faut savoir que
le Niue Yacht Club compte plus de membres que la population du
pays, à cause des bateaux de passage qui s'inscrivent. Comme
d'autres, nous sommes dorénavant membre du plus grand des petits
Club du monde. Dès qu'il a su le métier que je faisais, il nous
a conduit à la prison de Niue, un portail hors d'usage, un mur
d'enceinte de 50 centimètres de haut et un bâtiment comportant
six cellules, mais ici contrairement à la Suisse pas de
surpopulation carcérale, la prison est le plus souvent vide. A
côté de la prison il y a le golf club, ici pas besoin de "golf cart",
ceux qui ne veulent pas marcher font le parcours avec leur
voiture, pas de chichi, la vie est simple et rustique.
Nous avons loué une voiture pour faire les 50 kilomètres que
représente le tour de l'île et découvrons des villages
partiellement abandonnés, car après le dernier cyclone
dévastateur (Herta en 2004) beaucoup
sont partis s'établir en Nouvelle Zélande. Mais ce dernier a
permis, grâce à l'aide internationale, de reconstruire un
aéroport, un hôpital, un bâtiment administratif et divers autres
édifices. L'intérieur de l'île est recouverte d'une brousse
assez dense et reste quasiment inhabitée, par conséquent propice
pour se servir de papayes, de noix de cocos. Pour agrémenter
le lunch de brousse, Frédy prend la machette et coupe un jeune
cocotier pour une salade de cœur de palmier. De retour à Genève
je ne prendrai pas de machette au jardin botanique, c'est
promis! |
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03.08.11 |
Toujours dans
l'archipel des îles Cook, Palmerston où nous faisons une courte
mais intéressante escale. Courte parce qu'il n'y a pas de
mouillage abrité, ceci est du à l'absence de passe, alors rouler
à ne pas se tenir debout sans se tenir fermement ne nous
encourage pas à rester. Je n'ose pas même imaginer ce que cela
doit être sur un monocoque. Intéressante par sa population, en
effet, James Cook a découvert l'atoll de Palmerston en 1774 qui
était désert. C'est en 1862 qu'arrive le citoyen Britannique
William Marsters accompagné de sa femme Polynésienne et des deux
sœurs de cette dernière. C'est ainsi que les 65 habitants sont
issus des trois familles qu'il fonda, qui sont aujourd'hui
encore sur l'île, mais les jeunes doivent émigrer à Rarotonga,
en Nouvelle Zélande ou en Australie pour trouver un mari ou une
épouse, les risques de co-sanguinités étant trop importants.
Aujourd'hui encore la société fondé par Masters est très
Britannique et puritaine, l'anglais est la seule langue parlée,
le polynésien est seulement chanté à l'église. Ils nous ont même
avoué chanter en maori sans comprendre du tout le texte! Toute
activité est proscrite le dimanche, même la baignade pour les
enfants, et la baignade un jour de semaine se pratique habillée,
même entre frères et sœurs afin de ne pas choquer. La seule
activité économique qui reste après l'abandon du coprah (cours
mondiaux trop bas), c'est la pêche dans le lagon,
essentiellement des perroquets qui sont congelés et vendus dans
les restaurants de Rarotonga. Malgré l'isolement de l'île, le
passage du cargo se fait quatre fois pas année si le patron le
veut bien, les gens vivent bien. Il y a quelques emplois
gouvernementaux, un policier, un administratif, un employé de la
voierie, un représentant de la marine, une infirmière et trois
institutrices. La scolarisation est exemplaire, tout le cycle
obligatoire ainsi que le bac se fait sur l'île et le niveau
permet de rentrer à l'université d'Auckland. L'infirmière,
actuellement la fille de Ton Neal, est en poste à Palmerston
pour une année, son cabinet de consultation est très bien équipé
et elle est en contact avec un médecin de la capitale. Malgré
leur bonne organisation, l'isolement ne doit pas être facile et
en plus mieux vaut être en bonne santé car aucune évacuation par
avion n'est possible. Se faire ballotter sur les bouées mise en
place pour les voiliers de passage, ne pas pouvoir utiliser son
annexe car le passage sur le récif est dangereux, devoir partir
pour plusieurs jours de mer quand cela devient dangereux, c'est
le prix à payer pour accéder à ce petit paradis. Les gens sont
d'une grande hospitalité, ils viennent nous prendre au bateau,
nous invitent dans leur famille pour le repas et nous font
visiter leur motu dont ils sont très fiers. A tout hasard je
vous donne la position du mouillage, car les cartes sont
évidement fausses: 18°02,884'S 163°11,61`3'W. |
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28.07.11 |
La passe de
Maupiti était impressionnante, du courant, un double alignement
et un possible mascaret. Mopelia était carrément stressant, fort
courant, la passe très étroite et un décalage d'une centaine de
mètres avec le GPS. Tout ceci n'est en fait qu'un entrainement
fort utile pour la passe d'Aitutaki dans les îles Cook. La passe
est artificielle et n'est pas creusée bien droite, le courant
sortant peut être de 4 nœuds, elle est plus étroite encore que
celle de Mopelia et son décalage GPS est de l'ordre de 300
mètres. En plus elle est profonde de seulement 1,6 mètres à
marée basse, en prime elle n'a pas de balisage et nous conduit au mouillage d'Arutanga
où il y a de la place pour 4 ou 5 bateaux mouillés sur deux
ancres. Avant de mettre le cap sur cette île il est prudent de
s'informer si il y a de la place car à l'extérieur le mouillage
est intenable et dangereux, voilà pour les inconvénients. Mais
une fois installé dans le seul mouillage de l'île, c'est le
paradis, les autorités comme la population (2'000 habitants)
sont d'une gentillesse rare et les prix correspondent à une
réalité économique, rien à voir avec les prix artificiels de la
Polynésie Française. Ici les produits sont néo zélandais, tout
comme la monnaie, les lois, les accords économiques et les
passeports. Aitutaki a été découverte en 1789 par le capitaine
Bligh 17 jours avant la célèbre mutinerie du Bounty. Les îles
Cook
sont indépendantes depuis le 4 août 1965 mais ont gardé ces
liens avec la Nouvelle Zélande. Les rares vol internationaux
arrivent à la Capitale sur l'île de Rarotonga et de là Aitutaki
est desservie tous les jours. Les habitants manifestent tous les
dimanches contre le vol qui a lieu malgré leur volonté le jour
du Seigneur, car ici le dimanche est sacré, aucun magasin,
station service ou autre ouvert ce jour là. Une autre chose très
agréable, fixée dans une loi du début du XXème siècle, les
chiens sont interdits dans les îles Cook, enfin des promenades
tranquilles sans se faire aboyer contre, pas de risque de se
faire mordre et pas de slalom à faire entre les crottes. Le
tourisme est l'unique ressource d'Aitutaki, il y a deux hôtels
assez luxueux et les autres sont des belles pensions, des
affaires familiales. La clientèle provient des pays voisins et
d'Allemagne, cette île est connue pour la facilité avec laquelle
on peut se marier, certains motus sont réservés pour cela. Des
excursions en annexe dans le lagon, avec baignade et plongée ou
encore une ballade en scooter sur les routes très peu
fréquentées à travers les forêts et les cultures sont non
seulement un dépaysement mais un plaisir tellement c'est beau. |
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20.07.11 |
16°49,000'S 153°55,000'W cent milles nautique à l'ouest de Maupiti, c'est la coordonnée de la dernière île de la Polynésie
Française. Mopelia est un atoll habité par trois personnes, un
couple Franky & Monique lui est tahitien, elle est française.
Mais c'est surtout avec Hina que nous avons eu beaucoup de
contact, elle est native de Maupiti et à l'âge de 37 ans elle
est venue s'établir ici. Elle a surement, au fond d'elle même un
drame ou un problème qui ne nous concerne pas, mais ce qui est
important, elle a le cœur sous la main. L'activité de ces gens
c'est le coprah, c'est aussi leur seul lien avec l'extérieur,
car un bateau vient uniquement sur demande, appelé avec une BLU,
quand il y a au minimum 300 sacs à prendre. Deux sacs de de
cette chaire de noix de coco séchée représente une matinée de
travail. Nous avons d'ailleurs aidé Hina à remplir quelques sacs
afin qu'elle puisse nous accompagner le reste de la journée. Les
autres bateaux ce sont soit des braconniers de tortues soit de
rares bateaux de plaisances qui peuvent apporter quelques
denrées fraîches, du courrier et des journaux. De temps à autre,
un navire de la marine Française passe par ici pour les
braconniers et rappeler à tout le monde que Mopelia c'est encore
la France. Une fois franchi la très impressionnante passe
d'accès au lagon, 25 mètres de large avec un fort courant
contraire qui varie de 4 à 12 nœuds en fonction de l'état de la
mer, on arrive dans un des plus beaux lagon. L'eau y est
cristalline, la plage d'une blancheur à peine croyable et le
mouillage abrité avec un fond de bonne tenue, le rêve.
Nous y avons fait une escale de huit jours, des jours bien
remplis, la pratique de la chasse sous marine demande beaucoup
de rapidité, car plus d'une fois un poisson est volé et dévoré
au bout de la flèche par des requins. La chasse au Kaveu (crabe de
cocotier), comme je l'ai déjà expliqué, nous occupe pour la
soirée. La pêche au varo, c'est un crustacé qui vit enfoui dans
le sable et son goût est encore meilleur que la langouste. Hina
nous a enseigné la technique de pêche, une paire de palmes, un
masque, un tuba et une "turlute", c'est un hameçon circulaire
comme pour les poulpes, avec çà aller sur un banc de sable et
chercher à une profondeur d'environ deux mètres. Le reste n'est
qu'une affaire de technique et de coup de main, chercher le trou
faire descendre la "turlute" et remonter le varo. La première
fois il faut mettre une combinaison car ce sont des heures que
j'ai passé dans l'eau pour un piètre résultat. Puis une plongée
à l'extérieur la passe s'impose, car c'est là que gît l'épave du "See Adler" un
bateau Allemand de la première guerre mondiale, commandé par Luckner,
c'est une histoire et un personnage intéressant, allez voir sur
internet cela en vaut la peine. Nous étions plusieurs bateau au
mouillage, dont un Lagoon 500 équipé d'un cabinet dentaire. En
effet, son propriétaire est un dentiste qui rend service à la
population dans les îles qui sont dépourvues de ce service. Hina
s'est fait soigner une carie et moi j'ai une infection sur une
près molaire qui nécessite un traitement de racine. Alors pour la
suite du voyage, nous avions prévu Suvarov, l'île de Tom Neal le
Robinson des temps modernes, mais ce n'est pas nous qui avons décidé
du changement de cap, mais ma
dent malade, donc nous suivons le cabinet dentaire. |
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08.07.11 |
La dernière des
îles sous le vent, Maupiti, nous a charmé par sa simplicité,
son authenticité et sa propreté, c'est un retour à une société qui nous
rappelle notre enfance dans les années 60 en Suisse. Les 1'200
habitants vivent principalement de la culture des melons et des
pastèques qu'ils plantent dans les cocoteraies avec de la terre
transportée sur les motus depuis l'île. Ils règlent leurs problèmes
politiques comme nos conseils généraux
dans les petites communes des campagnes Suisse. C'est, par
exemple, à la suite d'un référendum qu'ils ont refusé un projet
hôtelier dans leur lagon, ils ne veulent pas être envahis comme
l'île voisine de Bora Bora. Leur éloignement ne les gênent pas
et ils l'acceptent, car il découle en partie d'un choix qu'ils
ont fait. Comme dans d'autres îles les enfants à partir de 12
ans vont à l'école, en internat, à Raiatea et les femmes
enceintes comme les malades vont à l'hôpital à Tahiti. Il y a
deux vols et trois liaisons de ferry hebdomadaire, qui les
ravitaillent en courrier, en nourriture et en visiteurs. Car Maupiti
compte quelques pensions pour les touristes qui veulent
vraiment découvrir ce petit paradis. Un voyage ici se mérite,
car il y a des aléas, par exemple la passe qui est
impraticable même pour le ferry et ceci 30 jours par année. En effet,
vu l'étroitesse de la passe et son orientation, quand une forte
houle du sud se lève un violent courant sortant crée un mascaret
gigantesque qui empêche le passage de tous les bateaux. Autre
exemple, propre à la Polynésie en général, et à Maupiti en
particulier, il y a quelques mois le ferry, Le "Maupiti express"
le seul qui assure la ligne est accidenté sur un récif, le
pilote s'étant endormi. Pendant les quatre mois nécessaires à la
réparation et surtout à l'attente des pièces envoyées de je ne
sais ou en bateau, le service n'était simplement plus assuré.
Les enfants n'ont plus vu leur parents car l'avion est trop cher
pour eux et les deux magasins n'étaient plus très bien
achalandés, c'est çà aussi le prix de la tranquillité. Nous
avons fait la connaissance de Claude et Georges, un charmant
couple de Français qui vit ici depuis 12 ans, parfaitement
heureux de ce choix pour une retraite tranquille, avec des prix
"normaux" loin de la folie de Bora Bora. |
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29.06.11 |
Notre passage est fait auprès de l'administration, avec notre
autorisation de sortie nous passons chez Kim Fa, un chinois
évidemment, une entreprise de
distribution de boissons, qui nous
livre notre commande de vin totalement hors taxes. Puis avec nos
documents et notre plein de vivres, de vin, de bières et de
diesel nous mettons le cap à l'ouest. Raiatea est incontournable
car nous y avons des amis à qui nous tenons à dire au revoir,
puis Bora Bora qui est un excellent endroit pour attendre la
bonne météo. De plus nous assistons à la soirée d'ouverture du "Heiva"
les fêtes de juillet. C'est un spectacle de danses traditionnelles
splendide d'un très bon niveau, l'amateurisme est absent et
l'encadrement est professionnel, tourisme oblige! Bora Bora est
pour nous, c'est un hasard, le point de rencontre de tours du
mondistes différents, souvenez-vous du bateau solaire lors de
notre précédente escale. Cette fois-ci nous rencontrons une
Hollandaise de 15 ans qui veut boucler son tour du monde avant
ses 16 ans et ainsi passer dans le livre de record comme la plus
jeune circumnavigatrice, nous vous laissons aller sur son site:
www.lauradekker.nl pour
vous faire votre propre opinon sur ce genre d'exploit. Que nous
reste-il de la Polynésie française? Un goût de paradis, une douceur de
vivre extraordinaire, une population d'une gentillesse
inimaginable et bien sur des paysages somptueux. Cependant il y
a deux choses qui nous ont déplus, la première est une
spécialité culinaire, le poisson "Fafaru". C'est du poisson cru
arrosé d'un jus obtenu en faisant macérer des têtes de crevettes
et des morceaux de poisson dans de l'eau de mer. Ce plat a une
odeur épouvantable mais un Océanien doit avoir le même dégoût
devant un camembert fait à cœur ou un Munster bien vieux, le
goût est culturel. La seconde déception est la politique locale,
qui est faite de magouilles, de corruption, de combines
avec une absence de responsabilité comme nous n'en avons jamais
vu ailleurs. Gaston Flosse et Jacques Chirac sont des amis, ils
traînent les mêmes casseroles, emplois fictifs et combines
diverses, leurs avocats ont les mêmes arguments devant les
tribunaux. Le tout au détriment d'une population qui ne mérite
pas cela et qui est attachée à la France malgré ce que certains
indépendantistes comme Oscar Temaru veulent nous faire croire.
En "Flossynésie" comme titrent certains de leur journaux,
je trouve que la politique et le poisson "Fafaru" ont la même odeur
et le même goût de pourri! Maintenant nous remettons le cap à
l'ouest, car il reste deux îles de la Polynésie Française à
visiter, nous les découvrirons peut-être, si la météo nous le
permet. Nous écrirons bien évidement un petit texte dans notre
journal, mais nul ne sait quand, car internet va devenir rare et
difficile. |
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10.06.11 |
Nous avons
eu la joie d'avoir la visite de Philippe et Diana, le frère et
la belle sœur de
Chantal. C'est avec plaisir que nous leur avons fait découvrir,
un peu de navigation, un zeste de culture Polynésienne, les deux
premiers mètres sous la surface du Pacifique et le relief de
Moorea. Ce fut pour eux une première, des impressions inoubliables, nager avec les raies et les requins ou admirer la
végétation locale. Puis l'hiver est là, nous avons eu notre
premier coup de mara'amu avec la forte houle du sud qui
l'accompagne. C'est pour nous l'occasion d'aller quelques jours
au port de Papeete, au centre ville, profiter de la proximité
des commerces et du marché, de subir le bruit et la poussière
qui vont de paire avec les avantages. Papeete est une petite
ville se résumant à deux rues commerçantes donnant sur le
marché, lieu incontournable de la vie locale. A chaque coin de
rue des groupes de personnes d'un certain âge jouent du ukulele
et chantent à tue tête leurs chants locaux qui sont écoutés avec
intérêts et respect par les tahitiens. Puis, retour au mouillage
de la marina Taina pour les dernières préparations avant le
prochain départ. Dans un long voyage il y a des points de passage quasi
obligés, Tahiti et sa marina Taina en est un. Les raisons sont
souvent, comme ici, multiples, formalités, changement d'équipage,
facilités d'approvisionnement, compétences diverses pour les
réparations ou encore hôpital moderne et performant. Tous les
bateaux ne cherchent pas la même chose, à l'exemple de ces cas
totalement à l'opposé. Un méga yacht voilier, d'un déplacement
de 450 tonnes, un mât de 60 mètres de haut (c'est le maximum
pour le pont des Amériques à Panama) avec un équipage permanent
d'une dizaines de personnes dont un ingénieur, oui, car eux ont aussi
des pannes! Ce genre de voilier traverse les océans à une
vitesse moyenne de 12 nœuds avec tout le confort d'une maison de
luxe. Pour le passage des passes et pour l'entretien il ont un
ascenseur de mât électrique qui peut monter deux personnes à 30
mètres. Ces bateaux se mettent à la marina car c'est moins cher
que le fonctionnement au mouillage, pas de générateur et de dessal qui tournent,
pas d'annexe qui fait des navettes et pas de veille la nuit, oui
même au mouillage. A l'opposé, il y a les disciples de Moitessier, arrivés sur des bateaux fait maison en
grosses tôles d'acier, qui ne ressemblent à rien. Car un croisement
entre un coffre fort et un char d'assaut qui en plus "pisse la
rouille" à cause d'une mauvaise réalisation donne un résultat
spécialement vilain avec en prime des capacités nautiques
douteuses. Ces gens, souvent des Français, cherchent l'école
pour les enfants, ou l'hôpital pour un accouchement payé par la
sécurité sociale et bien sur un mouillage gratuit. Puis, entre
ces deux extrêmes il y a une majorité de bateau à taille
humaine, fabriqués par des chantiers compétents et menés par des
retraités heureux et nombreux, c'est la génération
"Baby boom", avec des revenus qui permettent ce genre de
voyage. Mais en fin de compte, l'important
c'est le voyage, c'est faire la connaissance des populations
locales et des autres navigateurs. Entreprendre, découvrir
poser des questions pour ne pas devenir soi-même un élément du
paysage, ou pire une tache dans le paysage local.
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16.05.11 |
Tahiti, marina de
Taina c'est l'escale pour profiter de la vie d'une ville,
Papeete la capitale. Nous divertir avec une sortie au théâtre et
un spectacle de danse Tahitienne par le ballet de Tahiti, une
troupe semi-professionnelle. L'autre raison de cette escale est
bien sur attendre des pièces! Pour les dépannages et les
réparations qui nous restent. Car nous sommes de nouveau victime
d'une panne d'alternateurs, mais cette fois-ci après une année
et demi de recherche la cause et enfin trouvée, des fiches avec
des fils cassés à l'intérieur qui provoquent un fonctionnement
aléatoire. Alors nous attendons de nouveau des pièces! Attendre,
d'accord, nous n'avons que le choix du lieu, Moorea nous paraît
une bonne destination. Cette île se trouve à 10 milles de Tahiti
et offre de magnifique mouillages, de l'eau propre et des
paysages splendides, un de ses pics figure même sur la pièce de
100 francs Pacifique. Avec nos amis Michel et Véronique à bord
d'Ivresse, que nous avons connu à Cuba, et retrouvé avec grand
plaisir, nous sommes mouillés dans la Baie d'Opunohu. C'est
l'occasion de sortir à la soirée de l'élection de miss Moorea
2011 ou les six plus belles filles de l'île concouraient et
défilaient dans différentes tenues, en robe végétale, en tenue
de ville et en maillot de bain. La robe végétale devait non
seulement sublimer la beauté des miss mais devait également
promouvoir la spécialité locale, l'ananas et être confectionnée
entièrement avec cette dernière, de là le mot tenue végétale.
Pour préparer une telle tenue, 2 couturiers y travailleront
pendant toute une journée avec la jeune fille à côté. Ce fut une
super soirée avec une ambiance bon enfant, joviale, simple et
chaleureuse, à l'image des iliens et de leur joie de vivre. Une
journée en voiture de location pour un tour de l'île et une
virée dans les plantations d'ananas. Une excursion en annexe
dans le lagon nord avec un peu de masque tuba au milieu des
raies et des requins. C'est assez impressionnant de pouvoir
toucher ces raies qui viennent presque se frotter contre nous.
Puis le dimanche à midi un four Tahitien avec toutes les
spécialités de la région, uru (fruit de l'arbre à pain), patate
douce, poisson au curry, poisson cru au coco, poulet fafa,
cochon de lait et pour le dessert le poe poe (bananes et farine
de manioc), sans oublier le cake à la banane et noix de coco, en
un mot, un régal. Pour le sport, une randonnée à travers la
forêt tropicale colorée avec sa grande variété de plantes pour
beaucoup connues comme plantes d'appartements par les citadins
européens. Nous ne vous donnons pas leurs noms car la botanique
et le latin ne sont pas notre spécialité. |
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25.04.11 |
Les fêtes de fin
d'année à la montagne en France, dans la neige en famille. Un
saut aux Pays-Bas, une escapade à Rome, une petite virée en
Espagne, une visite à Porto, un anniversaire en Suisse
alémanique et un week-end en haute Bavière. Nous avons profité
au max de nos 4 mois sans Micromégas et avons eu le temps de
revoir chacun avec plaisir et bonheur. Une petite pause à Genève
le temps de donner une conférence, qui a eu beaucoup de succès
et puis départ pour un long vol à destination de Los Angeles.
Une rapide visite de la cité des anges et c'est reparti pour un
autre long vol à destination de Papeete. Arrivés au chantier
nous retrouvons notre Micromégas, mais ce n'est pas encore le
temps de lever le pied. Le réarmement du bateau nous occupe
pendant dix jours à mi-temps (12 heures de travail et 12 heures
de sommeil)! Puis arrivent Alexandre et Caroline pour dix jours
de croisière avec nous, enfin un peu de repos du côté de Tahaa
et de Bora Bora et d'excellents moments partagés les 4. C'est
aussi le temps de terminer la mise en marche de tous les
équipements, avec quelques surprises, le générateur ne produit
plus d'électricité, le dessalinisateur refuse de faire de l'eau,
la pompe de cale tribord est morte et ne pompe plus rien. Une
fois de plus, nous constatons que nous avons un vrai bateau. A
Bora Bora nous avons croisé le bateau solaire Suisse qui fait un
tour du monde et avons eu la chance de faire une petite visite
éclaire à son bord. A peine nos visites parties, qu'une bonne
fenêtre météo se présente pour partir sur Moorea où nous jetons
notre ancre après avoir été secoué dans tous les sens à cause de
la houle et des vagues pendant presque 24h. Nous allons
maintenant profiter de cette île que nous ne connaissons par
encore, nous y avons retrouvé avec joie nos amis Pascal et
Agnès. Que souhaitons nous maintenant? Lever le pied, prendre
notre temps, reprendre le rythme de vie des îles et arrêter de
courir après le temps et oublier un peu la cadence Européenne. |
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02.12.10 |
Novembre, la température devient estivale, le sens de la houle
s’est inversé, elle vient du nord, l’alizé s’est essoufflé et
les grains avec de la pluie sont de plus en plus fréquents. Mais
c’est aussi le temps de la célèbre "course de va’a", le Hawaiki
nui, l’ancien nom de Raiatea était Hawaiki, l’île sacrée. Course
qui part de Huahine, passe par Raiatea, Tahaa et fini à Bora
Bora, c’est le « bol d’or » des îles de la Société. Le va’a
c’est une pirogue à balancier, pour cette course c’est la
catégorie V6 avec six pagayeurs qui court, mais chaque année il
y a un championnat du Pacifique, qui se déroule au mois de
juillet où toutes les catégories sont représentées, c’est le
sport national de la Polynésie et du Pacifique en général. Pour
nous, ce mois de novembre c’est la fin de la saison, le bateau
est mis au sec au chantier des îles à Raiatea, c’est aussi le
temps de jeter un petit coup d’œil sur le chemin parcouru. Le 3
novembre 2009 nous quittions Norfolk en Virginie, début janvier
nous partions des USA, février et mars fut le temps de notre
croisière Cubaine, avril les San Blas, mai le passage du canal
de Panama et la visite des Galápagos, juin marque notre arrivée
aux Marquises, août et septembre les Tuamotu et enfin les îles
de la Société. Cela représente, au-delà des 6'158 milles
parcourus uniquement dans le Pacifique, une masse de souvenirs,
d’images, d’émotions, de rencontres et de découvertes
exceptionnelles que nous avons essayé de vous faire partager.
Nous prenons la mesure du trajet parcouru, 12 heures de décalage
pour téléphoner en Europe, 27 heures d’avion pour rejoindre
notre escale Suisse, les saisons inversées car nous sommes dans
l’hémisphère austral. Si nous ne sommes pas au bout du monde,
pas tout à fait, cela y ressemble beaucoup. Alors pause estivale
pour nous ou pause hivernale pour vous, peu importe, nous vous
avertirons dès la reprise de notre voyage, alors ne passer pas
notre mail aux spam, à bientôt.
PS : nous faisons, dans le cadre d’une soirée CCS, une
conférence sur la Polynésie Française, elle aura lieu le 22 mars
2011 et tout le monde est le bienvenu, les non membres aussi,
nous comptons sur vous tous.
JOYEUX NOEL ET EXCELLENTE ANNEE 2011 |
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03.11.10 |
Bora Bora, la perle des mers du sud, le
paradis, l’équilibre parfait entre montagne, lagon et motu, la
destination de rêve, sont les quelques superlatifs fréquemment
utilisés pour sa description. Au-delà de cela, il y a une
histoire, une évolution et une réalité actuelle. Le premier
européen à débarquer fut le capitaine Cook en 1769. Puis une
base de ravitaillement américaine fut installée de 1942 à 1946,
avec 4'660 hommes et 20'000 tonnes de matériel dont les 8 canons
encore visibles. C'est à cette époque que fut construit
l’aéroport, le premier de Polynésie et la route qui fait le tour
de l’île. Les années d’après guerre marquèrent le début du
tourisme et l’arrivée de nombreuses équipes de cinéma, qui
rendirent Bora Bora célèbre. Puis suivent les années d’expansion
touristique, avec la construction rapide d’hôtels fort
luxueux dans tout le
lagon, ils sont une vingtaine dont certains fermés à l’état de
ruine, ici aussi la crise financière a frappé. Ce qui est
certain,
c’est qu’il y a trop d’infrastructure touristique pour la
sauvegarde du lagon et du paysage. Une usine de dessalement de
l’eau, une autre pour l’électricité, ajouté à cela le problème
des ordures, de la circulation dans le lagon avec les navettes
des hôtels, de l’aéroport, des bateaux d’excursion, de plongée,
de location et les inévitables plaies modernes que sont les jets
ski. Toutes ces nuisances ont déjà fortement pollué le lagon,
pollution visible avec les plastiques et divers autres déchets,
mais surtout la pollution chimique qui est moins visible, mais
qui a déjà eu raison de la faune sous marine, le corail est mort,
les requins ont disparu ainsi que les gros poissons, on appelle
cela le progrès. Entre 1970 et aujourd’hui la population a passé
de 2'500 à 8'900 habitants, qui sont bien obligés de construire
des maisons pour se loger et d’acheter des gros 4 X 4 pour
montrer leur réussite. Les nombreuses célébrités, comme Alain
Gerbault ou Paul Emile Victor, pour ne citer qu’eux, qui ont été
séduit par la beauté unique des paysages seraient à coup sur
peiné de voir l’île dans l’état actuel, paradoxalement la guerre
a fait moins de dégât que le tourisme. Mais ne soyons pas trop
négatif, nous n’avons pas connu le passé, Bora Bora nous en met
plein les yeux, c’est splendide, grandiose et unique. |
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25.10.10 |
Tahiti, un nom mythique, qui désigne le
rêve des mers du sud, les belles vahinés qui dansent sur des
plages de sable blanc bordé de cocotiers. Sortons de ces clichés,
en réalité Tahiti n’est qu’une île de l’Archipel de la
Société,
la plus grande, celle où se trouve la capitale, Papeete. Ville
de 26'000 habitants avec des voitures qui forment des
embouteillages quotidiens. C’est aussi le siège du gouvernement
avec ses 6'000 fonctionnaires, c'est le port de commerce où
toutes les marchandises pour la Polynésie Française arrivent,
Faaa est l’aéroport intercontinental du Pacifique sud, en un mot
c’est la moins belle île et la plus peuplée. La population est
très mélangée, Européens, Chinois et Polynésiens, leur mode de
vie est urbain et la pauvreté est bien présente dans les rues de
la capitale. Nous nous rendons compte des difficultés politiques
que la Polynésie traverse, avec des dirigeants combinards qui
vivent uniquement des subsides payés par la France. Il n’y a pas
de parti avec un programme et des idées d’avenir, mais
seulement des personnes qui gèrent au coup par coup. En ce qui
nous concerne l’escale est agréable, en dehors de la ville, bien
protégés, amarrés sur une bouée de la Marina Taina . Cela nous
laisse le temps pour la chasse aux pièces et la visite de l’île,
grâce à la gentillesse de notre amie Brigitte qui habite à
Papeete. Elle est notre guide et nous
conduit tout autour de l'île. Grâce à sa disponibilité sans
limite, nous pouvons en voir un maximum. Nous recevons la
visite de Félix, frère du skipper pour une petite croisière de
15 jours dans les îles sous le vent. Nous faisons une
escale sur Moorea, plus précisément sur la côte nord, à la baie
de Cook. Cette île avant de devenir un dortoir pour de nombreux
Tahitiens, ou encore un lieu touristique, est aussi une île
agricole. Des plantations de fruits et d’ananas alimentent le
marché de Papeete et surtout l’usine de jus de fruits « Rotui ».
L’archipel de la société n’est pas le paradis de la voile, car
orienté du sud-est au nord-ouest on se retrouve soit plein
vent arrière ou face au vent à louvoyer. Mais les mouillages
sont tellement beaux et la population agréable que l’on oublie
cet inconvénient majeur. |
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30.09.10 |
A notre arrivée dans l’Archipel de la Société nous sommes
accueillis par un coup de maramu, c’est un vent du sud avec de
la pluie et du mauvais temps. Mais l’autre accueil, celui des
membres du CCS nous apporte du soleil dans cette grisaille,
revoir des amis et des copains venus jusqu'à Raiatea pour
naviguer. Alors pendant cette semaine de pluie et avec la bonne
connexion internet de la marina nous profitons de mettre à jour
nos affaires et de réserver notre vol retour, pour l’escale
annuelle en Suisse. Puis nous nous prenons une semaine de
vacances, que font des navigateurs pendant les vacances ? Eh
bien ils partent avec le CCS sur un Orana 44 de location ! C’est
sur ce catamaran que Daniel est skipper, accompagné de son
épouse Eliane et d’un charmant couple de Genève Jean et
Christiane. Nous avons passé une super semaine en leur compagnie
à la découverte des îles de Raiatea et Tahaa. Nous réjouissons
d’ors et déjà de les retrouver cet hiver en Suisse. Puis, avec
notre fidèle Micromégas, qui nous a sagement attendus solidement
attaché à une bouée d'une marina, nous louvoyons en direction de
Huahine, 20 milles au vent, nous vérifions une fois de plus le
bien fondé de cet adage « au louvoyage c’est, deux fois la
distance, trois fois le temps et quatre fois la peine ». Huahine
vaut vraiment cet effort, c’est une île agricole, peu peuplée
qui n’est pas trop touristique, avec un magnifique lagon et des
mouillages superbes. Endroit idéal pour attendre des conditions
de vent favorables pour mettre le cap sur Tahiti.
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14.09.10 |
Avec celui de Mururoa mais pour d’autres raisons, l’atoll de
Rangiroa est le plus connu de l’archipel des Tuamotu. C’est le
plus grand, le plus peuplé et il est proche de Tahiti, moins
d’une heure en avion. Il a été découvert en 1616 soit 50 ans
avant Tahiti. Le lagon de Rangiroa a une longueur de 45 milles
pour une largeur de 18 milles, plus grand que le lac Léman c’est
une véritable petite mer intérieure où les vagues peuvent
atteindre 1,5 mètre. Malheureusement les bons mouillages sont
rares ou inexistants par vent du sud. Nous nous sommes mouillés
entre les villages d’Avatoru et de Tiputa le seul endroit
tranquille et près de la passe la plongée est superbe, les
dauphins font des sauts spectaculaires dans le mascaret de la
passe. Puis notre route continue en direction de l’archipel de
la Société où se situe l’île de Tahiti, une traversée de 250
milles environ. Nous réalisons que vous devez avoir de la peine
à suivre notre périple, à imaginer les distances qu’il y a,
alors permettez nous de récapituler. La Polynésie Française ce
sont : cinq archipels, les Marquises, les Tuamotu, la Société,
les Gambier et les Australes. La surface des terres émergées
représente la moitié de la surface de la Corse sur une surface
océanique grande comme l’Europe. Si Tahiti était à la place de
Paris, les Marquises seraient vers Stockholm, les Gambier au
bord de la mer noire, les australes en Espagne et les Tuamotu
entre Copenhague et Prague. Voilà qui devrait vous donner une
idée plus précise de l’échelle de ces îles. |
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09.09.10 |
Toau et Apataki sont sur notre route avec
dans chacune leur lot de découvertes et d’aventures. A Toau plus
précisément à l’anse Amyot, les cinq habitants sont contents de
voir arriver des bateaux de plaisance, il y en a environ 120 par
année. C’est la possibilité pour Gaston et Valentine d’organiser
des repas et de gagner leur vie avec une autre activité que le
coprah. Il y a aussi le vieux Philippe qui nous à organisé une
chasse au kaveu, appelé communément crabe de cocotier. C’est un
gros bernard-l’hermite sans coquille qui vit dans les fourrés ou
parfois sur les branches basses des arbres. Il est appâté avec une demi-noix de coco suspendue à une branche à 50
centimètres du sol. Le soir venu Philippe prend sa lampe
« Coleman » et va faire le tour des appâts pausés l’après-midi
suivi comme son ombre par Pascal et moi. La technique est
simple, il faut être très rapide pour l’attraper à la main et
surtout d’éviter sa puissante pince capable d’ouvrir une noix de
coco ou de vous couper un doigt. Après avoir parcouru plusieurs
kilomètres dans la brousse la soirée s’est terminée par la
capture d’un seul crabe d’un bleu magnifique, hé oui ici aussi
c'est la sur-exploitation d’une richesse naturelle. A l’arrivée
dans le lagon d’Apataki nous allons directement vers la ferme
perlière d’Assam qui travaille avec son fils Alfred et son petit
fils Toni. Des gens qui nous accueillent d’une manière
fantastique, c’est avec eux que le skipper à fête son
anniversaire, Chantal à préparé et organisé tout cela d’une
main de maître. Pascal et Agnès de « Post Scriptum » et
Jean-Marc et Odile de « Lifou » étaient de la fête, une fondue
bien évidement. C’était une découverte pour les Polynésiens qui
n’ont pour la plupart jamais goûté ce met. Un autre soir,
Alfred nous tend une carabine à air comprimé et nous dit :
"ce
soir on mange du crabe, il m’en faut une trentaine débrouillez-vous". Alors toujours avec
mon fidèle ami Pascal on se met en piste, les
débuts furent laborieux car il faut d’abord les trouver, puis
tirer juste avec une arme qu’on ne connaît pas. A la tombée de
la nuit nous avions rempli notre contrat, nos trente crabes
étaient dans le sac, à la surprise d’Alfred qui en doutait un
peu. C’est lui qui nous les a préparés à l’aigre doux, un
délice. Pendant la soirée il nous a expliqué les traditions et
l’histoire récente de la vie Polynésienne, mais aussi les défis
que la génération de son fils Toni va devoir relever. En effet,
il développe un chantier naval « carénage service », le premier
sur les Tuamotu, pour que son fils Toni puisse travailler sur Apataki, il prend son travail à cœur et le fait avec sérieux,
allez voir sur le site
www.apatakicarenage.com je
ne peux que le recommander. Un autre jour, il nous embarque pour
la chasse sous-marine, chacun prend son matériel, masque,
palmes, ceinture de plomb et fusil sous-marin. Arriver sur le
site nous plongeons, nous les européens constatons rapidement
que face aux polynésiens nous ne sommes pas dans notre élément.
En effet, quand nous sommes à 15 mètres de profondeur nous constatons que Toni descend facilement à 30 mètres et ramène du
premier coup un beau mérou de 80 centimètres, alors que nous
nous devons nous contenter de petits poissons de 20 centimètres.
Griller sur le feu ils seront excellents nos petits poissons et
nous sommes fiers de les avoir pris nous-mêmes. Les carcasses
restantes seront données au requin dormeur apprivoisé par la
maman. Ce requin vient tous les jours voir s’il y a quelques
choses pour lui et il se laisse caresser comme un chien. Un
autre projet est mis en place pour l’anniversaire de Pascal,
cuire un cochon dans le four polynésien. Un matin nous partons
pour une navigation de 15 milles dans le lagon, débarquer sur un
motu de la côte nord pour acheter l’animal. De retour boucherie
est faite et les morceaux découpés mis dans le frigo. Le
lendemain matin, c’est la préparation du four, creuser un trou
de 80 centimètres de profondeur, couper du bois pour le remplir,
allumer le feu et couvrir avec des pierres. Après 3 à 4 heures
d’attente les pierres sont chauffées à blanc, c’est à ce moment
que l’on place les aliments sur les pierres, le cochon bien sur
et les pains de cocos que la grand-mère a préparé avec Chantal,
le tout est recouvert de feuilles, de sac de jute mouillé et de
sable. Reste plus qu’à attendre 4 heures, passer à table et
déguster, un régal. La soirée s’est prolongée au son d’un
ukulélé (petites guitare polynésienne) qui mettait un tempo
local sur des vielles chansons Française ou Américaines. |
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20.08.10 |
Changement d’archipel, trois jours de mer et nous sommes dans un
autre monde, fini les hommes tatoués, les montagnes abruptes,
les vallées isolées et les mouillages rouleurs des Marquises.
L’archipel des Tuamotu c’est un monde d’atolls au ras de la mer,
avec des lagons aux nuances de bleu, des motus couverts de
cocotiers. Le plus souvent il y a une ou deux passes pour entrer
dans le lagon et accéder à ce plan d’eau bien abrité de la mer.
La faune sous-marine dans les passes est extraordinaire, jamais
nous avons vu des coraux aussi beaux, multicolores et plein de
vie. La méthode pour voir tout cela est simple, se laisser
porter par le courant entrant, l’eau y est claire, aller de
préférence juste avant l’étale pour qu’il ne soit pas trop fort.
Puis se laisser émerveiller, des pagres et des caranges par
bancs entiers, tous les petits poissons de corail, les mérous et
les napoléons de taille respectable, des raies léopards et bien
sur les requins pointes noires, c’est simplement féerique. Ce
qui ne change pas ici c’est l’hospitalité et la gentillesse des
habitants, toujours contents de nous offrir une noix de coco et
de parler avec nous. L’exploitation des cocoteraies est l’un des
revenu de ces îles, en effet, le gouvernement achète le coprah
140 francs pacifique le kg alors que le cours mondial est à 40
(100 francs pacifique = 1,20 francs suisse). C’est une forme
d’aide, comme pour nos paysans de montagne, cela permet aux gens
de rester chez eux et évite l’exode rural. La Polynésie
Française est un TOM (Territoire d’Outre Mer), donc elle a une
autonomie politique au sein de la république, la France assure:
la diplomatie, la défense, la police et la justice, l’éducation
et la santé. Il n’y a pas d’impôts sur le revenu seulement des
taxes à la consommation. L’autre activité aux Tuamotu est la
culture de la fameuse perle noire, dans chaque lagon des fermes
se sont installées. Aujourd’hui seuls les producteurs qui font
de la qualité ont survécu à la crise. Car on ne devient pas
automatiquement milliardaire (en francs pacifique) en faisant
n’importe quoi comme qualité, beaucoup l’on trop longtemps cru.
Les deux producteurs qui ont résisté à la crise à Rotoava sur
l’atoll de Fakarava sont l’Allemand Gunther et le Suisse Lucien.
La ferme perlière de Lucien compte une dizaine d’employés dont
deux chinoises qui greffent, ils s’occupent de 400'000 nacre,
chacune est achetée au prix d’un euro. La première greffe est la
plus délicate, il faut faire une incision dans la poche puis
introduire un greffon et un nucleus. La nacre est placée dans le
lagon, attachée à des filets à une profondeur d’une dizaine de
mètres. Périodiquement elles sont sorties de l’eau et lavées,
puis 18 mois plus tard c’est la récolte. La perle est sortie
délicatement, sans tuer la nacre, et un autre nucleus est
introduit et retour de la nacre dans le lagon pour un nouveau
séjour de 18 mois. Si la perle n’est pas belle, la nacre est
ouverte, son muscle part pour la restauration et la coquille est
expédiée en chine pour la fabrication de boutons de chemises.
Les perles sont nettoyées et classées par tailles, formes,
lustre et couleur, le prix s’échelonne de 7 à 800 euros la
pièce, puis c’est au bijoutier de mettre cette merveille de la
nature en valeur. Dans la ferme de Lucien, sur 100 greffes, 80
donnent une perle dont 60 sont parfaitement rondes. Nous avons
reçu une bonne nouvelle, notre droit de séjour est prolongé. En
effet les Européens ont le droit de rester aussi longtemps
qu’ils le désirent, mais les Suisses, « Der Sonder Fall » c’est
trois mois maximum. Nous avons déposé une demande dument motivée
avec toutes les pièces demandées et cela a été accepté. Quitter
ces îles paradisiaques si rapidement nous aurait frustrés.
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16.08.10 |
Voici le texte
écris par Michèle et Mammad, il reflète l'enthousiasme et de
l'émerveillement qu'ils ont ressenti lors des deux
semaines passées avec nous aux Marquises:
Retrouver Chantal et
Frédy à l’autre bout du monde, en Polynésie française, fut un
immense bonheur. Nous aimerions dire, à tous leurs amis, que nos
deux marins sont en pleine forme. Rentiers bronzés, heureux et
détendus, Frédy et Chantal sont dans une étape paradisiaque
(voire aphrodisiaque !) de leur tour du monde. Car, les
Marquises, avec leur végétation luxuriante, leurs odeurs, leurs
montagnes avec des pics à nous faire tourner la tête, sont des
îles qui invitent à la bonne humeur. De plus, Chantal, bon pied,
bon œil, est devenue un marin aguerri que l’on ne doit plus
appeler « le mousse », mais bien « le Second » voire « le
Capitaine » (même si Frédy résiste pour ne pas être détrôné !).
A la barre dans les manœuvres, Chantal maîtrise Micromégas d’une
main de Maître.
Bref, cela fut un
plaisir de vivre à bord de Micromégas, pendant deux bonnes
semaines. Un plaisir mariné dans la navigation, les excursions
dans des vallées qui recèlent des sites archéologiques
passionnants et les plongées dans des fonds marins fabuleux. Il
suffit de prendre un masque et un tuba (à la portée de tous,
enfin presque sauf pour Mammad !!!) pour découvrir des récifs
coralliens avec des poissons de formes et couleurs infinies. On
peut aussi (Frédy l’a expérimenté) nager au milieu des raies
Manta, de tortues et de requins (inoffensifs, sauf erreur !).
Mais, comme tout
plaisir, il peut être fragile. Rien ne laissait présager, le
jour de notre arrivée, que notre croisière serait aussi
enchanteresse. Car les pépins, ce jour-là, furent nombreux et
éprouvants pour les nerfs de Frédy qui jurait comme un
charretier. Il faut dire que le pauvre Micromégas n’avait déjà
plus qu’un moteur lorsque ses deux alternateurs sont tombés en
panne. Topo, on imaginait déjà Micromégas en rade, bloqué, sans
instrument ni “désalinisateur” ! Heureusement que les amis de
Genève avaient dans leurs valises une hélice de rechange, et que
la solidarité entre marins joue encore dans le Pacifique.
Résultat, grâce à l’aide d’un Pascal, tout fut réparé le
lendemain. Car, les Marquises, c’est aussi pour beaucoup de
navigateurs, le lieu des retrouvailles. Frédy et Chantal
retrouvèrent ainsi Pascal et Agnès avec leur catamaran
artistiquement décoré, et qui font leur deuxième tour du monde.
Puis, ils retrouvèrent Muriel, Hervé et leurs charmants
enfants : Robin (12 ans) et Julie (10 ans) qui entament leur
troisième et dernière année en mer avant de retourner à… Genève.
Une famille genevoise bigrement sympathique, qui vit une
aventure superbe, et que vous pouvez suivre, si le cœur vous en
dit, sur leur site :
www.favrenmer.ch Comble d’ironie, figurez-vous que la
marraine de Robin et meilleure amie de Muriel est la voisine de
pallier de Mammad ! Deux voisins qui ne se connaissent guère, et
qui pourront faire connaissance grâce à des navigateurs qui se
trouvent à l’autre bout du monde. Amusant, non ?
Ces retrouvailles
entre marins nous ont offert des moments joyeux et même une
fondue sur Micromégas que Chantal a organisée avec son sens du
détail et de l’hospitalité : petites bougies helvétiques,
drapeaux suisse cure-dents, serviettes de table rouges… Ce
n’était pas le 1er août, mais l’ambiance était
festive.
Durant ces deux
semaines, les journées ont été bien variées : navigations,
spectacles de danse (juillet est le mois des compétitions),
rencontres avec les habitants, plongées et excursions dans des
vallées à la recherche de cascades, pas toujours atteintes ! En
effet, nous ne sommes jamais parvenus à la cascade de Vaipo,
vantée dans un guide comme étant « la troisième plus haute
cascade du monde qui se jette dans un site grandiose et
exceptionnel ». Les soudaines pluies avec les risques
d’éboulement de pierres nous ont forcés à renoncer tout proche
du but. Mais, tant pis, car le pique-nique, assis les quatre
sous un rocher, restera mémorable ainsi que le retour sur un
sentier devenu si boueux, que nos chaussures s’embourbaient et
furent lavées à grandes eaux lors de la traversée à gué de la
rivière.
Les îles Marquises
ont vraiment quelque chose d’unique. Non seulement les
Marquisiens ont de merveilleuses légendes pour expliquer le
monde et la naissance de leurs îles, mais leurs danses sont la
quintessence de ce peuple qui a gardé avec la nature des liens
très forts. Expressives et d’une gestuelle toute symbolique, ces
danses, qui sont de véritables hymnes à la nature, racontent des
histoires. Tout est question de récit ! Les Marquisiens sont de
formidables conteurs. Ils aiment parler, car ce sont des gens
qui prennent le temps, le temps de vivre. Pas de stress, pas
d’embouteillage ! Les voitures dans ces îles sont presque
inexistantes, même s’il y a quelques 4 X 4 sur les rares routes
souvent de terre et impraticables par temps pluvieux. Les
habitants se déplacent encore souvent à cheval, sans selle et
pieds nus. Chacun se salue. Et, comme il n’y a presque pas de
touristes, les gens sont accueillants. Le charme de ces îles est
certainement lié à leur caractère original. Iles sauvages, loin
de tout, elles sont demeurées à l’écart de tout contact pendant
des siècles. Les premières tentatives d’approches furent
infructueuses. Enfin peut-être pas pour les autochtones qui se
régalaient d’aventuriers et des premiers missionnaires qui
débarquaient là, en les dévorant crus ou mijotés. Les parties
nobles (non, ce ne sont pas les bijoux de famille !) étaient les
yeux et la cervelle, mets raffinés et réservés aux chefs
guerriers. Cannibales redoutés jusqu’au XIXe siècle, les
Polynésiens ont abandonné aujourd’hui tout sacrifice humain et
sont devenus les êtres les plus hospitaliers du monde et d’une
gentillesse hors du commun.
Ainsi, aller chercher
des bananes chez l’habitant, peut prendre par exemple plus d’une
heure. Cinq minutes pour couper le régime de bananes, le reste
du temps sera consacré aux échanges et discussions, sur des
terrasses ombragées tressées avec des feuilles de bananiers ou
autres avec des vues uniques. Et, pour communiquer, comme les
Marquisiens ont suivi les programmes scolaires français, ils
parlent tous français. Pour nous, c’est une aubaine, car la
langue marquisienne a des consonances impossibles à retenir.
Les : Taiohae – Nuku Hiva – Hakaoui – Hatuatua – Hatiheu –
Aakapa – Anaho – Uo Pou – Tai’ara’a – Ahima’a sont des sons
mélodieux qui nous donnent envie de chanter « Tout va très bien
mesdames les Marquises, tout va très bien tout va très bien »,
mais distinguer ces mots, c’est une autre affaire !
Bref nous
remercions encore Chantal et Frédy de nous avoir permis de vivre
de si belles aventures. Et Chantal, vous ne le croirez pas, nous
offrait même dans les baies les plus reculées, presque sans
civilisation (enfin faut pas rêver, tout le monde ou presque a
quand même une antenne parabolique pour sa TV et son téléphone
portable), de succulents cafés “Nespresso”.
Oui ! Oui ! Exotisme
et confort ! C’est pas des vacances, ça !
Mammad et Michèle
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25.07.10 |
Une pièce commandée aux USA, envoyée par FedEx met dix jours
pour nous parvenir, c’est le temps des Marquises ! Prendre du
recul, admettre que nous sommes dans un monde dans lequel le
temps n’a pas la même valeur qu'en Europe, apprendre qu'un
bateau de plaisance ne fonctionne jamais entièrement, réparer en
priorité les pannes qui mettent en jeu la sécurité, vivre avec
les autres pannes qui ne doivent pas nous empêcher de jouir de
moments fabuleux avec les Marquisiens ou avec d’autres
voyageurs, ne pas se prendre la tête avec le confort, toute
cette sophistication que nous embarquons pose plus de problème
ici dans ces îles du bout du monde, s’asseoir, écouter un vieux
Marquisien qui raconte une légende ou une anecdote de sa vie
d’îlien, connaitre son avis sur le monde actuel et ses
espérances pour le futur, c'est cela la vie ici. Il y a un
intérêt nouveau dans ces îles pour l’histoire prés-européenne et
les sites archéologiques d’Ua-Pou et de Nuku-Hiva en témoignent.
Les vestiges des villages avec leur place de fête, les lieux
rituels : mariages, tatouages, sacrifices humains et danses,
ainsi que leurs dieux, les « tiki », sont restaurés et protégés.
Sur certaines tables de sacrifice des gigantesques bagnants ont
poussé et les os des sacrifiés remontent dans les racines
volantes. C’est en 1797 que les premiers missionnaires arrivent
aux Marquises et veulent évangéliser la population, mais
beaucoup d’entres eux finirent comme les autres ennemis, dans le
four Marquisien et furent consommés. C’est le fameux «cochon
long» que les guerriers mangeaient, les morceaux de choix, les
yeux à la coque ou gobés crus étaient réservés aux chefs et aux
prêtres. Il fallut attendre 1842, pour que les Marquises
deviennent Française et que cette situation change, puis ce sont
les maladies importées qui on fait chuté la population de 60'000
habitants en 1842 à 2'094 en 1921. les Marquisiens étaient au
bord de l’extinction. Avec nos amis Michèle et Mammad nous avons
fait des belles randonnées, vers les incroyables pics d’Ua-Pou,
de la baie d’Anaho à Hatiheu ou encore vers la cascade de Hakaui
sur Nuku-Hiva. Admirer les fonds marins de la baie d’Anaho,
nager avec des tortues, des requins et des raies Manta sont des
privilèges rares dans le monde actuel. Nous avons également eu
la joie de voir enfin nos amis Muriel et Hervé ainsi que leurs
enfants à bord du catamaran « Kangaroo », cela faisait deux ans
que l’on se suivait, que l’on se croisait, que l’on n’était
jamais aux mêmes endroits en même temps. Quand des Suisses se
rencontrent au milieu de Pacifique sud, que font-ils ? Vous avez
deviné bien sur, ils mangent une fondue ! Le mois de juillet en
Polynésie Française, c’est le mois des fêtes. Dans chaque
village des baraques sont construites autour d’une piste de
danse où se produisent des groupes issus des différentes vallées
de l’île. Les soirs des week-ends, les groupes s’affrontent dans
un concours avec différents thèmes, danse Tahitienne, danse
Marquisienne, danse du cochon ou encore danse des oiseaux. Les
costumes sont superbes le plus souvent réalisés avec des
matériaux naturels, feuilles de palmier ou écorces diverses et
bien entendu les couronnes de fleurs. Avant de quitter cet
archipel, nous avons mangé une chèvre cuite pendant 7 heures
dans le four Marquisien de Mai et Maria (atteignables à la VHF
71). Le four est un trou dans lequel est fait un feu, puis les
braises sont couvertes avec des pierres de lave. Dès que les
pierres sont chauffées à blanc, les aliments sont disposés
dessus et le four est recouvert de feuilles de bananier et de
sable. Ce charmant couple prépare régulièrement une chèvre ou un
cochon pour une quinzaine de navigateurs de passage, cela aussi
c’est une expérience unique et un point final inoubliable de
notre croisière aux Marquises ces îles dont la nature verte et
fleurie est un vrai enchantement, un jardin d'Eden.
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27.06.10 |
Hiva-Oa, notre première île des Marquises, c’est aussi un lieu
de passage obligé pour les formalités. La gendarmerie nationale
s’en occupe, les uniformes sont Français mais les polynésiens
qui les portent sont très "couleur locale", avec leurs tatouages
et leur gentillesse. L’accueil et l’hospitalité sont des notions
très importantes dans la culture polynésienne. Un des
commandements du code de conduite polynésien qui date du
cinquième siècle dit : « Ne regarde pas avec indifférence le
voyageur qui passe devant ta porte. Tu dois l’inviter à entrer
chez toi (…) » Cet état d’esprit, nous l’avons rencontré
partout, les gens prennent le temps de nous parler, nous offrent
des fruits ou nous invitent pour la chasse ou pour un repas.
Quant on demande à un indigène couché s’il est fatigué il nous
répond : "non tranquille, il ne faut pas attendre d’être fatigué
pour se reposer !" Cela illustre bien cette tranquillité qui est
présente sur ces îles du bout du monde, ces îles hors du temps
avaient déjà séduit Paul Gauguin et Jacques Brel. A Hiva-Oa il
vaut la peine de visiter le musée Gauguin, de nombreuses
reproductions de toiles peintes aux Marquises peuvent y être
admirées ainsi que sa maison. L’espace Brel, avec quelques unes
de ses affiches exposées autour de son avion « Jojo » est
également un musée intéressant. Fatu-Hiva, la plus méridionale
des îles Marquises, avec sa superbe Baie des Vierges, vit encore
plus que les autres hors du temps. Elle n’a pas d’aérodrome et
le cargo de Tahiti passe toutes les trois semaines. Le passage
de ce cargo est un événement important pour tous les habitants
de toutes les îles Marquises. Tout arrive par ce bateau,
matériaux de constructions, pièce de rechanges et nourriture.
Quant il y a un quai le navire accoste et tous les habitants
sont là avec leur pickup Toyota pour réceptionner leur commande,
c’est la fête, la vie s’arrête. Le scénario est le même à Ua-Pou
et à Nuku-Hiva. Ces îles sont pas sur peuplées ni envahies par
le tourisme, il n’y a que les bateaux de plaisances et les
passagers payant du cargo qui visitent ces îles. Les plus
grandes ont une population de 2'000 habitants et les villages
rarement plus de 180 à 200 habitants. Les routes sont
inexistantes, il n’y a que des pistes très escarpées pour aller
dans certains villages, d’autres sont accessibles seulement à
pied, à cheval ou en bateau. Le mode de vie Marquisien est pour
nous une découverte extraordinaire, c’est comme cela que
certaines vallées des Alpes Suisse devaient être dans la
première moitié du XXème siècle. A Nuku-Hiva Didier a pris
l’avion pour Papeete ou il va embarquer pour un vol retour sur
l’Europe. Merci à toi Didier, pour ton aide, c’était un plaisir
de naviguer avec un bon équipier, grand ami de notre famille.
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10.06.10 |
Un char de grenadier qui roule à vive allure sur une piste
défoncée avec des obus qui explosent sur le blindage, c'est le
bruit que l'on subit sur un catamaran, au large avec 30 nœuds de
vent. Les hélices qui tournent, les safrans qui vibrent lors des
départs aux surfs, les vagues qui tapent sous la nacelle à vous
faire tomber les verres sur la table ou casser la vaisselle dans
les placards. Au large dans la brise, un catamaran est aussi
inconfortable qu'un monocoque, c'est un bateau qui navigue, qui
bouge et qui vit sa vie. Mais jusqu'à 20 nœuds de vent, un
catamaran cela vous change la vie, il allie confort, espace et
vitesse, le tout à plat ce qui est appréciable. L'alizé est
régulier, nous faisons de moyennes journalières entre 170 et 200
milles, mais ce qui différencie le Pacifique, c'est la
gigantesque houle du sud d'un hauteur de 3 à 5 mètres, mais avec
une période de 20 secondes. Le quotidien s'est adapté au rythme
de cette "transPac", notre équipier Didier se partage les nuits
avec le skipper et les journées tournent autour des repas, de la
vaisselle, de la pêche, des parties endiablées de scrabble et de
jass et d'un peu de cinéma en fin de journée.
Chantal, que je n'ose plus appeler la mousse, participe à toutes
les activités du bord, y compris le conditionnement du poisson
après la pêche, elle est devenue un marin a part entière. Nous
avons pêcher un thon, une dorade coryphène, mais Didier a réussi
à remonter un tazard de 1,60 mètre qui devait peser près de 30
kilos. Alors nous avons décrété un moratoire pour la pêche, car
notre frigo est plein et que le poisson figure au menu tous les
jours. Nous avons aussi commencé à sécher quelques morceaux,
que nous consommerons plus tard. Une traversée idéale, comme
dans les livres, 3'191 milles en 19 jours, soit une moyenne de
6,9 nœuds pour arriver à Hiva-Oa. L'alizé était bien établi
entre 15 et 20 nœuds, sauf deux jours de brise à 25 et 30 nœuds
et deux autres journées de calme à moins de 10 nœuds. Nous avons
parcouru 202 milles en 24 heures pour notre meilleure journée et
115 pour notre plus lente. Aux niveau des problèmes, nous avons
perdu l'hélice bâbord et avons un problème de refroidissement
sur le générateur. Mais maintenant nous sommes en Polynésie! Le
skipper a enfin atteint son but et vit ses rêves, ouf! dès
maintenant nous pourrons encore mieux prendre le temps de vivre,
n'est-ce pas le leitmotiv de notre voyage, "prends le temps
...". |
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19.05.10 |
Après quelques escales dans l’archipel des Las Perlas nous
quittons le Panama et entamons la traversée pour les Galápagos.
C’est une navigation un peu imprévisible, car nous devons
traverser l’équateur et la zone de convergence qui lui est
associée. Zone qui n’a pas de vent établi, où les grains et les
orages sont parfois violents ou une petite aide des moteurs est
le bienvenu. Nous avons eu de la chance, sur nos sept jours de
traversée seulement un gros grain avec de la pluie et une rafale
de vent à 40 nœuds. Sur un total de 927 milles nous en avons
fait 290 au moteur, ce qui est raisonnable sur ce trajet à cette
époque de l’année. Dès notre arrivée à Puerto Baquerizo Moreno
sur l’île de San Cristobal, nous avons fait les inévitables
formalités qui sont ici les plus chères payées au cours de notre
voyage. Les fonctionnaires ont à peine quitté notre bord, que
nous avons la visite des otaries qui sont vraiment sans gène,
elles montent sur le pont de notre bateau et se laissent
approcher de très près. Nous devons les chasser, car leurs
salissures sont pires que celles des mouettes ! En ville elles
dorment tout le long du front de mer, sur la plage, les bancs
publics, et les places de jeux, il y en a des centaines. Notre
agent Pablo nous a organisé une visite de l’île, les tortues
géantes, les iguanes marins qui sont bruns foncés car ils
mangent des algues noires, les oiseaux et plantes uniques de cet
archipel. Nous sommes allés à la plage qui se situe juste à la
sortie de la baie, munis de nos masques, palmes et combinaisons,
car l’eau n’est plus qu’a 20 degrés. Sur le sable de nombreuses
otaries se prélassent au soleil entre deux bains. Dans l’eau
elles sont d’une agilité incroyable, joueuses et curieuses elles
viennent nager tout près de nous, c’est une expérience vraiment
unique. Il y a également des tortues marines en grand nombres
qui nagent avec nous. Dommage, mais compréhensible que les
bateaux ont interdiction de bouger du port d’entrée, sauf s’ils
ont payé cher le droit de faire escale dans les quatre ports de
l’archipel. Les mouillages sont totalement interdits ceci pour
la protection de l’environnement et de la faune, suite à des
abus et des déprédations qui étaient fait par certains
plaisanciers. L'homo touristicus, est ici comme ailleurs une
charge pour la faune, le comportement irresponsable de certains,
par ignorance je l'avoue, met la faune à rude épreuve. Par
exemple, se couvrir de produits toxiques (la crème solaire) pour
aller se baigner avec les animaux est un exemple, car ces crèmes
sont irritantes pour les yeux des otaries. Nous avons eu la
visite à notre bord de Brittany, Danielle, Kai et Susie, des
étudiants de l’université de Washington DC qui sont aux
Galápagos pour faire un travail sur les énergies renouvelables,
solaire et éolienne. Ils étaient très intéressés d'apprendre que
nous vivons presque exclusivement de ces énergies. Demain nous
partons pour la grande traversée sur les Marquises, 3'000 milles
devant nous, toujours avec notre équipier Didier qui a pris goût
au grand large.
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04.05.10 |
Shelter Bay
Marina, dans la zone du canal de Panama est construite dans
l'ancienne base Américaine de "Fort Sherman". C'est de là que
les bateaux de plaisance attendent pour le passage, attendent
pour les formalités, attendent pour mettre le bateau à terre,
attendent l'arrivée d'un avion ou attendent diverses pièces
commandées aux USA ou ailleurs. Nous accueillons à bord notre
équiper Didier qui va nous accompagner ces prochaines semaines.
Puis arrive le grand jour, le passage tant attendu. Pour
commencer nous nous déplaçons au point "F" et attendons le
pilote, puis dans le courant de l'après-midi, avec
notre pilote cap sur les trois écluses de Gatun. Arrivés face à la première porte
nous prenons deux monocoques à couple et nous entrons dans
l'écluse, on nous
lance les toulines pour nous prendre les amarres et nous
positionner derrière un cargo. la porte se ferme et le
remplissage commence dans un impressionnant bouillonnement.
C'est ainsi que nous montons de neufs mètres dans chaque écluse.
A la sortie de la dernière, cap sur un mouillage pour la nuit,
le pilote nous quitte en nous donnant rendez-vous pour le
lendemain matin à six heures. La soirée
est conviviale autour d'un repas partagé avec nos "line handler"
australiens Bryan et Anne. En effet, pour le passage du canal
chaque bateau doit avoir à son bord le skipper et quatre
personnes pour manœuvrer les aussières de 50 mètres. Alors il
est normal que les plaisanciers s'entre aident et que l'on fasse
une fois le trajet comme équipier, moi même je l'ai fait avec
Guillaume sur "Mirail". Au lever du jour avec notre
nouveau pilote nous passons juste vers le chantier des nouvelles
écluses qui seront inaugurées en 2014 pour le centième
anniversaire du canal. Puis nous partons le long du chenal qui
balise la traversée du lac Gatun et nous entrons dans la
célèbre Galiott Cut, passage creusé à travers la montagne. C'est
ici que le premier projet de canal de Ferdinand De Lesseps à
échoué, avec 20'000 morts sur le chantier et le scandale
financier qui s'en suivit. Après avoir parcouru 28 milles nous
sommes devant l'écluse de Pedro Miguel, suivie un peu plus loin
des deux écluses de Miraflores qui vont nous redescendre de 27
mètres. La différence, c'est que sur les écluses descendantes
nous sommes normalement devant les cargos, mais nous étions
seuls toujours avec nos monocoques à couple. Puis
nous apercevons déjà le pont des Amériques, et là, c'est le
Pacifique! Amarrage sur une bouée au Yacht Club de Balboa,
remettre nos amarres louées à notre agent, se débarrasser de
notre blindage de pneus et l'aventure peut continuer sur le plus
grand océan du monde. Le passage du canal reste un moment très
fort, riche en émotions, nous sommes sur l'une des merveille du
monde moderne. L'organisation y est incroyable, les
investissements pour l'agrandissement encore plus, cela va couter
7 milliards de dollars pour pouvoir passer avec des bateaux
d'une capacité de 12'000 containers. Le trafique journalier
actuel est en moyenne de 50 cargos d'une capacité d'environ 5000
containers, ce qui représente 5% du commerce maritime mondial.
Un cargo paye de 60'000 à 200'000 dollars pour un passage, ce qui rapportent 5 millions de dollars par jour
à la compagnie du canal. Tous les travaux, élargissement,
construction, dragage, entretien etc... sont fait 24 heures sur 24, 7 jours
sur 7 et sans interrompre le trafique. Pour conclure il n'y a
qu'un mot "phénoménal". |
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17.04.10 |
Grand Cayman, la principale des trois îles, celle où il y a la
Capitale, George Town , et bien il n’y a rien d’autre à voir,
que ce que l’on a déjà vu et revu. Six paquebots en rade le même
jour ! Les Us Virgin ou St Martin sont battus, le chiffre
d’affaire dans les boutiques de montres Suisse sans doute aussi.
Ces îles sont connues pour leur activité bancaire et pour les
nombreux pavillons de complaisance arborés par des yachts de
luxe et sa plage longue de 7 miles avec tous les hôtels
internationaux. Si la plongée vous intéresse les spots sont
nombreux et les fonds préservés avec une eau limpide, si non ces
îles n’ont strictement aucun intérêt. Alors, après une escale
de quelques jours pendant lesquels nos amis sont repartis, (les
bons moments entre amis passent décidément trop vite) cap au sud
pour une traversée de 600 milles, avec l’alizé bien établi à 15
nœuds cette distance est avalée en quatre jours. Nous voila
arrivé au Panama, dans l’archipel des San Blas, c’est le
territoire des indiens « Kuna » qui ont une autonomie régionale.
L’aéroport de Porvenir où nous faisons les formalités est
construit sur un îlot et sa piste doit être plus petite que
celle des portes avions que nous avons vu à Norfolk ! Deux vols
journalier de la compagnie Aeroperlas, relie les San Blas à
Panama City. L’archipel des San Blas est composé de centaines
d’îlots, les plus petits abritent quelques cocotiers et une
hutte. L’ilot est occupé temporairement par une famille qui en
est en général propriétaire et qui exploite les noix de coco.
Les plus grandes îles comme Soledad par exemple, ont un village
de 1'200 habitants sur une surface de trois hectares, avec de
l’eau courante mais pas d’électricité. Ces villages ont des
huttes , avec des toits en palmes ,dans les quelles vivent une
famille, qui compte souvent 15 à 20 personnes de trois
générations. Chaque village à une école, une église et une salle
communale où les habitants se réunissent 2 à 3 fois par semaine
pour débattre des travaux communautaires et de la politique du
village. Les îles ne sont pas très éloignées de la côte, mais
suffisamment pour les mettre à l’abri des insectes et des
rongeurs. Les hommes vont avec leur pirogue à voile sur la côte,
ils se fournissent en bois pour la construction des huttes,
reviennent avec de la nourriture, fruits, légumes et du poisson
péché en chemin. C’est aussi à la côte que sont construites ou
plus tôt taillées les nouvelles pirogues qui ne sont que de
troncs d’arbre évidé. De plus en plus d’hommes Kuna travaillent
à Colon ou à Panama City ou encore au canal, alors que les
femmes ont gardé leur rôle traditionnel. En effet, la société
Kuna est matriarcale, se sont les femmes qui transmettent le
patrimoine, elles en sont propriétaires, elles élèvent les
enfants qui sont nombreux et s’occupent des tâches domestiques.
Les jeunes femmes fabriquent les fameux « molas » ce sont
jusqu’à 5 tissus multicolores découpés et mis les uns sur les
autres puis cousus ensemble à la main. Les femmes âgées vont
les vendre car leur vue ne leur permet plus de coudre. Cette
région est un vrai paradis pour naviguer, les distances sont
courtes, les mouillages nombreux, l’eau limpide et les Kuna
accueillants. Nos impressions : magique, féerique et intemporel
on se croit dans un autre monde, à une autre époque. |
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